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Grèce

La police grecque impose une quarantaine injustifiée et cruelle au camp de Moria à Lesbos

Les demandeurs d'asile et les migrants - y compris les enfants - tentent de s'orienter dans le cadre sale et de plus en plus violent du camp de Moria. Grèce, juillet 2020. © Enri CANAJ/Magnum Photos for MSF
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Le gouvernement grec applique une quarantaine inconsidérée et potentiellement très dommageable et nuisible au camp de Moria pour les migrants et les demandeurs d'asile sur l'île de Lesbos. Depuis des mois, MSF et d'autres organisations demandent l'évacuation totale de tous les résidents du camp de Moria, avec une urgence spécifique pour déplacer ces personnes particulièrement vulnérables sur le plan médical vers des logements sûrs à Lesbos, sur le continent ou dans d'autres États de l'UE.

    À Lesbos, les autorités grecques ont décidé de confiner totalement le camp de Moria à la suite de la découverte d’un cas positif de Covid-19.

    Environ 13 000 migrants et demandeurs d’asile y sont enfermés dans des conditions de promiscuité qui risquent d’entraîner une flambée de l’épidémie.

    MSF, don, médecins sans frontières, santé, maladieMSF demande l’évacuation du camp de Moria et la mise en place de mesures sanitaires de la part des autorités locales.

    Au sein de la population, plus de 200 personnes ont été identifiées comme vulnérables : elles présentent des problèmes de santé sous-jacents et risquent de développer les formes sévères du coronavirus.

    Ces personnes, comme le reste des habitants du camp, doivent être évacuées rapidement.

    Sur l’île, le nombre de cas confirmés de Covid-19 a augmenté ces dernières semaines, mais il n’y a à ce jour qu’un seul cas recensé à Moria.

    « Les autorités sanitaires ont commencé à faire des tests pour le Covid-19 à Moria, mais ce n’est pas assez, explique Caroline Willemen, coordinatrice de terrain à Lesbos. Des mesures sanitaires doivent être mises en place, dont le suivi des personnes ayant été en contact avec un cas positif. Il faut améliorer les conditions d’hygiène et l’accès aux services de santé en attendant une évacuation. »

    L’enfermement de la population risque également d’avoir des conséquences délétères sur la santé mentale des migrants et demandeurs d’asile, notamment celle des enfants déjà traumatisés par leurs conditions de vie et ce qu’ils ont vécu avant d’arriver à Lesbos.

    Il faut améliorer les conditions d’hygiène et l’accès aux services de santé en attendant une évacuation.
    Caroline Willemen, coordinatrice de terrain à Lesbos

    Depuis plusieurs mois, les acteurs locaux qui y travaillent, dont MSF, demandent l’évacuation totale du camp vers des hébergements sûrs.

    En avril dernier, le gouvernement grec l'avait promis, mais cinq mois plus tard, la population de Moria se retrouve enfermée dans des conditions insalubres et propices à la propagation du coronavirus.