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Bilan de l’année 2017

Communiqués de presse 
Au cours de l’année 2017, les équipes MSF sont intervenues dans 72 pays, dans lesquels elles ont développé 463 projets médicaux et humanitaires. L’organisation a réalisé notamment 10 725 800 consultations médicales ambulatoires et hospitalisé plus de 824 000 patients.

    Les urgences de 2017

    L’année 2017 a été marquée notamment par 3 urgences majeures : la crise des réfugiés Rohingyas au Bangladesh, l’épidémie de choléra au Yémen, un pays déjà ravagé par 3 années de conflit, ainsi que la bataille de Mossoul en Irak.

    À partir du 25 août, les Rohingyas ont été pris pour cibles par l’armée birmane, la police et des milices locales dans l’État de Rakhine au Myanmar. Suite à cette violence, près de 693 000 Rohingyas ont fui le pays vers le Bangladesh. MSF a considérablement accru sa présence dans la région, avec des opérations élargies couvrant l'accès à l’eau potable, l'assainissement et les activités médicales pour la population réfugiée. Dans ce contexte de forte densification, le risque de propagation d’une épidémie reste toujours élevé.

    Au Yémen, la poursuite des combats depuis 3 ans a créé une urgence humanitaire pour 11,3 millions de personnes. D’avril 2017 à février 2018, plus d’un million de cas suspects de choléra ont été identifiés. 2 258 morts ont été enregistrés. MSF a admis plus de 100 000 patients dans 37 Centres de Traitement du Choléra. Les enfants de moins de 15 ans représentaient près de 40% des cas suspects identifiés et environ un quart des décès. En décembre, une nouvelle épidémie, de diphtérie cette fois, survient. Dans ce pays où le système de santé s’est effondré, les épidémies se succèdent les unes après les autres.

    D’octobre 2016 à juillet 2017, Mossoul, deuxième ville d’Irak, a été le théâtre d’une lutte acharnée pour reprendre le contrôle de la ville à l’État islamique (EI), entraînant un impact dévastateur sur les civils. De nombreux civils ont été tués ou blessés dans la ville ou au cours de leur fuite, par des explosions, des bombardements ou des tirs. Les équipes MSF ont travaillé sans relâche, à proximité de la ligne de front, pour fournir des services de traumatologie aux victimes de cette violence.

    MSF a aussi apporté son soutien aux populations les plus vulnérables dans de nombreux autres contextes tels que le conflit au Nigéria, la recrudescence des violences en République centrafricaine, l’afflux de réfugiés au Liban, pour ne citer que ces exemples. MSF dispense de l’aide en fonction de l’évaluation des besoins médicaux des populations et sans distinction de race, de religion, de sexe ou d’appartenance politique.

    Politiques migratoires : l’externalisation des frontières de l’Europe

    En 2017, MSF a continué à dénoncer les conséquences humaines des politiques migratoires européennes qui visent à stopper le flux de migrants en externalisant les frontières de l’Europe, quelles que soient les effets dévastateurs sur les vies et la santé de milliers de personnes. MSF est particulièrement choquée par la collaboration entre l’UE et les gardes côtes libyens qui forcent des centaines d’hommes, de femmes, de mineurs et de jeunes enfants à retourner vivre dans des conditions inhumaines dans les centres de détentions où ils sont privés de toute dignité et subissent quotidiennement des mauvais traitements (travail forcé, enlèvement et torture, violences sexuelles, humiliations et privations).

    Lorsque les pays européens considèrent que la souffrance de milliers de personnes est le prix à payer pour le contrôle de ses frontières, c’est l’Europe elle-même qui renonce à ses propres valeurs en investissant dans des solutions qui produisent de la violence extrême à l’encontre d’êtres humains abandonnés de toute forme de protection.

    Activités MSF Luxembourg

    Aujourd’hui, 24 salariés travaillent au sein de l’association pour sensibiliser la population luxembourgeoise aux problématiques humanitaires, collecter les fonds nécessaires aux financements des interventions et encadrer les volontaires MSF qui partent sur le terrain, ainsi que dans la mise en œuvre de dizaines d’études de recherche opérationnelle conduite par son unité LuxOR.

    En 2017, LuxOR (L'unité de recherche opérationnelle basée à Luxembourg) a continué à soutenir plus de 60 projets d’aide médicale et humanitaire grâce à la recherche. Les membres de l'équipe LuxOR se sont rendus dans 11 pays différents pour soutenir la collecte et l'analyse des données sur le terrain et répondre aux épidémies de maladies infectieuses. Pour renforcer les capacités de recherche, l'unité a appuyé cinq programmes de formations dédiés à la recherche opérationnelle en Éthiopie, en Inde, au Kenya, en Afrique du Sud et au Sri Lanka, ainsi qu'un cours spécialisé sur les questions d'eau, d'assainissement et d'hygiène organisé au Luxembourg. En collaboration avec des collègues du département médical de Bruxelles, LuxOR a contribué à la publication de 99 articles scientifiques dans des revues scientifiques de renom, couvrant 15 domaines thématiques.

    Rapport annuel LuxOR (en anglais)

    L’association luxembourgeoise rassemble également 99 membres, 57 bénévoles, 9 membres du Conseil d’Administration et plus de 25 000 donateurs actifs qui permettent à MSF de poursuivre sa mission.

    Le soutien de nos donateurs

    Grâce à la générosité d’une partie toujours plus importante de la population luxembourgeoise, MSF peut remplir ses missions. En 2017, les donateurs du Luxembourg ont soutenu les activités de MSF à hauteur de 6,5 millions d’euros. Nous les remercions de leur générosité qui nous permet de préserver notre indépendance et de continuer à soigner là où les besoins sont les plus importants.

    «La volonté de faire progresser l’accès aux soins des plus vulnérables, dans des contextes où la survie des populations dépend directement de l’aide humanitaire que nous apportons, reste intacte, quelles que soient les difficultés rencontrées. Que ce soit aujourd’hui, hier ou demain, nous nous refusons à abandonner ceux qui ont besoin d’une aide médicale humanitaire, neutre, impartiale et indépendante. 95% du financement des missions que nous menons provient de donateurs privés ; nous avons besoin du soutien constant de la population luxembourgeoise», conclut le Dr Guy Berchem, Président de MSF Luxembourg.

    RAPPORT D'ACTIVITÉ 2017 MSF LUXEMBOURG

    Rapport d'activités international 2017

    Image principale : un garçon Rohingya blessé est assis sur son lit dans le centre médical de MSF à Kutupalong, au Bangladesh. © Antonio Faccilongo