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Les restes brûlés des bâtiments de Batangafo après les violents affrontements d’octobre et novembre qui ont forcé des milliers de personnes à trouver refuge dans l’enceinte de l’hôpital MSF. Novembre 2018. RCA. © MSF/Helena Cardellach

République centrafricaine

5 000 personnes toujours réfugiées dans un hôpital géré par MSF

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Les combats qui ont opposé deux groupes armés à Batangafo, au Nord de la République centrafricaine à la fin du mois d’octobre, ont poussé plus de 10 000 personnes à trouver refuge à l’hôpital de la ville. Actuellement, plus de 5 000 personnes sont toujours sur place et se trouvent dans une situation d’extrême précarité, après avoir tout perdu dans les incendies qui ont ravagé leurs habitations. Malgré une relative accalmie, la situation reste excessivement tendue.

    « Tout à commencé dans la journée de mercredi 31 octobre 2018. On a reçu à l’hôpital un blessé issu de l’un des deux groupes armés qui contrôlent la ville. C’est à la suite de cet incident que se sont déclenchés de violents affrontements, ce qui a fini par détruire une grande partie de la ville de Batangafo, »  se remémore Helena Cardellach, la coordinatrice terrain de MSF à Batangafo, encore sous l’émotion.

    En guise de représailles, l’un des groupes armés a attaqué trois camps de déplacés et a tout incendié sur son passage. L’hôpital de Batangafo géré par MSF a pris en charge dans la foulée une vingtaine de victimes dont certains blessés par balles et d’autres souffrant de graves brûlures. 

    C’étaient des scènes d’horreur. On a vu des centaines de ménages en flamme. C’était affreux. Toutes les habitations ont été brûlées, le marché... jusqu’au presbytère. Il y a encore l’odeur des cendres.
    Helena Cardellach, coordinatrice terrain de MSF à Batangafo

    Les milliers de déplacés qui ont tout perdu, vivent aujourd’hui dans une situation d’extrême précarité. « On parle de populations qui n’ont plus rien, et qui vivent aujourd’hui dans des conditions d’hygiène très déplorables, » remarque la coordinatrice terrain. Avec un accès limité aux soins de santé, cette population fait face à de graves risques de paludisme, de diarrhée, d'infections et d'épidémies. MSF procède actuellement à une intervention d'urgence en mettant en place des installations supplémentaires d'approvisionnement en eau à l'hôpital afin de garantir un niveau minimum d'hygiène aux personnes déplacées. MSF reste particulièrement préoccupée par l'accès aux soins de santé des populations qui ont fui vers la périphérie et dans la brousse.

    Batangafo est pour le moment une ville fantôme. Le matin, quand il y a un peu d’accalmie, les gens sortent de leur refuge à l’hôpital, pour aller récupérer le peu de choses qui leur restent, et retournent le soir à l’hôpital. Ce sont des scènes de désolation. La protection de la population doit être assurée.
    Helena Cardellach, coordinatrice terrain de MSF à Batangafo

    La population centrafricaine paie un lourd tribut de ce conflit avec plus de 570 000 réfugiés dans les pays limitrophes et près de 690 000 personnes déplacées interne sur une population d'environ 4,5 millions d'habitants. 
     

    Photo principale: les restes brûlés des bâtiments de Batangafo après les violents affrontements d’octobre et novembre qui ont forcé des milliers de personnes à trouver refuge dans l’enceinte de l’hôpital MSF. Novembre 2018. RCA. © MSF/Helena Cardellach