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5 raisons pour lesquelles les médicaments ne devraient pas être un luxe

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    1) L’injuste prix des médicaments nuit gravement à la santé

    Le prix astronomique de bien des médicaments essentiels est principalement dû aux monopoles que les compagnies pharmaceutiques détiennent sur les brevets, ainsi qu’à l’absence de concurrence susceptible de faire baisser les prix.

    Les médicaments sont généralement protégés par un brevet, accordé pour 20 ans au laboratoire pharmaceutique. En l’absence de concurrence et en position de monopole, ces laboratoires peuvent maintenir des prix très hauts, qui peuvent rendre les médicaments inaccessibles dans certains pays.

    Depuis des décennies, l’industrie pharmaceutique mondiale répand des idées fallacieuses pour justifier l’augmentation vertigineuse des prix des médicaments, des vaccins et des tests de dépistage, comme une nécessité et un fait inévitable, au détriment de la vie des personnes.

    Aujourd’hui, le marché ne fournit toujours pas de médicaments abordables - et pourtant d’une importance vitale - aux populations des pays en développement. Les équipes MSF continuent de voir des patients mourir, car ils ne peuvent pas se payer les traitements qui pourraient leur sauver la vie.
     

    2) Les patients n’obtiennent pas toujours le traitement dont ils ont besoin pour rester en vie et en bonne santé

    Aujourd’hui, dans un pays comme le Luxembourg, les enfants n’attrapent généralement plus de pneumonie, car ils sont vaccinés par le vaccin pédiatrique. Mais la pneumonie reste la principale cause de mort infantile dans le monde. Il y a un tel écart entre ces deux réalités… Des millions d’enfants dans le monde restent exposés à la pneumonie en raison de la tarification abusive des sociétés pharmaceutiques qui le produisent.

    À l'échelle mondiale, plus d’un quart des décès chez les enfants de moins de cinq ans est dû à la pneumonie, soit près d'un million d’enfants morts chaque année. L'infection à pneumocoque et les décès qui en résultent chez les enfants peuvent être empêchés par le PCV, un vaccin contre le pneumocoque. Pourtant, près d’un tiers des pays de la planète ne sont pas en mesure d’introduire le vaccin, en grande partie à cause de son prix élevé.

    3) Donner la priorité à la santé plutôt qu’au profit

    En 1999, MSF a créé l’Access Campaign (Campagne pour l’accès aux médicaments essentiels ou CAME) pour lutter contre les obstacles politiques et juridiques entravant l’accès de nos bénéficiaires aux traitements, dans les communautés où nous travaillons et au-delà.

    Depuis sa création, la CAME a mis en œuvre de nombreuses campagnes sur des thématiques aussi variées et importantes que l’accès aux traitements antirétroviraux (ARV), les médicaments antituberculeux, contre l’hépatite C, la lutte contre les extensions abusives de brevets...

    Le slogan pionnier de la CAME « Les médicaments ne devraient pas être un luxe » reste plus pertinent que jamais. En effet, la crise de l'accès aux médicaments et à l'innovation est véritablement mondiale. Un grand nombre des nouveaux médicaments, vaccins et produits de diagnostic dont les équipes MSF ont besoin restent toujours hors de portée en raison des prix élevés, ou ne sont pas en cours de développement,  car l’industrie pharmaceutique donne la priorité au profit plutôt qu’à la santé des patients.
     

    4) Le prix exorbitant des traitements n’est pas une fatalité

    Grâce à la concurrence, l’introduction des médicaments génériques a fait chuter le prix des antirétroviraux utilisés dans le traitement du VIH/sida, qui est passé de 10 000 dollars par patient par an en 2000 à moins de 100 dollars aujourd’hui. Cette réduction spectaculaire des prix a permis à 26 millions de personnes à travers le monde de bénéficier d’un traitement contre le VIH.

    Aujourd’hui, les principaux progrès observés dans la lutte contre le VIH/sida ont été réalisés dans des pays à faibles ressources. L’introduction des traitements antirétroviraux (ARV) dans les années 2000 a été, à lui seul, le facteur le plus important d’accroissement de l’espérance de vie moyenne dans toute l’Afrique australe. C’est dire l’importance du coût des ARV pour pouvoir offrir des traitements quotidiens aux patients qui en ont besoin.

    Chaque personne – peu importe où elle vit – a le droit de se prévaloir du traitement qui pourra lui sauver la vie. La lutte continue pour garantir cet accès, car le VIH reste l’une des principales causes de décès dans certains pays, comme la République centrafricaine. Et aussi parce que les enfants et adolescents vivant avec le VIH sont particulièrement vulnérables à la stigmatisation et au fardeau de la maladie.
     

    5) Ne pas reproduire la tragédie de l’épidémie de VIH/sida avec la pandémie de Covid-19

    Il y a 20 ans, les monopoles sur les traitements vitaux contre l’épidémie de VIH/sida ont permis aux habitants des pays à haut revenu d'avoir accès aux médicaments contre le VIH, mais, en même temps, des millions de personnes étaient abandonnées à leur sort dans les pays en développement.

    Aujourd’hui, les brevets et monopoles autorisent les sociétés pharmaceutiques à déterminer unilatéralement la production de vaccins, de médicaments ou d'équipements médicaux relatifs au Covid-19, ainsi qu'à déterminer qui a accès à un vaccin, un médicament ou un équipement médical, quand, et à quel prix.

    MSF appelle les gouvernements à soutenir la demande, formulée par l’Inde et l’Afrique du Sud en octobre, de renoncer exceptionnellement aux droits de propriété intellectuelle durant la pandémie de Covid-19, afin de rendre accessibles et abordables les produits médicaux contre le Covid-19 pour tous ceux qui en ont besoin.

    La santé publique doit prévaloir sur les intérêts des entreprises pharmaceutiques, particulièrement en cette période critique pour la santé mondiale pendant la pandémie de Covid-19.


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