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Mexique

Augmentation des enlèvements et de la violence extrême à l’encontre des migrants à la frontière sud du Mexique

Un groupe de femmes assises autour d'une table à La 72, un centre d'accueil pour migrants et réfugiés à Tenosique, au Mexique. Février 2018. © Juan Carlos Tomasi
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Les équipes qui travaillent pour MSF à Tenosique font état d’une augmentation des enlèvements et d’une escalade de la violence à laquelle sont confrontés les migrants et les réfugiés à la frontière sud du Mexique.

    Dans des témoignages collectés ces dernières semaines par le personnel MSF qui prodigue des soins médicaux et psychologiques aux migrants voyageant à travers le sud-est du Mexique, les patients ont parlé d’enlèvements, de torture, d’extrême violence, de traitement cruel et d’abus sexuels à des fins d’extorsion, auxquelles ces personnes sont exposées dès qu’elles franchissent la frontière du Guatemala en direction de Tenosique.

    On observe une hausse de la violence et des méthodes de torture utilisées par les groupes criminels qui y opèrent.
    Gemma Pomares, responsable des activités médicales de MSF à Tenosique

    « On observe une augmentation exponentielle du nombre d’enlèvements dans cette région et une hausse de la violence et des méthodes de torture utilisées par les groupes criminels qui y opèrent », déclare Gemma Pomares, responsable des activités médicales de MSF à Tenosique.

    En moins d’un mois, l’équipe MSF à Tenosique a soigné 11 migrants victimes d’enlèvements et de tortures, soit autant que durant les huit premiers mois de l’année.

    Actes de torture

    Au cours de consultations médicales et psychologiques, les survivants ont déclaré avoir été emmenés dans des maisons abandonnées où ils ont été contraints de se déshabiller, puis attachés pendant des heures et laissés à l’extérieur, à la merci des température élevées et des intempéries, en échange des numéros de téléphone de leurs proches.

    Les équipes de MSF ont soigné des patients atteints de blessures par balle et à l'arme blanche. Elles ont également pris en charge des victimes d'agression sexuelle, notamment des personnes qui ont subi des actes de torture, tels que des décharges électriques aux organes génitaux et à l'anus. Plusieurs de ces patients ont déclaré avoir été forcés d'assister au viol de leurs compagnons.

    « MSF fournit une assistance médicale à Tenosique, dans le sud-est du Mexique, depuis quatre ans, explique Gemma Pomares. Bien que la violence soit récurrente sur les chemins migratoires du Guatemala au Mexique, l'extorsion de fonds et cette grande insécurité étaient jusque-là plus répandues dans les villes dangereuses, situées plus près de la frontière américaine, et peu présentes dans le sud du pays. »

    Gangs criminels

    Les politiques du gouvernement mexicain en matière de criminalisation, de persécution, de détention et d’expulsion visant à contenir les flux migratoires vers les États-Unis ont forcé la population migrante à se cacher et à emprunter des itinéraires de plus en plus dangereux.

    Ces mesures exposent davantage les femmes, les enfants et les hommes à des gangs criminels opérant en toute impunité dans la région, en particulier sur la route reliant le Guatemala à Tenosique. Ils opèrent également dans des villes mexicaines à la frontière avec les États-Unis, où plus de la moitié de la population prise en charge par MSF au cours du dernier mois a été enlevée.

    Ce que nous constatons, ce sont les conséquences humanitaires du durcissement des politiques migratoires, conçues pour infliger davantage de souffrances aux milliers de personnes qui fuient désespérément pour survivre. 
    Sergio Martín, coordinateur général de MSF au Mexique

    Une cruauté inacceptable

    « Dans ce contexte, il est logique que les violences contre les migrants et les réfugiés dont nos équipes ont été témoins à la frontière nord se déplacent vers le sud du pays, déclare Sergio Martín, coordinateur général de MSF au Mexique. Ce que nous constatons, ce sont les conséquences humanitaires du durcissement des politiques migratoires, conçues pour infliger davantage de souffrances aux milliers de personnes qui fuient désespérément pour survivre. Le manque de protection et la cruauté avec laquelle ils sont traités sont inacceptables. »