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Ansar et son fils de trois mois Salim Ullah à l'intérieur de l'hôpital MSF à Goyalmara. Bangladesh, avril 2018. © Pablo Tosco/Angular

Myanmar

MSF demande un accès sans entrave dans le nord de l'État de Rakhine

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    Selon l'organisation médicale humanitaire internationale MSF, les organisations indépendantes d’aide restent majoritairement dans l’impossibilité d’accéder aux communautés vulnérables du nord de l'État de Rakhine. Cette situation soulève des préoccupations considérables concernant les besoins médicaux et humanitaires dans la région.

    «Du fait de l'absence d’évaluations régulières et menées de manière indépendante dans le nord de l'État de Rakhine, aucun acteur ne bénéficie aujourd’hui d’une vue d'ensemble de la situation sur le terrain et de l’étendue des besoins médicaux et humanitaires», constate Benoit De Gryse, responsable de programme MSF pour le Myanmar.

    Avoir un accès immédiat pour répondre aux besoins des populations

    À plusieurs reprises, l’organisation a sollicité le gouvernement du Myanmar afin d’obtenir les autorisations nécessaires pour accéder à la région et fournir des soins médicaux à ceux qui en ont besoin. Mais les contraintes administratives ont rendu cela impossible.

    «MSF demande une fois de plus au gouvernement d’accorder l’accès immédiat et sans entrave à tous les acteurs humanitaires indépendants et impartiaux dans le nord de l'État de Rakhine, afin qu’ils puissent y évaluer la situation sanitaire et répondre aux besoins de la population», affirme Benoit De Gryse, responsable de programme MSF.

    Depuis 1994, MSF dispense des soins de santé à toutes les communautés du nord de l'État de Rakhine. Le 11 août 2017, lorsque ses opérations ont été suspendues, MSF gérait quatre cliniques de soins de santé primaire dans le nord de l'État de Rakhine, dont trois ont été incendiées par la suite, et réalisait chaque mois plus de 11 000 consultations de soins de santé primaire et de santé reproductive, tout en assurant le transport et une prise en charge d'urgence des patients nécessitant une hospitalisation.

    Plus de 700 000 Rohingyas ont fui l’État de Rakhine

    Depuis le 25 août 2017, plus de 700 000 Rohingyas ont fui les violences dont ils sont la cible dans le nord de l'État de Rakhine et de nombreuses zones ont été dépeuplées. Pourtant, il y aurait encore entre 550 000 et 600 000 Rohingyas apatrides dans tout l'État de Rakhine. «Les besoins médicaux des populations rohingyas restées dans le nord de l'État de Rakhine, ainsi que ceux des autres minorités de la région, doivent être évalués minutieusement et de manière indépendante», poursuit Benoit De Gryse.

    Malgré l'impossibilité d’assurer ses activités médicales à Maungdaw, MSF a décidé d’y maintenir ses équipes qui continuent de recevoir les témoignages de la communauté Rohingya portant sur leurs difficultés d’accéder aux soins de santé. Les patients musulmans sont ainsi toujours confrontés à une restriction de leur liberté de mouvement et à des soins médicaux inabordables.

    Une route risquée

    Ces derniers mois, MSF a recueilli le témoignage d’une personne partie à la recherche de soins pour sa mère au Bangladesh, finalement décédée sur place. «Nous n'avons pas accès à Sittwe ou Yangon. La seule option qui nous reste est donc de traverser la frontière avec le Bangladesh», poursuit-elle. «C'est une route très risquée. Si je pouvais ramener le corps de ma mère dans mon village et organiser ses funérailles aux côtés de mon père, je serais déjà très heureuse. Mais cela ne sera pas possible à cause de la situation actuelle dans mon pays. Si nous avions pu trouver un spécialiste sur place, nous n'aurions pas eu à aller au Bangladesh.»

    De lourdes restrictions d’accès

    Le gouvernement du Myanmar a affirmé que les besoins sanitaires étaient comblés. Cependant, les lourdes restrictions d'accès des acteurs humanitaire dans le nord de l'État de Rakhine engendrent un manque d'informations sur les conditions de vie sur place provenant de sources indépendantes. «L'accès humanitaire est essentiel afin de comprendre la situation sur le terrain : sans information fiable, nous n’avons aucun moyen d'évaluer les conditions de retour des populations», a déclaré Benoit De Gryse.

    MSF continue de prodiguer des soins de santé primaire et des prises en charge d'urgence pour ses patients au sein du district de Sittwe, dans le centre de l'État de Rakhine. Dans le reste du pays, MSF mène des projets médicaux à Shan, Kachin et Yangon, ainsi que dans la zone autonome de Naga et dans la région de Tanintharyi.

    * Image principale : Ansar et son fils de trois mois, Salim Ullah, à l'intérieur de l'hôpital MSF à Goyalmara. Bangladesh, avril 2018. © Pablo Tosco/Angular