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Niger

L'insécurité croissante à la frontière avec le Mali provoque le déplacement de plus de 8 000 personnes

Une femme dans son campement de fortune, dans un des camps improvisés aux abords de Kongokiré. Niger. Février 2019 © Innocent Kunywana/MSF
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Plus de 8 000 personnes ont été contraintes de s’installer dans deux camps improvisés autour du village de Kongokiré, dans la région de Tillabéri, où ils vivent dans des conditions extrêmes, dans une zone d’insécurité. Dans le but de répondre aux besoins les plus pressants, MSF a distribué des produits de première nécessité, et a offert une aide médicale comprenant des soins en santé mentale, ainsi que de l’eau et des solutions d’assainissement.

    Les deux sites informels hébergent environ 10 000 personnes : d’un côté, des réfugiés maliens qui ont quitté leurs foyers à cause de l’insécurité croissante, et, de l’autre, des déplacés internes, forcés de fuir en raison de menaces persistantes de groupes armés et des conditions de vie difficiles. Ces personnes sont arrivées à Kongokiré en abandonnant tout derrière eux : ils vivent dans des abris de fortune, construits de bâtons, paille, pagnes et sacs en plastique, sans accès à l’eau potable et sans latrine.

    Pour répondre à cette situation alarmante, MSF a distribué 1 173 kits de biens de première nécessité à 8 211 personnes.

    Des cliniques mobiles parcourent les campements de fortune pour atteindre les personnes vulnérables, qui n’ont souvent eu qu’un accès sporadique aux soins préventifs depuis des années. De plus, les équipes appuient une case de santé à proximité des camps, afin de faciliter l’accès aux soins pour les populations déplacées et locales.

    Une situation qui risque de perdurer 

    « De nombreux déplacés à Kongokiré ont déjà été forcés de fuir à plusieurs reprises. Ils présentent des signes de traumatisme, dans leurs comportements, dans leur façon de s’exprimer. Plusieurs réfugiés et déplacés internes disent ne pas pouvoir envisager un retour », explique Innocent Kunywana, coordinateur de l’équipe d’urgence MSF qui intervient dans les camps.

    La situation dans la région continue à se détériorer, et tant qu’il y aura de l’instabilité, la sécurité de leur retour ne sera pas assurée.
    Innocent Kunywana, coordinateur de l’équipe d’urgence MSF

    Niger MSF Urgence Tillabéry
    MSF livre de l’eau et des biens de première nécessité aux populations déplacées installées autour du village de Kongokiré. Niger. Février 2019 © Innocent Kunywana/MSF

    « Un des principaux risques auxquels sont confrontés les déplacés dans les camps est le manque de nourriture. Si cette situation continue – et c’est ce à quoi nous nous attendons – elle peut générer des tensions entre les populations locales et les déplacés, ou même alimenter des conflits au sein des camps. »

    Des besoins urgents non couverts

    En plus des actions menées par MSF, des besoins urgents en alimentation et en protection ne sont toujours pas couverts. La mobilisation des autres acteurs est indispensable, notamment pour couvrir les besoins en alimentation. 

    Jusqu’ici, la présence humanitaire à Tillabéri, et notamment dans les zones d’insécurité, a été insuffisante. MSF s’inquiète que la situation dans la région puisse se détériorer brusquement. Tillabéri est en effet touchée à la fois par le conflit au Mali et la montée de groupes armés au Burkina Faso. Il est très probable que ces causes profondes d’insécurité et de déplacement persistent dans les mois qui viennent.

    Les activités de MSF

    En dehors des interventions d’urgences, à Tillabéri MSF appuie 2 centres et 6 cases de santé dans les districts de Banibangou et Ayorou. Avant l’arrivée de MSF, les activités médicales dans ces zones étaient limitées en raison de l’insécurité.

    En collaboration avec le ministère de la Santé publique, nos équipes facilitent l’accès aux soins pour les populations locales et déplacées.

    Au cours du mois de janvier, MSF a pris en charge 4 789 patients, réalisé 427 consultations prénatales et vacciné 687 enfants de moins de 2 ans.