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Afghanistan

Détérioration des conditions de vie pour les familles déplacées à Hérat

Portrait d'Abdullah, 26 ans, et son neveu âgé de 9 ans. Ils ont quitté leur ville natale, Badghis, pour Herat et vivent depuis un an sous une tente dans le camp de Kahdestan dans la banlieue de la ville. Afghanistan. Juillet 2019. © Noor Ahmad Saleem/MSF
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Alors que la chaleur de l’été en Afghanistan devient écrasante, les conditions de vie sont de plus en plus dures pour les quelque 100 000 personnes déplacées qui ont trouvé refuge à la périphérie de la ville de Hérat. L'aide humanitaire diminue et l’approvisionnement en eau se fait rare dans les camps.

    Les personnes déplacées ont fui leur village dans le nord-ouest de l’Afghanistan, l’an dernier, lors d’une vague de sécheresse et d’une intensification des combats entre des groupes d’opposition armés et les forces de sécurité afghanes. Un an après, la sécheresse est finie, mais elles ne peuvent retourner chez elles en raison de l’insécurité persistante.

    « En été, les personnes déplacées n’ont que leurs tentes posées à même la terre pour se protéger du soleil », note Raphaël Torlach, coordinateur de projet MSF à Hérat.

    L’approvisionnement en eau est insuffisant et l’accès aux soins médicaux et aux services de base est très limité. Le fait que l’aide humanitaire soit réduite et risque de ne pas être maintenue nous préoccupe beaucoup.
    Raphaël Torlach, coordinateur de projet MSF à Hérat

    Les personnes déplacées sont originaires des provinces de Hérat, Faryab, Badghis et Ghor. Depuis qu’elles ont trouvé refuge près de Hérat, elles manquent de nourriture, d’eau, d’infrastructures sanitaires et de soins médicaux. Avec la réduction de l’approvisionnement en eau, des gens se mettent à quémander de l’eau dans le voisinage des camps pour avoir de l’eau à boire et pouvoir se laver.

    « On se démène pour survivre avec toutes ces difficultés », dit Mohammad qui a fui son village dans la province de Faryab il y a un an à cause des combats incessants sur sa terre. « Je ne suis jamais passé par de telles épreuves durant toute ma vie. On n’a pas de revenus, pas d’abri, tout le monde est malade, il fait chaud et on n’a pas d’eau potable ».

    Quand son fils de deux ans a eu de la fièvre, des douleurs au ventre et des boutons sur la langue, Mohammad l’a amené au dispensaire MSF à Kadhestan où se trouve un camp de déplacés. MSF a ouvert ce centre en décembre dernier pour offrir à la population déplacée des soins médicaux de base, notamment les vaccinations ainsi que le dépistage et le traitement de la malnutrition. MSF a aussi une ambulance pour transporter à l’hôpital les malades qui ont besoin de soins spécialisés. 

    « Pendant l’hiver, la plupart des patients venaient au dispensaire pour des infections respiratoires », relève la Dr Hazada Barez de MSF. « Mais maintenant que les températures sont élevées, les gens souffrent plus de troubles digestifs, comme la diarrhée et des vomissements. L’état de nos patients est lié aux mauvaises conditions sanitaires, au manque d’eau potable et à l’impossibilité de se protéger contre les piqûres d’insectes ».

    Bien que les conditions de vie dans les camps soient devenues très dures, les personnes déplacées ne peuvent pas rentrer chez elles, à cause des combats qui perdurent. 

    « La route qui mène à notre région est bloquée », explique Delaram, une femme de 40 ans qui a fui la province de Baghdis avec sa famille, il y a bientôt un an. « Quand la route sera rouverte, nous pourrons partir. Mais pour le moment, c’est impossible. »

    MSF en Afghanistan

    MSF gère six projets dans six provinces en Afghanistan : les provinces de Kaboul, Helmand, Kandahar, Hérat, Khost et Kunduz. Dans la province de Hérat, MSF a un dispensaire pour soigner les déplacés à Kadhestan et apporte un soutien au personnel du ministère de la Santé dans le service des urgences de l’hôpital régional de Hérat. En 2018, MSF a donné au total près de 140 000 consultations médicales, a supervisé  74 600 accouchements et réalisé plus de 11 400 opérations chirurgicales. Pour ses activités en Afghanistan, MSF n’accepte aucun financement d’aucun État et ne fait appel qu’à des dons de personnes privées et de fondations.