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A Barsalogho, l’eau est rare : des camions citernes se rendent chaque jour à la ville la plus proche, Kaya, d’où ils rapportent de l’eau qui est ensuite distribuée dans le camp. Burkina Faso. Janvier 2019. © MSF/Caroline Frechard

Burkina Faso

Des milliers de personnes fuyant les violences ont besoin d'aide

A Barsalogho, l’eau est rare : des camions citernes se rendent chaque jour à la ville la plus proche, Kaya, d’où ils rapportent de l’eau qui est ensuite distribuée dans le camp. Burkina Faso. Janvier 2019. © MSF/Caroline Frechard
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Depuis début janvier, les violences qui ont dégénéré dans les régions du Centre Nord et du Sahel au Burkina Faso ont causé la mort de dizaines de personnes et le déplacement de milliers d’autres. Les déplacés, qui ont fui vers les villages les plus proches, ont besoin d’aide en urgence.

    « Nos villages ont été brûlés »

    Des machettes, des armes à feu, la fumée des maisons qu’on brûle. Voilà les derniers souvenirs qu’ont emporté beaucoup de déplacés des hameaux qu’ils habitaient.

    J’étais en brousse, c’est là qu’ils m’ont attrapé. Ils voulaient savoir où se cachent mes amis. Mais j’étais seul ! Ils m’ont frappé avec leur machette, puis ils m’ont mis à terre. Lorsqu’ils se sont éloignés, je me suis enfui au village pour retrouver mes parents. Mais notre maison était brûlée ! Heureusement, nous étions ensemble avec toute ma famille. Nous avons continué pour arriver jusqu’ici au camp de Barsalogho.
    Dicko, 17 ans, blessé à l’oreille et au crâne

    Comme Dicko, des milliers de personnes ont fui sans rien pouvoir emporter vers Foubé, Barsalogho ou encore Arbinda, Kelbo et Déou, lorsque les violences ont éclaté dans les régions du Centre Nord et du Sahel. À Barsalogho, le camp construit à la hâte pour mettre en sécurité les déplacés internes accueille déjà quelque 1 000 personnes, surtout des familles d’éleveurs qui vivaient dans des hameaux de petite taille.

    Les blessures de Dicko ont d’abord été soignées par sa mère, qui les a nettoyées avec de l’eau chaude durant leur fuite. Une fois arrivés au camp, les équipes de santé ont soigné la plaie au crâne de Dicko avec des antiseptiques, afin d’éviter son infection.

    Des besoins importants

    À Barsalogho, les déplacés sont logés dans des tentes installées par le gouvernement. La solidarité locale et les efforts des autorités ont permis de les doter en casseroles, ainsi que de quelques sacs de maïs et autres aliments à cuisiner.

    Mais l’eau reste un problème : il n’y a pas de source aux alentours. Des camions citernes sont mobilisés chaque jour depuis la ville la plus proche de Kaya, à plus d’une heure de route du camp, afin que de l’eau puisse être distribuée.

    Dans d’autres sites alentours, l’aide prend du temps à s’organiser. À Foubé par exemple, toutes les tentes ne sont pas installées et la grande promiscuité dans laquelle vivent plus de 8 000 personnes a favorisé l’apparition de cas suspects de rougeole.

    MSF intervient en appui des équipes de santé locales pour maîtriser le risque épidémique : plus de 2 100 enfants ont déjà été vaccinés en une journée à Foubé, sur plus de 7 000 ciblés et plus de 600 autres ont été vaccinés à Barsalogho.

    Mais d’autres besoins subsistent.

    Il est nécessaire d’assurer un accès à l’eau potable pour les populations et de garantir un certain niveau d’hygiène.  Les médicaments essentiels doivent être disponibles en quantité suffisante et protégés de la chaleur et de la poussière.
    Idrissa Compaoré, coordinateur médical de MSF au Burkina Faso

    Chaque semaine, plus de 300 personnes à Foubé et 200 personnes à Barsalogho bénéficient de consultations médicales. La plupart des maladies sont des infections respiratoires, paludisme et des parasitoses digestives.