Busime (à gauche) est assise avec sa fille Gisele, âgée de trois ans, qui souffre du choléra et est soignée à l'hôpital général de Sangé, dans la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo
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Sud-Kivu : À Sangé, MSF répond à l'épidémie de choléra la plus forte dans la zone depuis 5 ans

Le mercredi 18 février 2026

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Après 8 semaines d'intervention d'urgence de Médecins Sans Frontières à Sangé, dans la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République Démocratique du Congo, le nombre de malades du choléra a baissé de 90 %. 

Cette épidémie - la plus sévère dans la zone depuis 5 ans - est due au dysfonctionnement des points de captage d'eau lié aux problèmes d'accès, et à un système de santé fragile dans la zone. L'épidémie est aussi accentuée par les mouvements massifs de populations qui fuient les affrontements entre l'armée congolaise alliée aux Wazalendo et l'AFC/M23.

En plein milieu de la nuit, j’ai eu des douleurs atroces au ventre suivies de vomissements et de diarrhée. Quand j’ai vu que mon état s’aggravait, j’ai alerté les voisins qui m’ont aidé à payer la moto pour m’acheminer ici à l’hôpital. » 

Tanishaka, un agriculteur de 48 ans qui fait partie des plus de 800 personnes contaminées par le choléra et prises en charge par MSF à Sangé.

Tanishaka, un agriculteur de 48 ans, qui fait partie des plus de 800 personnes infectées par le choléra. Il est soigné par MSF au centre de traitement du choléra de l'hôpital de Sangé, dans la province du Sud-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo.

Difficultés d'accès aux points de captage de l'eau potable

Dans cette ville, depuis plusieurs mois, l'eau potable du robinet ne coule plus dans les foyers. En cause, les deux principaux points de captage d'eau qui ne fonctionnent plus correctement et sont devenus inaccessibles. 

En raison de la présence de groupes armés, il était impossible pour la population d'accéder à ces points de captage d'eau, dont le système de filtrage est obstrué par le sable et la terre. Les habitants étaient donc privés d'eau potable », explique Mamadu Diallo, responsable médical MSF de l'équipe d'urgence.

La plupart des habitants n'ont donc pas eu d'autre choix que de boire l'eau impropre de la rivière ou l’eau du canal d’irrigation, comme l'explique Busime, la mère de Gisele, trois ans, malade du choléra et soignée à l’hôpital général de Sangé. 

C’est une eau sale, qui n’est pas traitée, mais par manque d’eau nous la consommons car nous n’avons pas d’autre solution. Ma fille s'est rapidement déshydratée, elle restait couchée et n’arrivait même plus à se relever, après être allée aux toilettes à répétition », confie-t-elle. 

50 points de chloration d'eau installés par MSF

Pour répondre à l'épidémie, MSF appuie le centre de traitement de choléra de l’hôpital général de Sangé et le Centre de santé de Ndunda, en périphérie de la ville. Au total, MSF a mis en place plus de 50 points de chloration de l'eau dans la zone de santé de Ruzizi.

MSF collabore avec la communauté pour l'appuyer dans le nettoyage des points de captage de l'eau. À terme, l'eau sera à nouveau filtrée et chlorée. 

Le libre accès aux points de captage de l'eau potable est le problème majeur dans la zone, c'est ce qu'il faut solutionner en priorité” explique Edwige BAGULA, coordinatrice médicale MSF.

Après 8 semaines d'intervention de l'équipe d'urgence de MSF, le nombre de cas de choléra a baissé de 90 % et l'épidémie est sous contrôle.

Les mouvements constants de population causés par le conflit amènent dans la zone des personnes qui n'ont jamais été sensibilisées aux gestes de prévention du choléra” souligne Elisé Wilondja, superviseur promotion santé MSF. 

Alors pour anticiper au maximum toute reprise de la maladie dans cette zone endémique du choléra, MSF sensibilise les relais communautaires à appliquer les mesures d'hygiène de prévention et à repérer les signes de la maladie. La population est aussi formée à laver correctement les bidons d'eau qui peuvent être contaminés. 

À Sangé, dans la province du Sud-Kivu, à l'est de la République démocratique du Congo, les membres de la communauté nettoient les points de collecte d'eau.
Séance de sensibilisation des patients aux bonnes pratiques d'hygiène pour prévenir le choléra, au centre de traitement du choléra de l'hôpital général de Sangé, dans la province du Sud-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo.

L'épidémie de choléra la plus grave depuis 5 ans

Avec plus de 800 personnes prises en charge, il s'agit de l'épidémie de choléra la plus grave en 5 ans dans la zone de santé de Ruzizi.

L'épidémie a été aggravée par les mouvements constants de populations qui fuient les affrontements réguliers entre l'armée congolaise (FARDC), leurs alliés Wazalendo  et le groupe armé AFC/M23. 

Aux côtés de Gisèle, sa petite fille malade, Busimé en témoigne. 

J’avais fui la guerre dans le village de Kigurwe  et je suis rentrée à Sangé il y a un mois car mes enfants n’arrivaient pas à s’adapter. »

Dans l'hôpital de Sangé,  Nakitula, une agricultrice de 25 ans atteinte du choléra, raconte la même trajectoire. 

J’avais fui Sangé vers la localité de Kahungwe, dans la zone de santé de Lemera. Mais comme je n’avais pas de champ à cultiver ni de moyen de subsistance là-bas, je suis rentrée, les conditions de vie devenaient de plus en plus difficiles. Actuellement, pour survivre et manger, je fais des travaux au jour le jour. »

Ces déplacements favorisent la propagation du choléra, car les personnes sont contraintes de vivre dans des conditions de proximité et parfois d'insalubrité, dans des familles d'accueil, et sans accès à l'eau potable.

Fin janvier, après une explosion dans la ville ayant fait plusieurs morts et une dizaine de blessés, l'équipe d'urgence de MSF a dû évacuer Sangé pour des raisons de sécurité. Mais elle continue d'assurer ses activités à distance jusqu'en mi-février.

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