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Brésil

Les communautés indigènes plus vulnérables face au coronavirus

Un patient fait vérifier ses signes vitaux lors d'une consultation à l'unité indigène de santé de base du village de Limão Verde, dans le Mato Grosso do Sul, Brésil, septembre 2020. © Diego Baravelli/MSF
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Le Brésil enregistre le deuxième plus important nombre de décès au monde liés au Covid-19. Abandonnée par le pouvoir fédéral et exclue des systèmes de soins, la population indigène est particulièrement vulnérable à la maladie. Dans l'État du Mato Grosso do Sul, dans le centre-ouest du pays, MSF mène des activités de prévention, de diagnostic et de traitement du coronavirus auprès de ces communautés.

    Exclusion des soins

    Les peuples autochtones du Brésil sont historiquement négligés par le pouvoir fédéral. Les communautés sont marginalisées dans de nombreux domaines, dont celui de la santé.

    Les coupes budgétaires dans le financement du système de soins, le manque de médecins et l'accès difficile à des établissements médicaux dans la région rendent les communautés indigènes encore plus vulnérables au Covid-19.

    Avec très peu de médecins dans l'État du Mato Grosso do Sul, il n'y a souvent personne pour identifier le moment où les symptômes s'aggravent et où la personne a besoin de soins hospitaliers. Lorsque les patients arrivent enfin à l'hôpital, il est parfois déjà trop tard pour les sauver.

    « Depuis le début de l'année, nous n'avons eu qu'un seul médecin pour près de 10 000 autochtones. Notre inquiétude s'est accrue lorsque nous avons appris que la maladie était déjà présente dans les villes voisines, car nous savions que nous n'avions aucun établissement médical ici », confie Oto Lara, chef du village autochtone de Colônia Nova.

    Depuis fin août, en plus de soutenir l'hôpital régional d'Aquidauana, MSF a déployé des équipes mobiles dans onze villages aux alentours pour dispenser des consultations dans les postes de santé locaux, dépister les cas suspects de coronavirus et effectuer un suivi médical des cas positifs à domicile.

    Prévalence des maladies chroniques

    Le fort taux de prévalence des maladies chroniques, comme le diabète et l'hypertension, au sein des communautés autochtones de l'État de Mato Grosso do Sul, semblerait lié à des changements dans les modes de vie traditionnels : de plus en plus de sédentarisation et une alimentation qui comprend davantage de produits transformés.

    Les maladies chroniques ne sont souvent pas traitées car la population indigène rencontre des obstacles pour accéder aux soins, est victime de discrimination dans les structures de santé et manque d'informations sanitaires appropriées.

    Ces maladies augmentent le risque qu'une personne touchée par le Covid-19 développe des symptômes sévères et en décède.

    Agent de santé dans sa communauté autochtone, Edivaldo Felix vit et travaille dans le village de Limao Verde. En première ligne lorsque le nouveau coronavirus a frappé sa communauté, il a été l'une des premières personnes de son village à contracter la maladie.MSF, don, médecins sans frontières, santé, maladie

    Après avoir éprouvé des difficultés respiratoires, il a passé 31 jours à l'hôpital d'Aquidauana, où MSF forme et accompagne le personnel dans la prise en charge des patients atteints du Covid-19.

    « C’est une maladie horrible. Vous essayez de respirer mais vous vous sentez toujours essoufflé. Grâce à mon travail, j'avais des connaissances et je pense que cela m'a aidé. Je pense que je serai en mesure de fournir une meilleure assistance à mes patients après avoir souffert du coronavirus », raconte Edivaldo Felix.

    De retour chez lui, l'agent de santé a été suivi par une équipe MSF qui a surveillé l'évolution de son état de santé.

    Prévention et prise en charge

    Afin de sensibiliser les communautés, MSF mène des activités de promotion de la santé, dont une éducation sanitaire sur les mesures d'hygiène, de prévention et de contrôle des infections à adopter.

    « La sensibilisation et la prévention sont très importantes pour que la population soit mieux informée et puisse suivre des recommandations appropriées », explique Pedro Ueda, médecin MSF sur place.

    « Nous surveillons l'état des personnes qui ont eu des contacts avec des patients ayant été testés positifs, ainsi que l'état des patients qui sont rentrés chez eux. Notre objectif est de vérifier si les personnes doivent être référées à l'hôpital pour recevoir un traitement spécialisé », ajoute José Lobo, coordinateur du projet MSF dans l'État du Mato Grosso do Sul.

    « Nous avons eu environ 20 morts dans notre village. Avec MSF au sein de notre communauté, nous sentons maintenant que nos proches sont plus confiants et davantage pris en charge », conclut Oto Lara, chef du village autochtone de Colônia Nova.