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"Vos barrières tuent, laissez passer !"

Communiqués de presse 
Il y a plus de 60 millions de déplacés de par le monde. Ces millions de personnes fuient la guerre, l'oppression, les actes de torture, la pauvreté, les persécutions et les violations des droits de l'Homme. Toutes ces personnes ont une histoire personnelle et différente à raconter sur les raisons qui les ont poussées à fuir leur foyer, leur pays.

    Des milliers d’entre eux – ce qui ne représente cependant qu’un faible pourcentage du total des déplacés - vont jusqu’à mettre leur vie et celle de leur famille en danger pour atteindre l'Europe. Selon l’UNCHR, depuis le début de cette année, plus de 300 000 réfugiés et migrants ont déjà emprunté des voies maritimes périlleuses en Méditerranée, avec près de 200 000 d'entre eux ayant rejoint la Grèce et quelque 110 000 l'Italie. Plus de  2 500 personnes ont péri en mer cette année durant leur tentative de rejoindre l'Europe. Même si on ne connaîtra jamais le nombre exact de personnes qui ont perdu leur vie en traversant la Méditerranée. Ils viennent de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak pour la plupart arrivant en Grèce, mais aussi de Libye, du Soudan, de la Somalie, du Nigéria, de la Gambie, de l’Erythrée pour la plupart arrivant en Italie. « Dans ce voyage désespéré pour atteindre un lieu sûr pour continuer à vivre, il y a trop de catastrophes, trop de misères et beaucoup trop de situations inhumaines et inacceptables. Chacun doit maintenant prendre ses responsabilités », insiste Paul Delaunois, Directeur général de MSF Luxembourg.

    Ils connaissent les dangers, mais ils prennent le risque. Ils nous racontent qu’ils préfèrent se noyer en route vers la sécurité et la liberté plutôt que de rester dans leur pays d’origine où leur vie ne vaut pas la peine d’être vécue, précise Paul Delaunois.

    En tant qu'organisation humanitaire médicale d'urgence, MSF a déployé 3 bateaux d’opérations de secours et de sauvetages en mer Méditerranée qui nous ont permis de sauver plus 15 000 personnes depuis début mai. Plusieurs projets d’assistance médicale et de systèmes de réception sont en cours dans les principaux pays d’accueil : Italie, Grèce, République de Macédoine, Serbie, Bulgarie, Hongrie.

    "Pour MSF, quand les gens ont besoin de soins médicaux, de nourriture, d’eau, d’un abri, ils doivent bénéficier de cette aide. Et quand leur embarcation fait naufrage en Méditerranée, ils doivent être secourus", ajoute Paul Delaunois.

    Nos équipes que ce soit en mer à bord du MY Phoenix, du Bourbons Argos et du Dignity I, ou sur les côtes méditerranéennes en Italie et en Grèce et sur la route des Balkans n’auront d’autre choix que de continuer leur travail tant que la situation n’aura pas été gérée de manière humaine et adéquate par les autorités européennes.

    Notre action ne fait toutefois que combler des lacunes, dont sont comptables des Etats réticents ou incapables d’assumer leurs responsabilités, déclare le Dr Joanne Liu, Présidente Internationale de MSF.

    Le Conseil européen du 14 septembre sous Présidence luxembourgeoise doit répondre de manière adaptée à la crise humanitaire et politique à laquelle est confrontée l’Europe. Alors que les Sommets précédents ont jusqu’ici échoué. Certaines mesures ont même aggravés la situation : barrières et empreintes digitales ne font qu’inciter les gens à opter pour des itinéraires clandestins toujours plus dangereux.

     



    Dans une lettre ouverte adressée aux Ministres européens, MSF réclame de mettre fin aux politiques migratoires restrictives et dissuasives, dont les conséquences humaines catastrophiques s’étendent désormais sur les plages, aux frontières, dans les gares et sur les routes d’Europe.

    L’organisation humanitaire appelle les gouvernements européens à assurer la sécurité de tous ceux qui veulent entrer en Europe.

    Concernant les demandeurs de protection internationale, MSF insiste sur la responsabilité des Etats membres à assumer pleinement toutes leurs obligations, notamment en les autorisant à franchir légalement les frontières maritimes et terrestres de l’UE. Compte tenu de cette crise humanitaire exceptionnelle, MSF revendique en plus, la mise en place de règles claires pour permettre aux demandeurs d’asile de changer de pays au sein de l’UE.

    Les tragédies en mer continueront à se produire tant que les gens tenteront désespérément de rejoindre l’Europe. Il faut que l’Union Européenne se dote de voies sûres et légales pour que les gens puissent venir en Europe sans avoir à risquer leur vie au cours du voyage. Il faut que l’Europe améliore immédiatement les conditions de réception de toutes ces personnes afin de respecter la dignité humaine.

    Aujourd’hui, le Dr Guy Berchem, Président de MSF Luxembourg a remis la lettre ouverte et un gilet de sauvetage appartenant à l’une des 15.000 personnes secourues en mer par MSF à M. Xavier Bettel, Premier ministre en charge de la Présidence du Conseil de l’Union européenne.

    La présidence luxembourgeoise n’est pas une présidence facile: car le problème des migrants est un problème de solidarité, qui n’est qu’à sens unique pour certaines personnes. J’aimerais surtout garder de la sérénité dans ce débat. J’ai effectivement beaucoup de problèmes avec certains hommes politiques, qui ne se réfèrent plus aux valeurs humaines qui sont au fondement de toute société. Nous nous devons de comprendre les peurs des populations et de les respecter. Mais nous devons essayer de trouver ensemble, avec la population, des solutions car il ne faut pas oublier qu’à terme, le but est l’intégration , a déclaré Xavier Bettel.