Le centre Elikya est le seul centre de traitement Ebola à avoir son propre laboratoire qui permet d'avoir des résultats en moins de 24h. Avant sa mise en place, il fallait parfois attendre une semaine pour les résultats des patients dits "suspects". DRC, juillet, 2026 © Julien Dewarichet/MSF 
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Ébola en RDC : 3 questions sur les essais cliniques et les traitements à l’étude

Le lundi 10 août 2026

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Le Dr Olivier travaille au Centre de traitement Ebola Elikya à Bunia, soutenu par MSF depuis le début de l’épidémie. RDC, 2026. © Julien Dewarichet/MSF

Le Dr Olivier Kasita est médecin au Centre de traitement Ebola (CTE) Elikya à Bunia, soutenu par les équipes de MSF depuis le début de l’épidémie. 

Dans le cadre de son travail au sein du centre, il est directement impliqué dans la prise en charge des patients depuis le début de la riposte.

En quoi consistent les essais cliniques ? Comment fonctionnent-ils ?

L’essai PARTNERS est un essai international de recherche clinique parrainé par l’OMS, mené en étroite collaboration avec les autorités sanitaires nationales, les institutions de recherche, les partenaires de la riposte à l’épidémie et les organisations internationales. Il vise à produire rapidement des données scientifiques de haute qualité sur la sécurité et l’efficacité, chez les patients testés positifs à la maladie à virus Ebola de Bundibugyo, de deux traitements prometteurs : le MBP134 et le remdesivir.

Les participants qui acceptent volontairement de prendre part à l’essai sont répartis de manière aléatoire dans l’un des quatre groupes de l’étude : l’un reçoit à la fois le MBP134 et le remdesivir, un autre reçoit uniquement le MBP134, un troisième reçoit uniquement le remdesivir, et le quatrième reçoit les soins standards actuels, sans aucun des traitements expérimentaux.

Cette répartition aléatoire permet aux chercheurs de comparer les résultats entre les différents groupes et de déterminer si les traitements apportent un bénéfice significatif.

Cette étude donne aux patients la possibilité de recevoir l’un des traitements dont les chercheurs pensent qu’ils pourraient être plus efficaces que les soins standards actuels. Trois patients sur quatre (75 %) participant à l’étude recevront l’un de ces traitements prometteurs. En participant à l’essai, les patients peuvent potentiellement en tirer un bénéfice tout en contribuant à déterminer quel traitement est le plus efficace. Ces connaissances pourraient permettre de sauver davantage de vies et de contribuer à mettre fin à l’épidémie.

Quel est le rôle de MSF dans cet essai ?

MSF participe à l’essai PARTNERS en tant que site d’essai clinique. Cela signifie que l’étude est mise en œuvre au sein de Centres de traitement (CTE) soutenus par MSF, où les patients éligibles peuvent être informés de la recherche et se voir proposer d’y participer sur une base volontaire.

Si MSF contribue à l’essai et à la prise en charge des patients qui y participent, le protocole de l’étude est élaboré et piloté par l’OMS et ses partenaires de recherche. MSF ne supervise pas la conception de l’essai et ne prend pas de décisions concernant la répartition des patients ou les stratégies de traitement. 

Toutefois, en tant que partenaire opérationnel, MSF participe aux recommandations opérationnelles ainsi qu’à l’examen des données et résultats émergents.

À l’heure actuelle, l’essai est mené au Centre de traitement Elikya de MSF à Bunia, dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo, où les activités de recherche sont intégrées à la riposte à l’épidémie et à la prise en charge des patients assurée par les équipes de MSF.

Quels résultats peut-on espérer ? Quel changement cet essai pourrait-il apporter ?

L’objectif principal de l’essai PARTNERS est de déterminer si le MBP134 et/ou le remdesivir sont des traitements sûrs et efficaces. Si l’essai démontre un bénéfice clinique clair, il pourrait fournir les données scientifiques solides nécessaires pour que ces traitements soient recommandés par les autorités sanitaires, autorisés par les organismes de réglementation et rendus plus largement disponibles aux communautés à risque lors de futures épidémies.

À plus long terme, des résultats positifs pourraient transformer la manière dont les futures épidémies sont prises en charge, en ajoutant des traitements spécifiques contre Ebola dont l’efficacité a été démontrée aux soins généraux actuellement disponibles. Cela représenterait une avancée importante, tant pour la riposte aux épidémies que pour la prise en charge des patients dans les communautés touchées.

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