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RD Congo

Un an après leur arrivée les besoins de milliers de déplacés ne sont pas encore couverts

Camp de réfugiés internes de Godol dans le nord de la RDC. Décembre 2018. © MSF
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À Nizi, dans le territoire de Djugu au nord-est de la RDC, 10 000 personnes déplacées vivent toujours dans des conditions précaires, une année après leur arrivée sur place. Ils avaient fui la résurgence des violences intercommunautaires dans la région, à la fin 2017.

    Devant la hutte de paille d’Innocent, dans le site de déplacés de Limani, un attroupement s’est formé. « Je ne sais pas comment on va finir si cela continue comme ça. Les enfants souffrent, parce qu’ils ne mangent pas. Le manque de nourriture impacte la santé ! », s’exclame Melchior. « Cela fait bientôt un an que nous sommes ici. Nous avons des mauvaises conditions de vie, pas d’assiette, pas de bidon permettant de transporter suffisamment d’eau, les champs aux alentours ont déjà été cultivés et nous sommes nombreux, il faut donc aller très loin pour trouver du travail pour un salaire de seulement 1 000 ou 500 francs (l’équivalent de 26-53 centimes d'euros) », s’exclame à son tour Espérance. 

    Au site de Tsé Lowi, à quelques kilomètres de là, la situation n’est pas meilleure : des sacs plastiques abimés ou des sacs provenant d’anciennes distributions de nourriture ont été rajoutés pour tenter de protéger certaines des habitations de fortune des intempéries. « Cela aide un peu, mais dans la plupart des huttes, il y a des infiltrations. Certaines n’ont aucune protection », constate Mambo, un habitant du campement.

    Il n’y a pas de bâche, pas de vivre, pas de latrine, une seule source d’eau éloignée et dont le débit est très faible, on vit péniblement, les gens sont préoccupés pour chercher de quoi manger.
    Joachim, déplacé interne

    C’est en février 2018 que Melchior, Espérance et Joachim ont construit leurs logements de fortune à Limani et Tsé Lowi, fuyant la résurgence des violences intercommunautaires dans le territoire de Djugu, dans la province d’Ituri. Des villages entiers avaient alors été brûlés, provoquant le déplacement de plusieurs dizaines de milliers de personnes.

    13 autres sites similaires regroupant au total environ 10 000 déplacés sont répartis dans la seule région de Nizi. L’ensemble du territoire de Djugu en compterait 26 et deux sites regroupent 8 700 personnes dans la ville de Bunia. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ces personnes ne représenteraient que le quart du total des déplacés, la majorité vivant dans des familles d’accueil.

    Active depuis le mois d’avril 2018 dans la région en soutien à neuf centres de santé et deux hôpitaux généraux, MSF a réalisé plus de 57 000 consultations gratuites. Malgré cela, elle a constaté lors d’une enquête réalisée en octobre que les taux de mortalité demeuraient supérieurs à la normale dans les villages et les sites de déplacés de Nizi, en particulier chez les enfants de moins de 5 ans. Ceux-ci souffrent avant tout de paludisme, de diarrhées, d’infections respiratoires aiguës ou encore de malnutrition.

    L’environnement dans lequel vivent les déplacés augmente le risque de maladies et l’impact de celles-ci. Les conditions d’hygiène sont souvent déplorables, avec un nombre insuffisant de latrines, les abris ne sont pas adaptés pour l’utilisation des moustiquaires et les déplacés n’ont pas suffisamment de moyens de protection contre le froid. Par ailleurs, loin de leurs terres cultivables, ils sont privés de leurs moyens de subsistance habituels et doivent se débrouiller pour survivre, ce qui augmente les risques de malnutrition chez les enfants.
    Dr Moussa Ousman, chef de mission MSF

    Des éléments qui viennent s’ajouter à des facteurs structurels comme les difficultés d’accès aux soins en raison de la distance ou des moyens financiers ou le fait qu’il s’agit d’une zone endémique de paludisme, avec un pic pendant la saison des pluies. 

    Les actions de MSF

    Face à cette situation, MSF a renforcé son intervention médicale en formant des membres de la communauté des 14 sites de déplacés à la prise en charge précoce des maladies les plus fréquentes. Elle a fourni chaque site en médicaments et soutenu cinq autres sites communautaires déjà existants.

    « Mais une intervention médicale seule ne saurait suffire pour avoir un véritable impact sur les taux de mortalité dans la zone. Les besoins fondamentaux des personnes déplacées doivent aussi être couverts », constate le Dr Ousman.

    Il existe une cinquantaine de sites de déplacés dans l’ensemble de la province d’Ituri, qui abritent de nombreuses autres personnes dans le besoin.