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Cartographier les besoins, le rôle essentiel des nouvelles technologies dans l'intervention humanitaire d'urgence

Une équipe MSF se rend à pied dans un village coupé de tout en raison des dégâts causés par le cyclone Idai à Chimanimani. Zimbabwe. Mars 2019. © MSF
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Juste après le passage du cyclone Idai en Afrique australe, MSF a détaché quatre experts en Système d'Information Géographique (SIG) dans la région, et mobilisé des milliers de bénévoles à travers le monde pour fournir des cartes de haute qualité des zones les plus touchées, afin d'optimiser l'intervention des équipes médicales d'urgence.

    Le cyclone Idai a frappé le Mozambique et le Zimbabwe mi-mars, inondant de vastes étendues de terres, laissant des centaines de milliers de personnes sans abri et détruisant bâtiments, cultures et infrastructures. 

    Les équipes MSF ont répondu à ce désastre naturel en envoyant des équipes médicales d'urgence et du matériel médical en Afrique australe. Quatre experts en SIG ont été déployés en simultané - l'un d'eux était déjà au Zimbabwe - pour apporter des cartes détaillées de la région: il s'agit de la plus importante intervention des équipes expertes en SIG depuis l'épidémie d'Ebola en Afrique occidentale en 2014. 

    Répertorier les SIG permet la combinaison de plusieurs sources d'information sur une même carte, ce qui permet aux équipes d'apprécier l'étendue de l'urgence, de planifier les besoins logistiques, d'optimiser la surveillance épidémiologique, et d’assurer la coordination avec d'autres organisations. 

    Devant une catastrophe naturelle de telle ampleur, c'est au début de la crise que les les besoins sont les plus critiques. Au départ, la situation évolue continuellement - qu'il s'agisse d'identifier les routes d'accès, le niveau des eaux ou d'évaluer l'étendue des dégâts. Nous avons besoin de cette information pour planifier comment nous allons pouvoir atteindre les populations sinistrées.
    Audrey Lessard-Fontaine, chef de l'unité SIG de MSF

    Les équipes MSF sont de plus en plus conscientes de l'importance du SIG dans la planification des interventions et dans l'aide à la prise de décision dans les situations d'urgence, qui requièrent un soutien opérationnel d'envergure. 

    « C'est presque devenu un réflexe pour les équipes qui évoluent dans un contexte d'urgence de demander l'aide des équipes du SIG pour leurs interventions épidémiologiques afin d'identifier la provenance des patients », précise Audrey Lessard-Fontaine. « Elles ont aussi besoin du SIG pour identifier les ressources en eau et assainissement,  afin de planifier points d'eau et latrines. »

    Un élément clé de l'intervention des équipes du SIG repose sur les cartes de base qui mettent en évidence les bâtiments, cours d'eau et réseaux routiers de la région. Les experts en SIG ont besoin de ces cartes de base pour fournir une analyse approfondie des  zones affectées, que les logisticiens et épidémiologistes de MSF pourront utiliser. 

    Fait surprenant, de telles cartes n'existent pas pour la plupart des régions dans lesquelles MSF intervient: souvent éloignées, exposées aux catastrophes naturelles, mais au cœur  desquelles vivent les populations les plus vulnérables au monde.

    Le manque de cartes représentait un défi majeur jusqu'à ce qu'une solution simple ait été trouvée : le projet Missing Maps, créé en 2014 à l'initiative de plusieurs organisations humanitaires, dont MSF. Grâce à OpenStreetMap – projet de cartographie participatif – des milliers de bénévoles à travers le monde numérisent les images satellites et créent des cartes des régions du monde les plus vulnérables, au profit des organisations humanitaires.

    Lorsque le cyclone Idai a frappé, ces bénévoles sont immédiatement passés à l'action et on déjà cartographié plus de 200 000 bâtiments et 17 000 km de routes dans les régions sinistrées. 

    Le Zimbabwe est l'un des pays pour lesquels peu de cartes de base existent.  Last Prosper Mufoya, responsable du SIG MSF, apporte un support pour les interventions de MSF au Zimbabwe. Lorsque le cyclone a frappé, Mufoya a immédiatement activé la communauté Missing Maps afin de créer des cartes de la zone la plus touchée:  Chimanimani. «  Chimanimani a été complètement coupée du reste du monde car toutes les routes y menant avaient été endommagées et les ponts emportés par les flots », explique Mufoya. 

    A l'aide des images satellites, les bénévoles se sont concentrés sur l'identification des routes, des bâtiments ainsi que sur des systèmes de drainage des eaux. « Les bénévoles de tous horizons de la communauté Missing Maps, dont notre branche zimbabwéenne, ont travaillé sans relâche pour alimenter les données relatives à cette zone », explique Mufoya. 

    Les cartes de base du Mozambique, du Zimbabwe mais aussi du Malawi, pays qui ont subi les inondations dramatiques causées par les perturbations associées au cyclone , ont été largement diffusées à toutes les organisations impliquées dans les interventions d'urgence, contribuant ainsi à donner une bonne visibilité de la situation sur le terrain et permettant une intervention rapide et efficace.