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MSF tsunami 2018

Indonésie

«Dieu merci, ma famille est en sécurité!»

Voici les abris des survivants du tsunami. Dans cette zone, il y a 815 personnes (soit 230 ménages) qui vivent dans des abris de fortune. Indonésie, décembre 2018. © Cici Riesmasari/MSF
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Le samedi 22 décembre au soir, quelques mois à peine après le tremblement de terre et le tsunami de Sulawesi, l’Indonésie a de nouveau été touchée par une vague meurtrière. L’Agence Indonésienne Nationale de gestion des Catastrophes mentionne que le tsunami, qui fait suite à une éruption volcanique, a frappé les côtes de quatre districts à l’ouest de l’île de Java: Pandeglang, Zuid-Lampung, Serang et Tanggamus. Elis, qui a vu sa maison détruite par les eaux, témoigne.

    « Je prenais un bain quand le tsunami a frappé », raconte Elis, une mère de 30 ans, également enceinte de 7 mois. 

    Elis et sa famille étaient à la maison lorsque le tsunami a frappé la côte du détroit de Sunda ce jour fatidique du 22 décembre 2018. Leur maison était située sur les rives de Laba Kampong, dans le village de Cigondang, situé dans le district de Labuan. Ils vivaient juste à côté de la maison de ses parents.

    Quand la première vague a frappé, le mari d'Elis, Purwanto, a crié : « Tsunami ! Tsunami ! ». Il s'est précipité vers leur fille et ses beaux-parents, qui étaient à côté, pour tenter de les mettre en sécurité.

    « Quand mon mari a crié, j'ai mis mes vêtements aussi vite que j'ai pu. Quand il est revenu à l'intérieur pour m'aider, la seconde vague, la plus grosse, a frappé notre maison », explique Elis. D'environ 7 à 12 mètres de haut, la deuxième vague, plus haute qu'un poteau électrique, a réduit la maison en ruines. Purwanto a été blessé à la cuisse gauche, frappée par la tôle du toit de leur maison. Elis a été piégée à l'intérieur par un placard, un bureau et les décombres restant de leur maison.

    J'ai essayé de protéger mon ventre pour qu'il ne soit pas touché. Je ne pouvais pas voir ma fille. Je ne pouvais pas voir mes parents. Tout ce que j'ai entendu, c'est la voix de mon mari qui m'appelait.
    Elis, 30 ans, rescapée du tsunami

    Heureusement, même blessé, Purwanto a pu sauver Elis. Cependant, n’ayant pas pu retrouver leur fille et leurs parents âgés, ils ont été forcés de quitter les décombres et se sont rendu au centre de santé Labuan, envisageant que les membres de leur famille pouvaient être morts. 

    Après le tsunami, l’angoisse de la séparation

    Elis et Purwanto ont marché deux kilomètres vers le centre de santé le plus proche. En chemin, ils ont rencontré un homme à moto qui leur a proposé de les y conduire. Là-bas, ils ont croisé beaucoup de gens blessés comme eux et qui avaient besoin de soins. En attendant de voir un médecin, ils tentaient par tous les moyens d'obtenir des informations sur leur famille.

    « Cette nuit-là, nous avons finalement appris que notre fille était en sécurité et qu'elle était avec ma sœur », raconte Elis avec soulagement. Le lendemain, Elis et Purwanto ont retrouvé la mère et le père d'Elis, qui ont également été gravement blessés. « Dieu merci, les membres de notre famille étaient en sécurité malgré leurs blessures », soupire Elis.

    MSF apporte son soutien aux victimes du tsunami

    Au centre de santé de Labuan, Elis et son mari ont été soignés par l'équipe de MSF. « J'ai rencontré Ibu Dina (la sage-femme MSF) et le docteur Santi, au Labuan Health Center, le dimanche », se souvient Elis. « Ils ont vérifié mon état et celui du bébé. J'avais des bleus et j’étais tuméfiée sur presque tout le corps. Mais Dieu merci, mon bébé va bien », dit-elle en souriant.

    Depuis février 2018, MSF est présente dans le district de Pandeglang dans le cadre d’un projet de santé auprès des adolescents, en collaboration avec le ministère indonésien de la Santé. Quelques heures après le tsunami, l'équipe médicale d'urgence de MSF s'est rendue dans les centres de santé de Labuan et de Carita, deux des zones les plus touchées.

    MSF a également mis en place une clinique mobile pour atteindre les centres d'évacuation et les abris ainsi que les communautés reculées de Labuan et Carita. La plupart des personnes vivant dans ces zones n'ont pas pu accéder aux services médicaux et leurs blessures causées par le tsunami n'ont pas été soignées. Au cours des huit jours de l'intervention de MSF, l'équipe a rendu visite à Elis et à sa famille au domicile de sa sœur aînée. C’est là qu’ils séjournaient temporairement, après qu'Elis ait quitté le centre de santé et que son mari et ses parents aient quitté l'hôpital où ils avaient été transférés, en raison de la gravité de leurs blessures. L'équipe a vérifié l’état des plaies de Purwanto et d'Elis, et de ses parents. Leurs blessures ont été désinfectées et leurs pansements remplacés.

    Nous voulons vraiment avoir un nouveau logement bientôt. Notre situation est stressante, mais je ne veux pas que mon traumatisme affecte mon bébé. Je vais bien maintenant.
    Elis, 30 ans, rescapée du tsunami

    Le tsunami a touché cinq districts des provinces de Banten et de Lampung en Indonésie. Parmi ceux-ci, le district de Pandeglang a été le plus touché. L'Agence de météorologie, climatologie et géophysique (BMKG) a confirmé que le tsunami a été causé par l'éruption du volcan Anak Krakatau qui a déclenché un glissement de terrain sous-marin.

    En date du 2 janvier 2019, MSF avait effectué 472 consultations et traitements médicaux, dont 316 femmes, 155 hommes et une consultation non enregistrée. MSF a également fourni des soins prénatals et postnatals à 20 femmes enceintes et assuré le suivi de 15 patientes. Les cas médicaux les plus fréquents sont les infections des voies respiratoires supérieures, les maux de tête, les traumatismes accidentels et les infections cutanées. À ce stade, les stocks de médicaments dans les centres de santé et les cliniques mobiles sont maintenant épuisés et il en faut davantage pour soutenir les services médicaux en cours.
    De plus, une équipe MSF a été dépêchée sur place pour évaluer les besoins des personnes touchées par les pluies et les inondations qui se sont produites le 1er janvier dans les villages de Cigondang et Sukamaju. Une clinique mobile assure également le fonctionnement et les soins médicaux des habitants locaux. À ce jour, l'équipe de MSF se compose de 25 personnes : médecins, infirmières, promoteurs de santé, sages-femmes, conseillers, personnels logistiques, administratifs et chargés des ressources humaines