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Personnes déplacées. RDC. Masisi. Nord-Kivu.

RD Congo

MSF appelle les humanitaires à réinvestir le sud du Nord-Kivu

Un enfant dans le camp de personnes déplacées de Bukumbo, dans le territoire de Masisi, au sud de la province du Nord-Kivu, en RD Congo. Octobre 2019. © Pablo Garrigos/MSF
Communiqués de presse 
Depuis des années, les territoires de Masisi, Walikale et Rutshuru, au sud de la province du Nord-Kivu, sont le théâtre d’affrontements armés et de banditisme. Depuis des mois, l’intensification des combats a encore aggravé la situation humanitaire, réduit l’accès aux champs et centres de santé, menant à des déplacements de population et des niveaux inquiétants de malnutrition, de violence sexuelle et de violence armée.

    « Depuis le début de l’année, nous constatons à Masisi une hausse des cas de malnutrition et nous avons pris en charge deux fois plus de victimes de violences sexuelles que l’an passé », témoigne Ewald Stals, coordinateur de terrain MSF dans la zone de santé de Masisi.

    « Les affrontements en hausse ont aussi eu pour corollaire une augmentation des blessés par balles, et un gonflement des camps déjà surpeuplés et manquant cruellement de sanitaires. Le choléra a fait son apparition et nous avons dû mettre sur pied un centre de traitement de choléra en urgence. »

    « Face à l’urgence, où sont les acteurs humanitaires ? » 

    De janvier à septembre 2019, les équipes de MSF actives dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Walikale ont soigné plus de 11 220 enfants en situation de malnutrition, 2 310 victimes de violences sexuelles et 1 980 personnes blessées par arme. En dépit de cette situation critique, ces territoires souffrent d’un manque criant d’organisations humanitaires.

    « Ces dernières années, plusieurs acteurs d’urgence ont quitté le ‘petit nord’ à cause notamment de l’insécurité, des difficultés de mouvement et du manque de financements », explique Karel Janssens, chef de mission de MSF en RDC.

    « Faute d’acteurs, nous répondons depuis des mois à des besoins médicaux et non médicaux croissants, en particulier dans les camps. Mais nous sommes au maximum de nos capacités. Il est urgent que d’autres organisations viennent répondre à la crise humanitaire sur place. »

    Selon des estimations récentes, près de 687 500 personnes vivent aujourd’hui dans des camps de fortune ou dans des familles d'accueil dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Walikale. MSF plaide depuis des mois pour un retour physique d’organisations humanitaires sur le terrain. Ce plaidoyer a contribué à l’arrivée de quelques acteurs mi-novembre, bénéficiant de financements temporaires du Fonds Humanitaire RDC.

    « Cet appui est temporaire et bien insuffisant pour faire face aux besoins », poursuit Karel Janssens.

    « Vu l’ampleur de la crise, un investissement bien plus massif s’impose dans la moitié sud du Nord-Kivu, avec des organisations humanitaires installées sur le terrain et bénéficiant de financements plus longs. Le Plan de Réponse Humanitaire 2020 pour la RDC en cours de révision doit clairement prendre en compte cette réalité du ‘Petit Nord’ Kivu. »