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Épidémies. Rougeole. centrafrique. Bossangoa.

5 épidémies en 5 chiffres

Le Dr Amira Jaouadi, médecin MSF, ausculte un jeune patient dans le service contre la rougeole de l'hôpital de Bossangoa, en République centrafricaine. Mars 2020. © James Oatway
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La pandémie mondiale de Covid-19 a fait les gros titres des journaux pendant des mois, éclipsant sur la scène médiatique d’autres urgences médicales. Si nous focalisons toute notre attention sur une maladie unique, nous courrons le risque de délaisser des épidémies moins connues, mais beaucoup plus communes comme la rougeole, le paludisme et le choléra, qui se déclarent chaque année, avec de graves conséquences et de lourdes pertes en vies humaines.

    Les maladies contagieuses à potentiel épidémique restent, au niveau mondial, la principale cause de mortalité chez les enfants de 1 à 59 mois.

    1) Choléra - 47 000

    Le choléra est une infection gastro-intestinale aiguë d’origine hydrique, causée par une bactérie. Elle est transmise par l’eau ou la nourriture contaminée, ou par contact direct avec des surfaces contaminées.

    Selon l’OMS, il y a 1,3 à 4 millions de cas de choléra chaque année et 21 000 à 143 000 décès dus au choléra dans le monde.

    Dans les régions où il n’est pas endémique, le choléra peut déclencher de grandes épidémies et se propager rapidement. La plupart des individus ne développeront pas la maladie ou ne souffriront que d’une infection légère. Mais parfois, la maladie peut être sévère et provoquer de fortes diarrhées aqueuses et des vomissements pouvant entraîner une déshydratation sévère et la mort en quelques heures après l’apparition des symptômes.

    Sans traitement, les personnes infectées peuvent décéder en quelques heures.

    Le traitement – une solution de réhydratation administrée oralement ou en perfusion – vise à remplacer immédiatement les fluides et les sels éliminés. Le choléra sévit particulièrement dans les régions densément peuplées privées d’installations sanitaires et d’eau potable.

    Les épidémies de choléra se déclenchent, en effet, surtout dans les zones où l’approvisionnement en eau et les conditions sanitaires sont insuffisants. Dès que l’on soupçonne un foyer, les patients sont pris en charge dans des centres où des mesures de prévention sont mises en place pour éviter toute nouvelle transmission de la maladie. Des mesures d’hygiène strictes doivent être appliquées et une grande quantité d’eau potable doit être disponible. Il existe un vaccin à la fois en prévention et en réponse aux épidémies.

    En 2019, MSF a traité 47 000 patients contre le choléra.


    2) Paludisme - 2 638 200

    Le paludisme est transmis par des moustiques infectés. Le virus décompose les globules rouges, ce qui provoque un manque d’apport en d’oxygène pour les organes.

    Il provoque fièvre, douleurs articulaires, frissons, maux de tête, vomissements répétés, convulsions et coma. Sa forme sévère atteint les organes et est mortelle en l’absence de traitement.

    En 2019, selon l’OMS, le nombre de cas de paludisme dans le monde était de 229 millions, une estimation annuelle stable depuis quatre ans.

    La maladie a fait quelque 409 000 morts en 2019, contre 411 000 en 2018.

    Les recherches de terrain menées par MSF ont contribué à prouver que la polythérapie à base d’artémisinine (ACT) est actuellement le traitement le plus efficace contre la forme sévère de la maladie.

    MSF a également piloté l’utilisation d’artésunate injectable pour le traitement du paludisme grave dans de nombreux pays. Les moustiquaires imprégnées d’insecticide de longue durée sont des outils importants de lutte contre le paludisme. Dans les zones endémiques, MSF privilégie la distribution de moustiquaires aux femmes enceintes et aux enfants de moins de cinq ans, qui sont les plus vulnérables et les plus touchés par le paludisme grave, et leur explique comment les utiliser.

    Depuis 2012, MSF est également très impliquée dans des stratégies de prévention, comme la « chimioprévention du paludisme saisonnier » (CPS), basée sur l’utilisation de médicaments antipaludéens, mise en œuvre au Sahel. Les enfants de moins de cinq ans reçoivent un antipaludéen oral chaque mois pendant les trois à quatre mois du pic saisonnier de la maladie.

    En 2019, MSF a soigné 2 638 200 cas de de paludisme.


    3) Rougeole - 1 320 100

    La rougeole est une maladie virale hautement contagieuse et dangereuse pour les enfants de moins de cinq ans.

    Même si un vaccin efficace et abordable existe, il y a eu, selon l’OMS, plus de 140 000 décès dus à la rougeole dans le monde en 2018. La plupart était des enfants de moins de cinq ans.

    Les symptômes (forte fièvre, éruption cutanée, écoulement nasal, toux et infection oculaire) apparaissent en moyenne 10 jours après l’exposition au virus. Il n’existe pas de traitement spécifique : les patients reçoivent de la vitamine A pour prévenir les complications oculaires, des antibiotiques pour prévenir les infections respiratoires, et un soutien nutritionnel.

    La prise en charge peut également comprendre le traitement des stomatites (infection virale de la bouche) et de la déshydratation.

