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Ocean Viking, MSF, Mer Méditerrannée, Lampedusa, SOS Méditerrannée

Mer Méditerranée

Les survivants de l’Ocean Viking débarquent à Lampedusa

Les 82 survivants secourus par l'Ocean Viking, ont trouvé un lieu de débarquement à Lampedusa, en Italie. Mer Méditerranée. Septembre 2019. © Hannah Wallace Bowman/MSF
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Six jours après que les premiers survivants aient été secourus en mer, MSF est soulagée que les 82 survivants secourus par l'Ocean Viking, le navire de recherche et de sauvetage exploité conjointement avec SOS Méditerranée, aient trouvé un lieu de débarquement à Lampedusa, en Italie.

    Le débarquement des 82 survivants intervient après qu'une coalition d'États européens ait trouvé une solution ad hoc pour permettre le débarquement et le transfert des personnes secourues.

    Un pas positif vers une réponse plus humaine

    L'offre des autorités italiennes, qui propose un lieu sûr dans les six jours suivant le premier sauvetage en mer, fait preuve de valeurs humanitaires claires, et représente un pas positif vers une réponse plus humaine à la souffrance qui continue en Méditerranée centrale.

    Pour les personnes qui ont fui des situations désespérées dans leur pays d'origine et qui ont subi d'horribles abus en Libye, il n'est jamais trop tôt pour être en sécurité.
    Erkinalp Kesikli, coordinateur de projet MSF à bord de l’Ocean Viking

    « Des enfants à bord racontent à notre équipe médicale qu'en Libye, leur peau a été brûlée avec du plastique fondu, qu’ils ont été battus avec des bâtons, et mordus par des chiens. Nous entendons des histoires horribles d'abus sexuels contre des hommes, des femmes et des enfants. L’exploitation et la détention arbitraire ont laissé de nombreuses personnes avec de profondes blessures psychologiques. Nous sommes soulagés de savoir qu’il n’y aura plus d’attente au milieu de la mer, grâce à la solidarité apportée par les États européens », affirme Erkinalp Kesikli, coordinateur de projet MSF à bord de l’Ocean Viking.

    Des enfants à bord racontent à notre équipe médicale qu'en Libye, leur peau a été brûlée avec du plastique fondu, qu’ils ont été battus avec des bâtons, et mordus par des chiens.
    Erkinalp Kesikli, coordinateur de projet MSF à bord de l’Ocean Viking

    Mettre en place un mécanisme prévisible

    Plus tôt, dans le courant de la semaine du 9 septembre, alors que l'Ocean Viking attendait toujours qu'on lui assigne un lieu sûr, une femme enceinte et son mari ont dû être évacués par hélicoptère lorsque l'état de santé de celle-ci s'est détérioré. Les personnes sauvées ne doivent pas être obligées de subir de longs délais pendant que les gouvernements européens se livrent à une pantomime politique inutile à chaque sauvetage. Il est urgent de mettre en place un mécanisme prévisible pour le débarquement des personnes secourues en Méditerranée centrale.

    MSF appelle les États européens à :

    • Mettre en place un système de débarquement durable et prévisible qui assure le bien-être des survivants et protège leurs droits.
    • Mettre fin à leur soutien politique et matériel au système de retours forcés en Libye, où les réfugiés et les migrants sont placés en détention arbitraire et inhumaine. Les personnes fuyant la Libye ne peuvent tout simplement pas y être renvoyées.
    • Répondre au besoin urgent d'une capacité européenne de recherche et de sauvetage proactive et suffisante. Jusqu'à présent, en 2019, une personne sur 20 fuyant la Libye par la mer serait morte en tentant cette traversée
    Retour sur les dernières opérations de sauvetage

    L'Ocean Viking a secouru 84 personnes lors de deux opérations de sauvetage distinctes.

    Moins de 9 heures après son entrée dans la région libyenne de recherche et de sauvetage, l’Ocean Viking a commencé son premier sauvetage le 8 septembre.

    Le deuxième sauvetage et le deuxième transfert, le 9 septembre, ont eu lieu dans des conditions météorologiques qui se détérioraient rapidement, tandis que le sauvetage des personnes à bord du Josefa, un voilier de 14 mètres, devenait une urgence.

    Bien que nous ayons constamment tenté de contacter le Centre conjoint de coordination des secours libyen (JRCC) avant et après chaque sauvetage, nous n'avons reçu aucune instruction avant le 10 septembre. Celle-ci nous proposait d'aller à Zawiyah en Libye, pour débarquer les survivants, en violation du droit international. L'Ocean Viking a demandé une alternative, en vain.

    Le 11 septembre, l'Ocean Viking s'est dirigé vers le nord pour l'évacuation médicale vers Malte d'une femme enceinte de neuf mois et de son mari.

    Après cette évacuation médicale, 82 personnes secourues sont restées à bord : 75 hommes, dont 20 mineurs non accompagnés (âgés de moins de 18 ans sans parent ou tuteur les accompagnant), 6 femmes (dont une enceinte) et un enfant d'un an.

    Après de nouvelles demandes au Centre de coordination des sauvetages en mer (MRCC) de Malte et d'Italie, le samedi 14 septembre, l'Ocean Viking a été informé par le Centre de coordination du sauvetage maritime (MRCC) de Rome et par email, que Lampedusa avait été désigné comme lieu sûr.