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RD Congo

Ebola : Rétablir la confiance des communautés

Une habitante de Masingira témoigne : « Quand mon bébé a eu la rougeole, je ne savais pas quoi faire. Je pensais qu'à l'hôpital, on le forçerait à entrer dans les tentes et qu'il serait infecté par Ebola ». RDC. Juin 2019. © Caroline Frechard/MSF
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Hélène, Robert ou encore Clément sont respectivement agent de santé communautaire, promoteur de la santé, et hygiéniste. Alors que l’épidémie d’Ebola ne cesse de faire de nouvelles victimes, ils restaurent chaque jour la relation de confiance avec les communautés.

    Il est midi à Lubero, dans l’Est de la République démocratique du Congo. Diallo, agent de santé communautaire pour MSF, dévale la petite pente menant à la case de la famille qu’il vient rencontrer. « Ma tante saigne du nez depuis 3 jours, mais j’ai peur de l’envoyer à l’hôpital », lui lance le père de famille. « Je ne veux pas qu’on l’envoie de force au centre de traitement Ebola ». 

    Les craintes, les rumeurs, sont rencontrées quotidiennement par les agents communautaires comme Diallo, qui informent les membres de leur communauté des soins disponibles gratuitement dans les hôpitaux et les centres de santé soutenus par MSF.

    Notre hôpital a enregistré une baisse de la fréquentation depuis qu’on parle d’Ebola. Surtout, les bâtiments de triage nouvellement installés à l’hôpital font peur, car les communautés ne connaissent pas leur fonctionnement. Certains s’imaginent qu’ils vont y attraper Ebola, ce qui est faux.
    Hélène, agent de santé communautaire MSF

    Chaque jour, Hélène et une vingtaine de relais communautaires se rendent donc à la rencontre des communautés pour regagner leur confiance. Ils le font en expliquant que malgré l’épidémie en cours, qui menace de mettre en difficulté le système de santé, chaque personne aura la possibilité d’être prise en charge pour tout problème de santé.

    « Ne laissez pas mourir vos proches à la maison, alors qu’il y a des soins de santé gratuits dans les centres voisins ! » répètent-ils. « Les mesures d’hygiène, qui impressionnent, servent avant tout à se protéger des maladies infectieuses. En quelques jours, on peut tester un patient pour sa maladie la plus probable, par exemple le choléra, la rougeole ou le paludisme... Si le patient semble avoir Ebola, il est transféré vers un centre spécialisé à Butembo », explique le Dr Kanouté, médecin sur le projet de Lubero.

    Renforcer l’hygiène des centres de santé

    Il est vrai que l’hôpital de Lubero a changé ces derniers temps. Les mesures de prévention et de contrôle des infections qui y ont été prises ont conduit à l’embauche de nombreux hygiénistes, ainsi qu'à l’installation d’une zone « rouge » pour les maladies infectieuses. Le personnel de l’hôpital porte des équipements personnels de protection et des gants, lave ses mains soigneusement, et porte une attention particulière au tri des déchets. 

    Dans cette zone rouge à haut risque, les patients qui présentent des symptômes similaires à Ebola peuvent être installés le temps d'attendre le diagnostic définitif et que les modalités de leur transfert vers une structure adaptée soient déterminées. Le nombre de personnes infectées par Ebola s’élève à 14 dans la zone de santé de Lubero depuis le début de l’année, dont 3 personnes décédées sans avoir eu accès aux soins. En dehors de l’hôpital général de référence de Lubero, MSF soutient des mesures de prévention et de contrôle des infections dans les centres de santé de la zone, qui sont dotés, au fur et à mesure, de points de lavage de mains à l’eau chlorée et de thermomètres pour vérifier la température.

    Ces aménagements nécessaires sont accompagnés par la formation du personnel de santé qui, souvent, n’a jamais été confronté à la maladie Ebola, ainsi que par l’engagement des communautés, sans quoi toute stratégie pour endiguer l’épidémie est vouée à l’échec. Depuis le début de l’épidémie, plus de 2 000 personnes ont été infectées par le virus Ebola et plus de 1 200 sont mortes. Près de la moitié des victimes d’Ebola décèdent avant d’avoir été identifiées comme malades d’Ebola et avoir été admises dans les structures dédiées. Cette épidémie d’Ebola est la seconde plus meurtrière de l’histoire et la plus grande jamais vue en République démocratique du Congo.