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Yémen

Terminus Khamer : histoires d’exil

Camp de Dahadh, dans le gouvenorat d'Amran. Yémen. Avril 2019. © Agnes Varraine-Leca/MSF
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Depuis la fin du mois de mars, de violents combats se sont intensifiés dans le gouvernorat de Hajjah, entre les troupes d’Ansar Allah et les forces loyales au Président Hadi, soutenues par la coalition internationale. Ces violences ont entraîné le déplacement de milliers de personnes, notamment à Khamer, dans le gouvernorat voisin d’Amran, où les équipes MSF fournissent des soins médicaux et chirurgicaux. Reportage photo dans le camp de Dahadh.

    Ces milliers de familles déplacées viennent s’ajouter à celles déjà exilées depuis plusieurs années à Khamer à cause des combats. Dans le camp de Dahadh, près de 3 500 personnes vivent dans des conditions précaires, avec un accès limité aux soins et à l’eau.

    Ces dernières années, les équipes MSF ont distribué dans le camp de Dahadh des kits d’urgence à plusieurs reprises et ont mis en place des cliniques mobiles jusqu'à ce qu’elles n’aient plus l’autorisation de se rendre dans le camp. En juillet 2016, elles ont également fourni aux habitants des traitements contre la gale. 

    Les deux tiers de la population de Dahadh sont arrivés en 2015, au début de la guerre. Ils fuyaient les bombardements massifs de la coalition internationale, dirigée par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, sur le gouvernorat de Saada, fief d’Ansar Allah. Près d’un quart des frappes aériennes de la coalition se sont abattues sur Saada depuis le début du conflit, selon l’organisation Yemen Data Project. Déclarée zone hostile par la coalition en 2015, il s’agit du gouvernorat le plus bombardé du pays.

    Par la suite, l’offensive lancée par la coalition sur la ville de Hodeidah, en juin 2018, a entraîné une nouvelle vague de déplacements vers le gouvernorat d’Amran. Fatima et son mari, pêcheur en mer rouge, ont fui les combats dans la ville en juillet 2018 pour se réfugier à Dahadh. Elle se rappelle du trajet, douze heures interminables pour parcourir les 300 kilomètres qui séparent Hodeidah de Khamer, et de la peur qu’elle a ressentie en entendant les bruits des combats se rapprocher de sa maison. Ils vivent désormais tout au bout du camp, sous une tente, très loin de la mer. 

    Début 2019, l’intensification des combats dans le gouvernorat de Hajjah, dans le nord du pays, a entraîné une énième vague de déplacements. En mars, ils étaient plus de 20 000 à fuir les violences, notamment dans le nord d’Abs et vers le gouvernorat d’Amran, venant s’ajouter aux milliers de familles déjà en exil depuis plusieurs mois. 

    Les combats les plus destructeurs ont éclaté près d’Abs, une ville à proximité de la frontière saoudienne, où MSF soutient un hôpital de campagne, en collaboration avec le ministère de la Santé. Ce même hôpital a été partiellement détruit par une frappe aérienne de la coalition le 15 août 2016, tuant 19 personnes. En juin 2018, c'était au tour du centre de traitement du choléra MSF d’Abs d'être détruit par un tir de la coalition.

    Depuis le printemps dernier, Ahmad vit avec sa femme et ses trois enfants dans les ruines d’une ancienne demeure, près de la mosquée de Khamer. La famille vient du gouvernorat de Hajjah qu’elle a fui en Avril. Ancien commerçant, Ahmad a tout perdu dans les combats et les bombardements qui ont affecté Kuchar, une zone montagneuse située à une cinquantaine de kilomètres de la frontière saoudienne.

    En mars, plus de 5 300 familles avaient réussi à fuir le district mais des milliers d’autres étaient prises au piège des combats, sans aucune possibilité de se mettre à l’abri. Selon les Nations unies, on estime à près de 3,65 millions le nombre de personnes déplacées au Yémen