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Mexique

Des portraits qui reflètent la diversité des visages de la migration

De nombreux migrants voyagent sur un train, connu comme "la Bête". Mexique. Juin 2014. © Anna Surinyach
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Aujourd'hui, à l'occasion de la Journée internationale des migrants, nous avons choisi de vous faire découvrir la diversité des visages de la migration au Mexique. Des femmes, des hommes, des enfants, des familles ou des individus, originaires de dizaines de pays différents, qui ont fui la violence, l'oppression, la pauvreté et les inégalités.

    Les migrants recherchent de meilleures opportunités et la sécurité dans un autre pays que celui qu’ils ont fui. Les équipes MSF sont témoin de leur histoire et de l'impact que la violence et le manque de services de base ont sur leur santé et leur vie.

    À l'échelle mondiale, on estime qu'à la fin de l’année 2019, 79,5 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile. Vingt-six millions de personnes sont actuellement considérées comme des réfugiés ; plus de la moitié d'entre elles ont moins de 18 ans. Les obstacles administratifs, économiques et juridiques pour obtenir des soins médicaux, ainsi que la désinformation généralisée sur les procédures de migration et d'asile et le manque de services de base les vulnérabilisent encore davantage.

    Plus de 60 % des patients que MSF prend en charge sur la route migratoire qui traverse le Mexique ont été exposés à une situation de violence, soit dans leur pays d'origine, soit pendant leur voyage. Actuellement, ces personnes ont un besoin urgent de soins médicaux et de soutien en santé mentale.

    Les portraits ci-dessous reflètent la diversité des visages de la migration ; l'attente épuisante que les migrants subissent dans l’espoir de vivre dans un endroit plus sûr. La plupart demandent l'asile aux États-Unis, mais avec la fermeture des frontières, les politiques d'immigration en place et la pandémie de Covid-19, ils doivent continuer à survivre au Mexique dans un contexte d'incertitude, de pénurie de ressources et de mise en danger de leur vie et de leur santé.

    Mathysse

    Je m'appelle Mathysse ; je suis une demandeur d'asile. J'ai dû quitter Haïti avec ma famille, après avoir reçu des menaces à son encontre. J'étais déjà enceinte, lorsque nous avons voyagé du Chili au Mexique, en quête de sécurité. Maintenant, j'attends à Reynosa l'approbation de ma demande d'asile pour entrer aux États-Unis. Lorsque je suis arrivée dans cette ville frontalière, je n'ai pas pu trouver de services de soins prénatals, en raison d'un manque de ressources et parce que les hôpitaux été débordés par la pandémie de Covid-19. Grâce au soutien de MSF, qui a assuré la coordination avec l'hôpital général de Reynosa, j'ai pu accéder à des services médicaux.

    Marcela*

    Je m'appelle Marcela* et je viens du Salvador. Je vis avec des amis dans un camp de fortune à Matamoros, à la frontière mexicaine avec le Texas. J'ai dû quitter mon pays en raison de ma transsexualité. Des personnes ont proféré des menaces de mort contre moi. La seule chance que j'ai de vivre en sécurité est de rejoindre les États-Unis. J'attendrai le temps qu'il faudra.

    Piedad*

    Je suis Piedad*, j'ai fui le Honduras avec mes enfants après l’assassinat d’un membre de ma famille. J'ai essayé d’introduire une demande d'asile aux États-Unis, mais au lieu de pouvoir la déposer, j'ai été détenue et expulsée vers le Mexique, mettant ma vie et celle de ma famille en danger. J'attends une réponse concernant ma procédure de demande à Reynosa, au Mexique.

    Elizabeth

    Je m'appelle Elizabeth et je viens de Guerrero, dans le sud du Mexique. Mon fils et moi avons été expulsés des États-Unis seulement quelques jours après sa naissance. Aujourd'hui, à Matamoros, j'attends, une nouvelle fois, la résolution de ma demande d'asile, afin que nous puissions retourner dans le pays où mon fils, Carlos, est né. Pendant ce temps, nous recevons des soins médicaux de MSF dans un camp situé près de la frontière.

    Luis*

    Je m'appelle Luis* ; mes parents et moi avons quitté le Honduras parce qu'ils affirmaient que ce pays n'était plus sûr pour nous. Maintenant, nous attendons à Matamoros dans l’espoir de rejoindre les États-Unis, où mes parents disent que la vie est meilleure.

    Mario*

    Je m'appelle Mario* ; j'ai 72 ans. Je suis originaire de l'État de Zacatecas, au Mexique. J’ai l'impression de résider illégalement dans mon propre pays depuis que j'ai été expulsé des États-Unis. J’y ai passé 43 ans ; ma vie était là-bas. Je n'ai plus de famille ici ; je n'ai pas de famille là-bas. Je vais rester à Matamoros, où j'ai un travail : c'est un endroit où je me sens bien.

    Nuria*

    Je m'appelle Nuria* et je suis demandeur d'asile. J'ai fui le Honduras avec mes enfants parce que nous étions menacés de mort par des gangs. J'ai très peur de devoir retourner dans mon pays. La situation ici, dans l'État de Tamaulipas, n'est pas très sûre non plus. Maintenant, nous attendons de recevoir notre premier entretien pour demander l'asile aux États-Unis afin d'être enfin réunis avec le reste de notre famille qui vit déjà là-bas.

    Denise

    Je m'appelle Denise ; mes parents et moi avons quitté notre maison située au Congo ; le voyage a duré longtemps. Ils m'ont dit que nous irions ailleurs, là où nous pourrions vivre avec la peur en moins. Maintenant, nous espérons pouvoir y arriver ; nous sommes, pour le moment, dans un refuge à Reynosa, où je peux jouer avec beaucoup d'autres enfants qui attendent également de partir. Nous ne sortons presque jamais d'ici ; mes parents disent que c'est très dangereux dehors.

    Lurvy

    Je m'appelle Lurvy. J'ai dû fuir la ville de Tegucigalpa, au Honduras, à cause de la violence des gangs. Je voulais me rendre à Monterrey [au Mexique], où j'ai de la famille. J'ai d'abord voyagé seule, puis mon mari et mes enfants sont venus me rejoindre. Quand je suis arrivée au Chiapas, j'ai demandé l'asile, mais le processus n'avançait pas ; j'avais peur, alors j'ai décidé de monter dans "la Bête" [un train] ; je n'avais pas d'autres options. Nous sommes arrivés à Coatzacoalcos après trois jours et trois nuits de voyage. Là, nous avons dû changer de train.

    Quand le moment est venu de changer de train, la police est intervenue, nous avons alors dû courir vers une zone où il était plus difficile de monter à son bord. Je suis tombée et le train m'a percuté. J'ai passé plusieurs mois à Coatzacoalcos, dans un refuge, pour me rétablir. J'y ai reçu une aide psychologique par MSF.

    Quelques mois plus tard, mon mari est mort dans un accident de voiture. Maintenant, je suis à Monterrey avec ma famille. Je n'ai pas encore reçu de prothèses de jambes ; j'ai besoin d'aide pour les obtenir.

    *Les noms ont été modifiés