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Bangladesh

Le camp de réfugiés rohingyas de Kutupalong-Balukhali s’agrandit encore

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Une nouvelle zone a été récemment créée pour accueillir les Rohingyas qui continuent de fuir l’État de Rakhine au Myanmar et qui viennent d’arriver au Bangladesh, ainsi que des réfugiés rohingyas qui étaient installés dans d’autres zones surpeuplées du camp.

    Comme toutes les zones du méga-camp de Kutupalong-Balukhali dans le district de Cox’s Bazar au Bangladesh, le Camp 17 est marqué par des drapeaux effilochés et colorés qui sont attachés à des abris de fortune faits avec des bâches et du bambou. Mais ce qui le distingue des autres zones de ce camp, le plus densément peuplé au monde, c'est qu’il n’est pas encore habité.

    Plus de 5 000 personnes sont arrivées depuis le début de l’année et, depuis le 25 août dernier, ce sont quelque 693 000 réfugiés qui ont fui les violences massives et les persécutions.

    Le méga-camp continue de s’agrandir sur ce terrain d'une cinquantaine d’hectares et recouvert de collines. Il s’étend non pas de jour en jour, mais d’heure en heure. Les bulldozers sont à l’oeuvre jour et nuit, les ouvriers creusent avec des pelles et des bêches.

    «C’est une tâche immense, qui malheureusement ne suffira pas», note Francesco Segoni, coordinateur d’urgence pour MSF. «Il n’y a tout simplement pas assez de terrain disponible, le camp est surpeuplé».

    «Là où les réfugiés ont déjà été réinstallés, les conditions sanitaires et d’hygiène sont en-deçà des normes minimales. Quand il pleuvra, non seulement il faudra s’attendre à des inondations et à des glissements de terrain, mais aussi à une augmentation exponentielle du risque d’épidémies. Les latrines seront sous l’eau, la contamination des nappes phréatiques sera inévitable. Nous nous préparons au pire.»

    Selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), environ 200 000 personnes sont menacées et 15% du camp pourrait être inondé. Bien que les autorités prévoient d’allouer 275 hectares supplémentaires ultérieurement, mais sans que l’on sache quand, cela reste bien en deçà de ce qui serait nécessaire. Le HCR estime qu’il faut environ 4 hectares pour 10 000 personnes.

    MSF a augmenté sa capacité d’intervention pour faire face aux urgences médicales et aux besoins médicaux courants dans le camp. Un nouvel hôpital de 100 lits, équipé d’une unité d’isolement a été construit en bordure du Camp 17 et a ouvert le mois dernier, venant s’ajouter à quatre hôpitaux, trois centres de soins de santé primaires et dix postes de santé MSF. Avant cela, MSF avait ouvert, en février, un hôpital de 74 lits à Goyalmara et une nouvelle maternité avait été inaugurée dans la structure de Kutupalong, début avril. Enfin, dans le cadre de son plan de réponse aux urgences, MSF accroît la capacité de l‘hôpital de Rubber Garden, qui est actuellement de 30 lits pour les patients atteints de diphtérie, afin d’avoir 100 lits pour les patients souffrant de diarrhée aqueuse aiguë.

    Par ailleurs, il y a toujours un besoin urgent d’alimenter en eau les réfugiés déjà installés et ceux qui viennent d’arriver, en particulier dans les nouvelles zones d’extension.

    «Fournir de l’eau potable est une priorité absolue dans le camp, c’est une activité tout aussi vitale que notre travail médical», explique Francesco Segoni. «Nous faisons une course contre la montre pour atteindre les nouvelles zones et suivre la situation en évolution constante».

    MSF a installé des centaines de puits équipés de pompes manuelles et a creusé 25 forages profonds équipés d’une pompe électrique submersible.

    Par une journée étouffante de la fin avril, Arafat Hosen, 25 ans, superviseur du réseau de distribution d’eau à MSF, a installé dans le Camp 17 une pompe submersible dans un puits de plus de 35 mètres de profondeur. Cet habitant de Cox Bazar est venu du nouvel hôpital MSF avec une équipe de 12 volontaires emportant avec eux un générateur pour l’installation.

    Une averse annonciatrice de la saison des pluies est tombée pendant que l’équipe installait la pompe qui va alimenter en eau les réfugiés habitant le Camp 17 et ceux qui viendront s’y installer. Normalement, chaque puits doit assurer l’alimentation en eau de 4 000 personnes, à raison de cinq litres par personne et par jour.

    «On a réussi à installer la pompe, mais il y a encore beaucoup de choses à faire, comme installer un réseau et il faut aussi des pompes pour d’autres forages», précise Hosen. Outre le forage de puits profonds et l’installation de pompes, MSF distribue des filtres à eau pour équiper le domicile des patients les plus vulnérables, comme les mères d’enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Plus de 600 filtres ont été distribués jusqu’ici et des milliers d’autres doivent l’être.

    «Nous formons la population locale à apprendre aux bénéficiaires comment utiliser et entretenir les filtres et nous faisons un suivi au bout d’une semaine, d’un mois et de trois mois», explique Halal Uddine, le superviseur MSF en charge des filtres à eau, originaire de la communauté locale et vivant près du camp. «Jusqu’ici les gens sont très contents. Ces filtres sont utilisés par les familles et souvent partagés avec les voisins. C’est important, car qu’il n’y a pas assez d’eau propre.»

    Photo principale : une jeune fille marche vers une pompe à eau dans le camp de réfugiés rohingyas de Kutupalong-Balukhali, le 18 avril 2018. © MSF