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MSF, Mexique, demandeurs d'asile, politique migratoire américaine

Mexique

La politique migratoire américaine met en danger la vie des demandeurs d’asile

Les demandeurs d'asile sont obligés de dormir dans des tentes installées juste à côté du pont près de la frontière, sans aucun accès à l'eau potable et aux services d'assainissement. Juin 2019. Mexique. © MSF
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Dans l'État de Tamaulipas, la vie des demandeurs d'asile est mise en danger par le Protocole sur la protection des migrants (PPM) du gouvernement américain et le manque d'aide humanitaire du gouvernement mexicain. Le temps qu’un statut leur soit octroyé, les demandeurs d'asile sont contraints par le PPM de rester au Mexique, dans des villes comme Matamoros, où la précarité des infrastructures et les niveaux élevés de violence, enlèvements, extorsions, vols à main armée et violences sexuelles, mettent en danger leur santé et leur vie.

    « C’est inacceptable que des personnes vulnérables soient forcées de vivre dans des conditions dangereuses, exposées à la violence des groupes criminels et traitées de manière inhumaine par les autorités mexicaines et américaines », réagit le Dr Marcelo Fernandez, chef de mission de MSF au Mexique.

    Depuis la mise en œuvre du PPM à Matamoros en août, les équipes MSF ont été témoins du retour forcé d'une centaine de demandeurs d'asile par jour. La ville dispose de peu d'abris et est mal équipée pour les accueillir. La plupart vivent dans des conditions insalubres, sans accès à l’eau potable ni aux soins de santé. Certains dorment dans des tentes dans les rues, exposés à la violence perpétrée par des groupes criminels qui se disputent le contrôle du quartier.

    La violence au cœur du quotidien

    Les équipes MSF fournissent des soins médicaux et psychosociaux aux migrants et aux réfugiés dans les abris saturés des villes de Nuevo Laredo, Reynosa et Matamoros dans l'État mexicain de Tamaulipas, considéré comme l'un des plus dangereux au Mexique par le Département d'État américain. La situation s'est détériorée depuis juillet, lorsque MSF a dénoncé les dangers auxquels sont confrontés les demandeurs d'asile dans cet État.

    MSF s'inquiète également de la mesure récente prise par le gouvernement mexicain qui consiste à transférer ces personnes vers le sud du pays, les condamnant à reprendre leur voyage vers le nord sur des routes très violentes, en mettant à nouveau leur vie en danger.

    Ils m'ont renvoyée à Matamoros avec ma fille. Je ne connais pas cet endroit, mais je sais que c'est dangereux.
    Monica (prénom modifié), une demandeuse d'asile du Honduras et patiente de MSF

    « Ils m'ont renvoyée à Matamoros avec ma fille », dit Monica (prénom modifié), une demandeuse d'asile du Honduras et patiente de MSF. « Les autorités mexicaines ne m'ont donné aucune information sur l'endroit où se trouvent les abris et où nous pourrions passer la nuit. Je ne connais pas cet endroit, mais je sais que c'est dangereux. »

    Entre juin 2018 et juillet 2019, 45 % des 2 315 patients ayant reçu des soins en santé mentale (migrants, demandeurs d'asile, réfugiés ou rapatriés) à Reynosa et Matamoros ont déclaré avoir été victimes de violences pendant leur voyage au Mexique. Parmi ceux-ci, un sur trois a été agressé physiquement et un sur cinq a subi des violences sexuelles.

    • MSF appelle le gouvernement américain à cesser de renvoyer les demandeurs d'asile là où ils sont confrontés à la violence et à la persécution.
    • MSF appelle une fois de plus les gouvernements américain et mexicain à mettre fin à ces politiques migratoires néfastes qui mettent en danger la vie des gens.
    • Les gouvernements des États-Unis et du Mexique doivent mettre en œuvre des mesures de protection des personnes déplacées et fournir une aide humanitaire d'urgence.