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Syrie

«Beaucoup d'enfants ne sont pas vaccinés depuis des années»

Témoignages 
Témoignage du Dr Mohammed Ya'akoub, membre de l’équipe médicale mobile de MSF à Idlib, en Syrie.

    Témoignage recueilli le 19 janvier 2018

    Aujourd'hui nous avons visité le camp d'Al-Rahman, près de la frontière turque, où 44 familles nouvellement déplacées sont récemment arrivées, s'ajoutant aux soixante-dix autres familles déjà sur place.

    Trouver un abri, ou le partager

    Certaines de ces familles ont réussi à transporter leurs biens, mais d'autres sont arrivées les mains vides. Lorsqu'elles visitent la clinique, la plupart de ces personnes sont tristes et ne disent pas grand-chose, demandant seulement quand elles pourront rentrer chez elles. D’autres se plaignent du coût élevé de la location de terres pour trouver un abri, ainsi que du manque de tentes.

    Au maximum de ses capacités, le camp abrite soixante-dix familles. À présent, il en compte plus de cent. Certains des nouveaux arrivants ont apporté leurs tentes avec eux, d'autres en reçoivent de la part d’organisations humanitaires, mais beaucoup sont dans l'obligation de la partager.

    La situation médicale est réellement difficile

    Les infections des voies respiratoires sont très fréquentes. Certaines familles ont voyagé pendant plus d'une semaine avant d'arriver au camp d’Al-Rahman, et ont campé au bord de la route, à l'air libre.

    Atteints de maladies chroniques, de nombreux patients n'ont pas pris leurs médicaments depuis un mois. Nous avons eu beaucoup de cas de personnes atteintes de diabète et d'hypertension artérielle, ainsi que des enfants qui n'avaient pas été vaccinés depuis des années.

    L'hôpital le plus proche de la région se trouve à 10 km mais il n’est pas facile d’accès.

    En réponse à cette situation, MSF a fourni des médicaments aux personnes atteintes de maladies chroniques, des premières doses de vaccins pour les femmes enceintes et les enfants, et des premiers soins comme le changement de pansements des blessés. L'hôpital le plus proche de la région se trouve à 10 km, mais il n’est pas facile d’accès. Les réfugiés ne peuvent pas se permettre le coût du transport pour s’y rendre, c’est pourquoi les cliniques mobiles sont essentielles. 

    Image principale: plus de 212 000 Syriens ont fui leur foyer en raison de l'intensification des frappes aériennes dans le nord-ouest de la Syrie. © Omar Haj Kadour/MSF