Un véhicule de MSF passe devant des bâtiments en ruines à Jabalia. Nord de Gaza. Février 2025. © Nour Alsaqqa
Actualité

Les conditions catastrophiques à Gaza exigent une aide humanitaire massive et urgente

Le vendredi 27 février 2026

En 1 clic, aidez-nous à diffuser cette information :

Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à une augmentation massive de l’aide vitale et à un accès humanitaire sans entrave face à la catastrophe en cours à Gaza, où des vies continuent d’être perdues en raison de la violence persistante et des restrictions continues à l’aide imposées par les autorités israéliennes. Malgré ces politiques, MSF s’engage à rester et à fournir une assistance à la population des Territoires palestiniens occupés aussi longtemps que possible, en travaillant sous son enregistrement auprès de l’Autorité palestinienne.

Médecins Sans Frontières (MSF) appelle à une augmentation massive de l’aide vitale et à un accès humanitaire sans entrave face à la catastrophe en cours à Gaza, où des vies continuent d’être perdues en raison de la violence persistante et des restrictions continues à l’aide imposées par les autorités israéliennes. Malgré ces politiques, MSF s’engage à rester et à fournir une assistance à la population des Territoires palestiniens occupés (TPO) aussi longtemps que possible, en travaillant sous son enregistrement auprès de l’Autorité palestinienne.

En vertu du droit international humanitaire, les autorités israéliennes, en tant que puissance occupante, sont tenues de garantir la fourniture d’une assistance humanitaire. Toutefois, les nouvelles règles restrictives, exigeant que 37 ONG quittent les TPO avant le 1er mars, menacent de réduire drastiquement une aide déjà largement insuffisante. 

Les gouvernements du monde entier doivent renforcer l’arrêt de la Cour internationale de Justice (CIJ)* en adoptant des mesures concrètes pour faciliter un accès inconditionnel à l’aide humanitaire.

MSF travaille pour maintenir les services aux patients dans un environnement de plus en plus restreint », affirme Engy Ali, présidente de MSF Luxembourg. 

« Les besoins sont immenses et les restrictions drastiques ont des conséquences mortelles. Des centaines de milliers de patients ont besoin de traitements et de soins en santé mentale, et des dizaines de milliers nécessitent un suivi médical, chirurgical et psychologique à long terme. »

 

Malgré le plan de paix dirigé par les États-Unis, les autorités israéliennes continuent de restreindre sévèrement, voire de refuser, l’accès à l’eau, au logement et aux soins médicaux. Les conditions de vie restent indignes et la violence continue de faire quotidiennement des morts et des blessés parmi la population palestinienne.

Un point de distribution d'eau MSF fonctionne à côté de notre centre de soins de santé primaires (PHCC) à Mawasi.Dans le sud de Gaza, notre équipe des urgences du centre de soins primaires Al Mawasi se précipite pour stabiliser deux jeunes garçons blessés par balle près des sites de distribution d'aide humanitaire américano-israéliens à Rafah. Juillet, 2025 © Nour Alsaqqa/MSFAprès que les forces israéliennes ont ouvert le feu sur des personnes dans l'un des sites de distribution du GHF, le centre de santé MSF Al Mawasi accueille des patients blessés, y compris des morts, qui tentaient d'obtenir de la nourriture pour leurs familles à Gaza. August 2025 © Nour Alsaqqa
Nour Al-Shaer, âgée de huit mois et souffrant de malnutrition sévère, est examinée par une infirmière de MSF.  ©Nour Alsaqqa Plusieurs bébés partagent une seule couveuse dans l'unité de soins intensifs néonatals de l'hôpital Al Helou, au nord de Gaza, en raison du manque de couveuses. Le fait que plusieurs bébés partagent une seule couveuse augmente considérablement les risques d'infection. Le système immunitaire des nouveau-nés, en particulier des prématurés, n'est pas encore développé. Juillet 2025 © Joanne Perry/MSF

Les besoins humanitaires augmentent également en Cisjordanie

Ces dernières semaines, l’aide humanitaire arrivant à Gaza a considérablement diminué. En Cisjordanie, les besoins médicaux et humanitaires continuent d’augmenter dans un contexte d’escalade alarmante de la violence, des déplacements forcés, des attaques armées de colons, des démolitions de maisons, de l’expansion des colonies et des obstacles à l’accès aux soins de santé.

