Des chirurgiens de l'hôpital général de référence de Rutshuru cautérisent une plaie chez un jeune homme blessé par balle.
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À l’ONU, MSF dénonce la montée des violences et la détresse sanitaire dans l’est de la RDC

Le vendredi 12 décembre 2025

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Le Dr Javid Abdelmoneim, président international de MSF, s’est adressé aujourd’hui au Conseil de sécurité des Nations Unies en appelant à reconnaître l’écart croissant entre les avancées politiques affichées et la réalité vécue par les populations de l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Javid Abdelmoneim, président international de MSF devant le Conseil de sécurité des Nations-unies  © UNTV

Depuis des mois, les équipes de MSF assistent à une intensification de la violence, des déplacements et de la privation dans les Kivus et en Ituri. Les patients décrivent des villages bombardés, des attaques d’une brutalité extrême et des familles contraintes de fuir à plusieurs reprises. 

Malgré les accords signés et la montée de l’attention diplomatique, la crise ne s’atténue pas, a rappelé le Dr Abdelmoneim. 

Les systèmes de santé s’effondrent, les violences sexuelles sont omniprésentes, et l’accès humanitaire se réduit alors que les besoins explosent. »

Pour MSF, le contraste entre les signaux politiques et le quotidien des millions de personnes affectées est aujourd’hui flagrant. L’offensive récente du M23 sur Uvira – au lendemain même d’un accord signé à Washington – a forcé quelque 200 000 personnes à quitter leur foyer, dont 40 000 vers le Burundi. 

Cette offensive montre que la promesse de paix masque une réalité faite de violence persistante et à grande échelle », a déclaré le président international de MSF.

Dans son intervention, il a souligné que la crise actuelle s’inscrit dans des décennies de prédation des ressources et de négligence structurelle. 

Génération après génération, les Congolais voient leurs vies et leur dignité sacrifiées au nom du pouvoir et du profit, a-t-il déclaré. 

Tant que les vies des civils seront traitées comme négligeables, aucun processus politique ne pourra réellement les soulager. »

Le Dr Abdelmoneim a également averti que les engagements politiques resteront vains tant qu’ils ne se traduiront pas par des mesures concrètes sur le terrain. Il a appelé à replacer la protection des civils au centre des priorités, à garantir l’accès humanitaire en accord avec le droit international, et à financer la réponse d’urgence à la hauteur des besoins.

Alors que les discours s’enchaînent dans cette enceinte, les civils restent invisibles, non protégés, déplacés, affamés, privés de soins et de dignité, a-t-il déploré.  

Sans volonté politique réelle, la réponse humanitaire continuera de s’essouffler, étouffée par l’insécurité, les obstacles bureaucratiques, et un désengagement international inquiétant. »

Le président international de MSF a conclu en exhortant les membres du Conseil de sécurité à rompre avec les approches qui ont échoué jusqu’ici. 

« La crise dans l’est de la RDC exige un engagement profond et immédiat. Des millions de vies en dépendent. »

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