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Grèce, Liban, Nauru

Décembre - santé mentale

 

    Parmi les différents pays où MSF intervient – en fournissant une assistance médicale aux personnes touchées par des conflits, des épidémies, des catastrophes ou par l’exclusion aux soins de santé – nous rencontrons des personnes atteintes de maladie mentale ou confrontées à des situations de détresse, telles que la violence ou l’exil.

    D’après le rapport intitulé « Indefinite Despair », sorti le 3 décembre 2018, les problèmes en santé mentale à Nauru comptent parmi les plus graves jamais enregistrés par MSF dans le monde, y compris dans le cadre de projets de prise en charge des victimes de torture.

    Et ce n’est pourtant pas le seul pays où MSF intervient sur ce volet, non négligeable, de la santé humaine : Palestine, Tchad, Soudan du Sud, Niger, Belgique, Grèce, Irak, Egypte, Ukraine, Yémen, RDC, Ouganda, Nigéria, Bosnie, Bangladesh, Liban, Mauritanie, Indonésie, République centrafricaine, Amérique centrale… aucun continent n’est épargné et autant de populations qui souffrent de blessures invisibles. En 2018, MSF est intervenue dans le domaine de la santé mentale dans chacun de ces pays.

    Les soins de santé mentale que nous dispensons visent principalement à réduire les symptômes des patients et à améliorer leur capacité à gérer une période difficile, de manière à ce qu’ils puissent continuer à vivre leur vie. 

    Nous avons été particulièrement choqués par les nombreux enfants atteints du syndrome de sevrage traumatique [à Nauru], leur état s’est détérioré au point d’être incapable de manger, de boire ou même d’aller aux toilettes. Nos patients décrivent souvent leur situation comme étant bien pire que la prison, car en prison vous savez quand vous pouvez sortir. 
    Dr Beth O’Connor, psychiatre chez MSF


    LuxOR - Fournir des soins de santé mentale de qualité aux réfugiés et aux migrants

    Les migrants et les réfugiés qui rejoignent l’Europe souffrent bien souvent de graves troubles mentaux et ont besoin de conseils ou d'un traitement spécifique. Les difficultés du périple, le déplacement prolongé et les conditions de vie inadaptées au sein des camps ou des centres d’accueil installés sur les frontières européennes ou dans les pays de destination sont autant de sources potentielles de troubles mentaux. L’unité de recherche opérationnelle LuxOR de MSF a contribué à un ensemble d'études qualitatives portant sur les risques associés et sur les besoins thérapeutiques. En Grèce, une étude menée sur l’île de Lesbos a révélé qu’outre les humiliations qui leur sont infligées, les réfugiés vivant dans des camps surpeuplés souffrent de mauvais traitements réguliers ainsi que de stress traumatique permanent, et n’ont pas accès à des services de santé mentale adaptés. Au Liban, une équipe de chercheurs a étudié la façon dont les expériences des réfugiés influencent les dynamiques familiales et les rôles attribués aux femmes et aux hommes. En Suède, un rapport a évalué les lacunes au niveau des soins de santé mentale et à celui du soutien psychosocial aux demandeurs d’asile dans les pays européens de destination. Ce qu’il faut éviter dans les centres d'accueil pour migrants, c’est que les gens ne se retrouvent dans un isolement total.

    Photo principale : les conditions de vie inadaptées dans le camp de réfugiés de Moria, sur l’île de Lesbos, entraînent de graves troubles mentaux chez les réfugiés et les migrants. Grèce, mai 2018. © Robin Hammond/Witness Change