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Honduras, MSF, Dengue outbreak, MSF response

Honduras

Des soins médicaux dispensés à plus de 5 000 personnes pendant l’épidémie de dengue

Une équipe de promotion de la santé de MSF va de maison en maison. Octobre 2019. Honduras. © MSF/Arlette Blanco
Témoignages 
Evelyn Zorrilla - Épidémiologiste MSF pour le Mexique et l'Amérique centrale
Evelyn Zorrilla, épidémiologiste MSF pour le Mexique et l'Amérique centrale, explique comment l’organisation est intervenue lors de l'épidémie de dengue au Honduras cette année et pourquoi la maladie a évolué de manière inhabituelle.
    Que s'est-il passé pendant l'épidémie de dengue* au Honduras ?

    Depuis août 2018, le nombre de cas de dengue a commencé à augmenter dans tout le pays et a continué de croître à un rythme alarmant, la province de Cortes étant la plus touchée.

    En février 2019, l'hôpital national Mario Catarino Rivas (HNMCR) nous a demandé d'intervenir, car le nombre de patients souffrant de dengue était très élevé.

    En janvier 2019, il y avait plus d'un millier de cas et le HNMCR n'avait pas la capacité d’y faire face. 

    Comment MSF est intervenue face à cette urgence ?

    En février, nous avons commencé à traiter les patients présentant des symptômes du virus dans l'unité pédiatrique de dengue du HNMCR.

    Nous avons fait venir huit médecins, quatre pédiatres, huit infirmières plus quatre infirmières auxiliaires.

    En même temps, nous avons embauché 16 promoteurs de santé pour soutenir la lutte antivectorielle – c’est-à-dire s’occuper des sites afin d’empêcher la reproduction et la prolifération des moustiques porteurs – et les activités de fumigation en collaboration avec le département sanitaire de Choloma, une des municipalités les plus touchées de Cortes.

    Comment l’épidémie a-t-elle évolué ?

    Entre février et avril, face à l’augmentation des cas, MSF a décidé de renforcer son soutien à l’hôpital en mettant en place un triage pour les patients ayant de la fièvre.

    À Choloma, nous avons également commencé des activités dans quatre centres de santé primaire du ministère de la Santé. Dans chaque centre, nous avons embauché un médecin et une infirmière, afin de prendre soin des patients qui ne nécessitaient pas d'hospitalisation.

    L'épidémie n'a cessé de s'aggraver et, en juillet, nous avons restructuré nos activités de promotion de la santé en travaillant principalement à tuer les larves, grâce à un produit appliqué dans 10 quartiers de Choloma qui comptaient le plus grand nombre de cas de dengue.

    Au début du mois de septembre, nous avons commencé à constater une diminution du nombre de cas. Aux vus des effets positifs de ce changement de stratégie, MSF a décidé de réduire graduellement ses activités pour finalement les arrêter à la mi-octobre.

    Quelle était la particularité de cette intervention ?

    L’épidémie s’est comportée de manière inhabituelle. Par exemple, nous n’avons pas pu identifier de trajectoire claire par rapport à l’apparition de nouveaux cas : pendant une semaine, ils augmentaient et la semaine d’après leur nombre diminuait.

    Cette épidémie n'a pas suivi les schémas habituels. 

    Pourquoi le nombre de cas n'a-t-il pas diminué comme prévu ?

    Il s’agit d’un mélange de facteurs. Premièrement, cette partie du Honduras est une zone endémique de la dengue et rien n’était prêt pour répondre à cette situation. Les alertes n'ont pas été activées à temps.

    MSF a également évalué l'efficacité de l'insecticide utilisé pour la fumigation des moustiques qui sont vecteurs de dengue. Cette étude a révélé une résistance de 60 % aux produits chimiques utilisés lors des activités de fumigation.

    Quelles sont les recommandations pour prévenir d'autres flambées à l'avenir ?

    Nous devons renforcer la surveillance épidémiologique et mener des activités régulières et coordonnées de sensibilisation, afin que les gens soient informés sur la maladie et ses conséquences, qui peuvent être fatales.

    Nous devons également former régulièrement notre personnel de santé afin qu'il puisse poser un diagnostic précoce et prescrire le traitement en temps utile, ce qui se traduira par une diminution du nombre de cas nécessitant une hospitalisation et du nombre de patients mourant de ce virus.

    Les chiffres de l'intervention de MSF

     - Nombre total de cas traités par MSF : 5 734
     - Nombre total de cas traités dans l’hôpital : 5 171
     - Nombre total de cas traités dans les centres de santé de Choloma : 563
     - Nombre total de personnes sensibilisées par l'équipe de promotion de la santé : 90 335

    * La dengue est une affection d'origine virale, transmise par les moustiques aedes. Les symptômes sont similaires à ceux de la grippe ou du paludisme, soit une forte fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires.