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Dr Nicolas Peyraud, pédiatre, examine un patient à l'unité de soins intensifs. Niger, septembre 2018. © MSF/Laurence Hoenig.

Niger

L’une des plus grandes unités de soins intensifs pédiatriques au monde affiche complet

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Depuis plus d’un mois, les équipes de soins pédiatriques de MSF luttent contre des taux de mortalité alarmants chez les enfants de moins de cinq ans à Magaria, dans le sud du Niger.

    En collaboration avec le ministère de la Santé nigérien, MSF prend actuellement en charge 730 enfants dans la pédiatrie de l’hôpital de Magaria. 208 d’entre eux, dans des états critiques, sont, trop nombreux, aux soins intensifs pédiatriques. La majorité de ces patients souffrent de complications dûes à des formes graves de paludisme ou de malnutrition. Au cours du mois dernier, on comptabilisait une moyenne de 10 décès d’enfants chaque jour. 

    « Jusqu’à maintenant, nous n’avons jamais vu quelque chose de similaire à cela, et nous craignons que ce ne soit que la pointe de l’iceberg »,  explique Dorian Job, responsable de programme MSF au Niger. «Chaque année, approximativement à cette même période, nous nous attendons à un pic de paludisme, de même qu’à des niveaux élevés de malnutrition, bien supérieurs aux seuils d’urgence. Mais nous ne nous souvenons pas d’un tel afflux de patients dans l’hôpital.»

    Manque d'accès aux soins

    Lors de précédents pics de paludisme et malnutrition, des études de mortalité avaient été faites. D’après ces chiffres, les médecins de MSF ne pensent recevoir qu’un sixième des enfants qui ont besoin de soins. Un grand nombre ayant reçu un diagnostic de paludisme ou de malnutrition souffre également de coinfections, mais actuellement ce sont surtout les formes sévères de malnutrition et de paludisme qui sont les plus fréquentes.

    Alors que notre hôpital est terriblement surchargé, il est fort probable que des centaines d’enfants soient très malades dans les communautés et qu’ils ne reçoivent pas les traitements nécessaires. Les enfants que nous admettons à l’hôpital arrivent extrêmement tard. Malheureusement, certains ont de telles complications qu’ils ne peuvent guérir.

    - Dorian Job, responsable de programme MSF au Niger

    Malgré les tentatives de réduire le nombre de cas de paludisme dû au pic saisonnier, grâce à des distributions de prophylaxies antipaludéennes, aux familles ayant des enfants âgés de trois mois à cinq ans, cette activité préventive n’a pas été suffisante pour réduire la sévérité du pic de paludisme cette année.

    Cliniques mobiles pour mieux répondre aux besoins

    MSF a également envoyé 243 membres expérimentés du personnel, à la fois nigérien et international afin d’offrir aux patients les meilleurs soins possibles, non seulement à l’intérieur de l’unité pédiatrique de l’hôpital, mais aussi à l’extérieur, dans la communauté où MSF gère des cliniques mobiles qui prennent en charge les enfants au plus près de chez eux.

    « Dans cette région qui compte 700 000 à un million d’habitants dont 20 % sont des enfants de moins de cinq ans, l’hôpital de Magaria est la seule structure médicale accessible. Ainsi, la situation est pire cette année, il n’est donc pas surprenant que nous soyons débordés. Le système de santé de cette zone manque de financement, d’organisation, de formation et globalement de soutien, ce qui entrave de manière chronique l’accès aux soins de santé et se paie en vies humaines. Nous pourrions doubler nos capacités sans pour autant réussir à répondre aux besoins des enfants de moins de cinq ans dans les communautés », conclut-il.

    MSF dans la région de Zinder au Niger

    Dans la région de Zinder, MSF travaille en collaboration avec le ministère de la Santé nigérien depuis 2005, afin d’améliorer les soins pédiatriques, et de prévenir, de détecter et de traiter les maladies infectieuses.

    Dans la ville animée de Magaria, MSF gère une unité pédiatrique de l’hôpital de district de 435 lits où un total de 11 100 enfants a été admis du 1er janvier au 31 août de cette année. Durant le mois d’août uniquement, 3 311 enfants de moins de cinq ans ont été admis dans cette unité.

    Dans la région de Magaria MSF soutient aussi 11 centres de santé, 14 postes de santé et six salles de stabilisation. Du 1er janvier au 31 août, l’équipe de MSF a dispensé 93 530 consultations ambulatoires (dont 31 390 durant le mois d’août) et soigné 13 284 enfants (3 629 en août) dans le programme de nutrition ambulatoire.

    L’unité pédiatrique emploie actuellement 594 personnes dont 485 médecins et infirmiers/ères.

    Photo principale : le Dr Nicolas Peyraud, pédiatre, examine un patient à l'unité de soins intensifs. Niger, septembre 2018. © MSF/Laurence Hoenig