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Niger

Prévenir la propagation de l’hépatite E

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Suite au déplacement de plus de 247 000 personnes, une épidémie d'hépatite E a touché la région de Diffa, mais après l'intervention de MSF, la situation commence à s'améliorer.

    La propagation de l'hépatite E dans la région de Diffa, au Niger, a ralenti depuis que MSF a commencé à prendre en charge des cas début 2017 et que le ministère de la Santé a déclaré l'épidémie mi-avril. L’hépatite E, qui présente des symptômes semblables à des maladies plus courantes, n’a généralement  pas de conséquences graves, mais peut entraîner des taux de mortalité élevés chez les femmes enceintes. En associant une recherche active des cas, un travail des volontaires au niveau de la communauté, l’établissement d’un protocole médical et des diagnostics plus rapides, le taux de mortalité a finalement chuté.

    Au début, nous avons vu de nombreux cas, et de nombreux morts.

    «Au début, nous avons vu de nombreux cas, et de nombreux morts», déclare le Dr Roamba, obstétricien et gynécologue pour MSF à Diffa.
     

    Les médecins MSF ont commencé à suspecter qu’ils faisaient face à une maladie inhabituelle lorsque les patients, en majorité des femmes enceintes, ont commencé à se présenter à l’hôpital début 2017 dans un état grave, souvent comateux, les médecins enregistrant un taux de mortalité hospitalier élevé.

    La maladie, qui est transmise par l’eau, affecte le foie et peut être mortelle si elle n’est pas traitée rapidement, n’avait jamais été diagnostiquée à Diffa. Mais le conflit dans la région a engendré le déplacement de plus de 247 000 personnes vers des sites surpeuplés le long de la frontière entre le Niger et le Nigéria. Ces conditions ont créé un environnement propice à la propagation de maladies telles que l’hépatite E. Plus de 40 personnes sont décédées de l’hépatite E dans la région.

    Depuis la déclaration de l’épidémie, MSF et le ministère de la Santé ont assuré la prise en charge de près de 1 400 personnes touchées par l’hépatite E dans les centres et les postes de santé, ainsi que dans les villages. Plus de 350 des cas les plus sévères ont reçu des soins dans les centres de santé mère-enfant soutenus par MSF. Depuis le début de la réponse des acteurs humanitaires et du ministère de la Santé, le taux de mortalité hospitalière lié à l´épidémie est passé de 29% le 25 avril à 1,91% le 12 octobre (source: OCHA).

    Le Dr Roamba explique que le travail des volontaires au côté de la communauté et les activités d’assainissement et d’approvisionnement d'eau ont été cruciaux pour diminuer la morbidité de l’hépatite E.

    L’approche communautaire de MSF comprend la formation de volontaires par le personnel de santé et d’hygiène pour la détection des symptômes de la maladie, le maintien de la propreté dans les maisons et les espaces publics et une bonne distribution d’eau potable. À travers ces messages, les communautés ont pu rapidement diriger les malades présentant les symptômes de l’hépatite E vers les centres de santé gérés par MSF sur les sites. Ceux qui présentaient des complications médicales étaient référés au centre de santé mère-enfant de Diffa. Il en a résulté une baisse drastique du nombre de cas graves arrivant à l’hôpital.

    Depuis que nous avons identifié l’origine de la maladie, les choses ont grandement changé.

    «Depuis que nous avons identifié l’origine de la maladie, les choses ont grandement changé», affirme le Dr Roamba. «Moins de patients meurent, car ils arrivent en meilleure santé qu’auparavant

    La présence de l’hépatite E dans la région de Diffa souligne les conditions de vie précaires des réfugiés et des personnes déplacées, ainsi que le besoin urgent d’une assistance humanitaire pour les personnes touchées par le conflit. Nombreux  d’entre eux ont été déplacés plus d’une fois, échappant aux combats avant de devoir fuir à nouveau en fonction de l’avancement des zones de conflit. Ce contexte de sécurité volatile crée un environnement complexe pour les acteurs humanitaires et porte le spectre de voir surgir d’autres épidémies mortelles au sein des communautés qui vivent éloignées des services médicaux.

    MSF à Diffa

    Depuis fin 2014, MSF travaille dans la région de Diffa pour aider ceux fuyant les violences liées à la présence du groupe Boko Haram et à l’intervention militaire dans la région. MSF apporte une assistance médicale et psychologique gratuite dans onze centres et postes de santé de la région. L’organisation prend également en charge l’approvisionnement en eau potable, la construction de latrines et la distribution d’articles de première nécessité dans plusieurs villages et lieux où les réfugiés, rapatriés et personnes déplacées se sont rassemblés.

    En outre, MSF assiste le ministère de la Santé dans deux hôpitaux: l’hôpital de N’Guigmi, le Centre de Santé principal de la ville de Diffa destiné aux mères et aux enfants, et l’hôpital de Maine Soroa. Dans ces hôpitaux, MSF travaille dans les services de maternité et de pédiatrie et fournit un soutien au service de santé mentale. À l’hôpital de N’Guigmi, l’équipe traite également les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère.