Personnes déplacées dans le camp d’Al Mina Al Muwahad à El Obeid, Soudan. Décembre, 2025 © ABDULMONAM EASSA
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MSF lance une réponse d’urgence à El Obeid, près de l’un des fronts les plus actifs du Soudan

Le vendredi 13 février 2026

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Les équipes de Médecins Sans Frontières (MSF) ont lancé des activités d’approvisionnement en eau et d’assainissement dans le principal camp de personnes déplacées d’El Obeid, capitale de l’État du Kordofan du Nord, et sont prêtes à étendre leurs activités de soins médicaux tant dans la ville que dans d’autres zones de la région du Kordofan.

Au Soudan, la violence continue de s’étendre et la région du Kordofan, située dans le centre-sud du pays, demeure l’une des zones de conflit les plus instables et actives. C’est également l’une des régions les moins accessibles pour les organisations humanitaires. Au cœur de cette vaste zone, la ville d’El Obeid, capitale du Kordofan du Nord, est devenue un important lieu de refuge pour les familles déplacées fuyant la violence. 

Les conditions de vie y sont extrêmement précaires : l’accès aux soins médicaux est limité, l’eau potable manque et les installations d’assainissement sont insuffisantes pour répondre à des besoins en forte augmentation.

Face à cette situation, MSF a lancé des activités d’urgence à El Obeid à la fin du mois de janvier. Dans cette première phase, la réponse se concentre sur l’amélioration des services d’eau et d’assainissement dans le principal site d’accueil des personnes déplacées de la ville.

« El Obeid a perdu beaucoup de ses habitants, mais accueille aujourd’hui des dizaines de milliers de personnes déplacées qui s’y sont installées à différents moments de la guerre », explique Al Tayeb Mahmoud Mahammed, coordinateur de MSF à El Obeid. 

Avec le front de combat à moins de 40 kilomètres, la ville continue de recevoir de nouveaux arrivants presque quotidiennement. Les personnes qui arrivent sont profondément effrayées à mesure que les combats se rapprochent. Malgré cela, elles se sentent plus en sécurité qu’aux endroits qu’elles ont quittés, où elles étaient exposées à la violence, aux pillages et aux agressions. »

Un membre du personnel de MSF s'entretient avec une femme à Al Mina Al Muwahad, le plus grand camp de déplacés près de la ville d'El Obeid, qui accueille environ 25 000 personnes. Soudan, février, 2026 © MSF

Al Mina Al Muwahad, le principal site d’accueil de personnes déplacées d’El Obeid, abritait environ 25 000 personnes à la fin janvier 2026, selon l’évaluation de MSF. 

Sur place, MSF a constaté un manque alarmant de services pour la population qui y vit. Les conditions d’assainissement sont gravement insuffisantes : par moments, jusqu’à 500 personnes partagent une seule latrine. De plus, l’accès à l’eau potable est extrêmement limité, avec seulement trois litres par personne et par jour. Cela accroît fortement le risque d’épidémies, touchant particulièrement les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées.

MSF renforce les services d’eau et d’assainissement dans le camp par la construction de latrines supplémentaires, l’installation de réservoirs d’eau et le soutien à la surveillance communautaire des maladies et de la nutrition par des volontaires de santé communautaire du ministère de la Santé. Étant donné que les besoins de la population dépassent largement les capacités d’un système de santé déjà fragile, MSF se coordonne avec les autorités locales pour soutenir la prestation des soins médicaux à la fois dans le camp et à l’hôpital universitaire d’El Obeid.

La réponse actuelle de MSF à El Obeid intervient après des mois de discussions avec les autorités locales et fédérales afin d’obtenir l’accès à la ville. En juillet 2025, MSF avait lancé une réponse à distance pour soutenir le ministère de la Santé par des formations et des conseils techniques lors d’une flambée de choléra, et en septembre dernier avait identifié d’importants besoins humanitaires — ainsi que des cas de rougeole et de choléra — lors d’une évaluation sur le terrain.

 Alors que les combats se poursuivent et que les déplacements augmentent, les besoins humanitaires dans tout le Soudan restent immenses et largement insatisfaits », souligne Marta Cazorla, coordinatrice générale de MSF dans l’est du Soudan. 

« Nous apprécions de pouvoir enfin être présents et opérationnels à El Obeid, ce qui n’était pas possible durant une grande partie du conflit en raison des restrictions d’accès. »

« Cette réponse constitue une étape fondamentale, mais une assistance beaucoup plus importante est nécessaire de toute urgence pour éviter de nouvelles pertes de vies humaines et la dégradation de la dignité des populations. 

Les équipes de MSF sont prêtes et les fournitures disponibles pour étendre la réponse à El Obeid, ainsi que pour évaluer et intervenir dans d’autres zones du Kordofan à mesure que les besoins évoluent et que l’accès le permet. À ce moment, par exemple, nous disposons d’équipes prêtes à fournir des soins médicaux au Kordofan du Sud », ajoute Cazorla.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations, depuis le début du conflit au Soudan le 15 avril 2023, plus de 15 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer, dont 11,5 millions déplacées à l’intérieur du pays et environ 4 millions ayant franchi les frontières au plus fort de la crise. 

MSF gère ou soutient 20 hôpitaux et 16 centres de santé au Soudan. Ses équipes médicales fournissent des soins chirurgicaux, le traitement des blessures, de la physiothérapie, des services de maternité, des soins en nutrition et en pédiatrie, des soins de santé généraux, des campagnes de vaccination de routine et d’urgence, ainsi qu’un soutien en santé mentale dans huit des 18 États du pays.

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