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Drug addict Michael Karongo takes methadone at MSF's drug therapy clinic in Kiambu. March 2020

Kenya

Combattre les problèmes d’addiction avec la recherche opérationnelle au Kenya

Le toxicomane Michael Karongo prend de la méthadone à la clinique de thérapie assistée par médicaments de MSF à Kiambu. Mars 2020 © Paul Odongo/MSF
Maria Verdecchia/ MSF
Témoignages 
Maria Verdecchia - Épidémiologiste MSF et conseillère en Recherche Opérationnelle à l’unité luxembourgeoise de recherche MSF (LuxOR)
Lors de sa visite de terrain de deux semaines au Kenya en avril dernier, Maria Verdecchia, épidémiologiste MSF et conseillère en Recherche Opérationnelle à LuxOR, a élaboré un programme d’étude pour les missions axées sur les maladies non transmissibles et la toxicomanie. En outre, elle a soutenu l'équipe sur l'épidémiologie et a finalisé les projets de recherche en cours.

    « Je soutiens nos équipes au Kenya depuis un an et il est vraiment important de témoigner, de voir les projets sur place et de rencontrer les gens face à face. Afin d'apporter un conseil pertinent, il est crucial que je puisse me rendre compte de première main de la situation, des conditions et des contraintes du terrain. », explique Maria.

    Lors de sa visite dans le comté de Kiambu (sous-comté de Kiambaa), qui compte parmi les taux les plus élevés de toxicomanes au Kenya, elle a eu l'occasion d'échanger avec Johanna Schöner, psychiatre à la clinique de thérapie assistée par médicaments de MSF, à propos de la recherche concernant la toxicomanie :

    Johanna Schöner : « Nous avons une cohorte très spéciale de patients dans cette clinique MSF de thérapie assistée par médicaments. La plupart d'entre eux ont non seulement une dépendance aux opioïdes, mais aussi des dépendances croisées. Malheureusement, nous n'avons pas beaucoup d'informations sur les substances qu'ils utilisent réellement, ni sur les raisons pour lesquelles ils les utilisent.

    Une première évaluation a montré que 20 % de nos patients consomment des benzodiazépines non prescrites, et que nombre d'entre eux consomment également de l'alcool. Ceci, ajouté à d'autres facteurs, pourrait contribuer à ce qu'ils fassent défaut et ne viennent plus à la clinique. La combinaison de ces substances pourrait entraîner de nombreux problèmes, y compris une surdose. 

    Dorénavant, nous aimerions savoir combien de patients consomment effectivement des benzodiazépines et de l'alcool, afin de décider s'il est nécessaire d'établir des interventions, comme par exemple des séances de thérapie de groupe plus ciblées.

    En outre, un objectif secondaire est de déterminer si la consommation de ces substances est corrélée à certains troubles de santé mentale comme la dépression et l'anxiété. Pour l'instant, la prévalence de ces troubles est plutôt faible chez nos patients. Nous soupçonnons qu'ils "s'automédiquent " avec des substances comme les benzodiazépines et l'alcool et présentent donc moins de symptômes de détresse psychologique. La réalisation de cette étude nous permettra d'avoir une vision plus claire et de concevoir des interventions ciblées pour nos patients. », explique Johanna.

    Johanna Schöner est arrivée en janvier 2022 au Kenya et a rencontré l'Unité LuxOR peu de temps après.

    C'est une expérience très positive pour moi car je sens qu'ils sont très engagés et qu'ils ont beaucoup d'expérience dans ce domaine, y compris sur la santé mentale - qui est souvent négligée -.

    « C'était très utile d'avoir leur entière disponibilité et leur soutien pour le niveau technique et administratif », dit-elle.

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