Le retrait de l’enregistrement de MSF auprès des autorités israéliennes affecte déjà la prise en charge des patients. Cette radiation accentue la pression sur un système de santé dévasté au cours des deux dernières années et limité par les restrictions persistantes concernant les équipements et fournitures médicales essentiels. Depuis début janvier, les autorités israéliennes empêchent MSF d’introduire du personnel international et des fournitures dans les TPO. Et depuis ce dimanche 1er mars, tout le personnel international de MSF devra avoir quitté le territoire.

Les programmes font déjà face à des pénuries de ressources, et les équipes médicales de MSF sont particulièrement préoccupées par leur capacité à continuer de fournir des soins traumatologiques d’urgence et des services de réadaptation aux patients, ainsi que des soins pédiatriques, des services de santé sexuelle et reproductive, de prise en charge des maladies non transmissibles et des soins psychiatriques. À long terme, les activités de MSF seront incertaines et potentiellement impossibles à maintenir dans des conditions aussi restrictives.

Les programmes de MSF sont vitaux. Les soins médicaux et l’aide humanitaire à cette échelle ne peuvent pas être facilement remplacés », alerte la rpésidente de MSF Luxembourg. 

« Au cœur de la catastrophe humanitaire actuelle, MSF restera dans les TPO aussi longtemps que possible, en faisant tout ce qui est en son pouvoir. Nous appelons les autorités israéliennes à permettre une aide humanitaire à grande échelle et la communauté internationale à veiller à ce que les Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie ne soient pas abandonnés à leur sort. »

 

Le travail de MSF

MSF travaille dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1988, fournissant des soins médicaux et de santé mentale et, plus récemment, des services d’eau et d’assainissement à grande échelle. En 2025, MSF a pris en charge un lit d’hôpital sur cinq à Gaza, assisté un accouchement sur trois, réalisé 913 284 consultations ambulatoires et distribué plus de 700 millions de litres d’eau.

Rien qu’en janvier 2026, les équipes de MSF ont réalisé 85 579 consultations pour traumatismes, pris en charge 40 646 cas d’urgence et traité 5 981 patients pour des affections liées à des traumatismes. En réponse à l’ampleur des besoins, MSF avait prévu d’élargir ses programmes en 2026 avec un budget de 130 millions d’euros. Ce soutien est désormais entouré d’incertitude.

Les nouvelles exigences d’enregistrement, restrictives et utilisées comme prétexte pour entraver l’assistance, coïncident avec une campagne mondiale coordonnée d’attaques en ligne promue par le gouvernement israélien contre MSF.

Il s’agit d’une campagne de dénigrement fondée sur des accusations fausses et infondées, visant à discréditer MSF, à faire taire la voix de l’organisation et à entraver la fourniture de soins de santé », explique Ali. 

« Dans un contexte où l’accès des journalistes internationaux est interdit et où des journalistes palestiniens sont tués, réduire davantage l’accès des ONG revient à supprimer encore plus de témoins de la violence et de ses effets prolongés sur la population. »

 

* À propos de l’arrêt de la CIJ

En janvier 2024, la Cour internationale de Justice (CIJ) a ordonné à Israël de « prendre toutes les mesures possibles » pour « prévenir » un génocide à Gaza. La Cour a également estimé qu’Israël devait prendre des « mesures immédiates et efficaces pour permettre la fourniture des services de base et de l’assistance humanitaire » afin de faire face aux conditions de vie défavorables des Palestiniens dans la bande de Gaza.

Nos actualités en lien