    Dans les pays à revenu élevé, la plupart des personnes infectées guérissent en deux ou trois semaines, et le taux de mortalité est faible. En revanche, dans les pays à revenu faible et intermédiaire, le taux de mortalité peut atteindre 10%, voire même 20% lorsque les épidémies éclatent dans des contextes où l’accès aux soins est limité.

    La mort survient le plus souvent à la suite de complications respiratoires telles que la pneumonie, les diarrhées et les stomatites qui entraînent la malnutrition, et plus rarement de complications neurologiques telles que les encéphalites (inflammation du cerveau).

    Il existe un vaccin efficace et abordable contre la rougeole et de larges campagnes de vaccination ont permis de réduire significativement la morbidité et la mortalité liées à la rougeole.

    Toutefois, de nombreuses personnes restent vulnérables à la maladie, en particulier dans les pays où le système de santé est déficient, où les épidémies sont fréquentes et où l’accès aux services de santé est limité.

    En 2019, MSF a conduit 1 320 100 vaccinations en réponse à des épidémies.


    4) Méningite – 50%

    La méningite à méningocoque est une infection bactérienne des méninges, les fines membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Les symptômes apparaissent entre un et quatre jours après l’infection.

    Elle peut causer des maux de tête soudains et intenses, de la fièvre, des nausées, des vomissements, une sensibilité à la lumière et une raideur du cou.

    L’infection peut progresser rapidement et provoquer la mort dans les heures qui suivent l’apparition des symptômes.

    Même traités, jusqu’à 10% des malades décèdent, et jusqu’à 50% des personnes infectées meurent si elles ne sont pas soignées.

    De 10 à 20% des survivants gardent des séquelles à vie, telles que la surdité, une déficience intellectuelle et l’épilepsie. 
    On connait six souches de la bactérie susceptibles de provoquer la méningite. Des porteurs sains ne présentant aucun symptôme peuvent transmettre la maladie en toussant ou en éternuant. Les cas suspects sont diagnostiqués par l’examen d’un échantillon de liquide céphalo-rachidien et traités avec des antibiotiques spécifiques.

    La méningite est présente partout dans le monde, mais la plupart des infections et décès surviennent en Afrique, en particulier dans la « ceinture de la méningite », une zone qui traverse le continent d’est en ouest, de l’Éthiopie au Sénégal.

    Avant l’introduction d’un vaccin conjugué anti-méningococcique A en 2010, les épidémies étaient principalement causées par le méningocoque A. La première épidémie de méningite C d’ampleur a éclaté au Niger et au Nigéria en 2015. Les vaccins conjugués efficaces contre plusieurs souches connaissent une grave pénurie et sont très chers. C’est pourquoi il n’est pas possible de les utiliser dans de larges campagnes de vaccination.

    Un nouveau vaccin conjugué contre cinq souches est en cours de développement. Il devrait être disponible à un prix abordable en 2021 ou 2022.     

    En 2019, MSF a vacciné 197 700 personnes en réponse à des épidémies de méningite.


    5) Ebola – 11ème

    Apparu pour la première fois en 1976, Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels des personnes infectées, y compris quand elles sont décédées, et les surfaces contaminées par ces fluides. Son origine est inconnue, mais les chauves-souris sont considérées comme l’hôte probable.

    MSF est intervenue dans presque toutes les épidémies d’Ebola signalées ces dernières années. Mais avant 2014, et la flambée épidémique qui a frappé l’Afrique de l’Ouest en 2014-2016, celles-ci étaient circonscrites géographiquement et frappaient plutôt des zones reculées.

    En novembre 2020, près de six mois après son apparition dans la province de l’Équateur, en République démocratique du Congo, la 11ème  épidémie de la maladie à virus Ebola dans le pays a été maîtrisée, grâce notamment à une meilleure prise en charge des patients.

    Le taux de mortalité moyen est d’environ 50%, mais peut varier de 25 à 90%. Les premiers symptômes ressemblent à ceux de la grippe, suivis de vomissements et de diarrhées, des symptômes communs à des nombreuses maladies. À mesure que la maladie progresse, certaines personnes développent des hémorragies et meurent.

    Malgré sa dangerosité, ce virus est fragile et est aisément détruit par le soleil, la chaleur, l’eau de javel, le chlore, voire du savon et de l’eau. Deux vaccins expérimentaux sont disponibles pour protéger le personnel de santé et les contacts des personnes infectées. Des traitements antiviraux ont également été testés à titre compassionnel et expérimental au cours d’épidémies. Autrement, la prise en charge des patients se limite à l’hydratation et au traitement des symptômes tels que la fièvre et les nausées.

    La prévention de la transmission est cruciale. C’est pourquoi les patients sont soignés dans des centres de traitement Ebola qui appliquent des procédures strictes de prophylaxie. Par ailleurs, identifier les personnes avec lesquelles les patients ont été en contact pendant la maladie et procéder à des inhumations sans risque sont des priorités. Des activités de promotion de la santé sont organisées dans les communautés pour les sensibiliser à la menace de la maladie, et expliquer comment s’en protéger et ce qu’il faut faire si des symptômes apparaissent.

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