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MSF Syrie personnes déplacées

Syrie

L'escalade du conflit à Idlib fait de plus en plus de morts, de blessés et de déplacés

L'escalade des violences a provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes vers et dans le gouvernorat d'Idlib. La plupart d'entre elles vivent maintenant dans des abris de fortune dans divers camps. Syrie. Mai 2019. © MSF
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Ces trois derniers mois, de nombreux rapports ont fait état de centaines de morts, de milliers de blessés, et de la fuite de plus de 450 000 personnes vers la frontière turque résultant des bombardements et des offensives dans les gouvernorats d'Idlib (sud) et de Hama (nord).

    La violence s'est intensifiée, et encore plus de personnes ont été tuées ou blessées ces trente derniers jours, considérés comme les plus meurtriers depuis le début de l’année. Soutenues par MSF, les équipes médicales des hôpitaux de la région ont été confrontées à plusieurs reprises ces dernières semaines à des afflux massifs de blessés – avec des arrivées simultanées de 10 blessés ou plus. Toujours au cours du dernier mois, un hôpital soutenu par MSF a même dû accueillir plus de 35 blessés en seulement 48 heures, suite à des frappes aériennes. La même semaine, un autre établissement bénéficiant de l'aide de MSF a pris en charge 50 blessés. 

    L'offensive militaire a été lancée fin avril par les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés dans les gouvernorats d'Idlib Sud et de Hama Nord, pourtant situés dans une "zone de désescalade". Les établissements civils – parmi lesquels des installations médicales, des écoles, des marchés et des camps de personnes déplacées - ont été touchés et endommagés par l'offensive. Un hôpital soutenu par MSF a été endommagé par des bombardements, tandis que d'autres installations soutenues par MSF ont dû interrompre partiellement leurs services à plusieurs reprises au cours des dernières semaines, par crainte d'être touchées. 

    Les patients, les soignants et l’ensemble du personnel de l'hôpital sont eux-mêmes en proie à des troubles psychologiques.
    Directeur d'un hôpital de la région

    « Le simple survol de l’hôpital par des avions les terrifie, au point que plusieurs membres de l’équipe en arrivent à quitter le bâtiment de peur qu'il ne soit touché. Nous devons souvent procéder à l’évacuation de l'hôpital, par mesure de précaution. Certains jours, nous sommes contraints de nous rendre plusieurs fois dans la salle sécurisée, car les avions passent au-dessus de nos têtes. Mais quel que soit le nombre de fois où nous devons interrompre notre travail, nous essayons de garder, tant que faire se peut, la salle d'urgence ouverte, dans laquelle nous concentrons nos efforts. Certains hôpitaux de la région desservent des dizaines de milliers de personnes. Nous n'avons pas d'autre choix que de rester là, pour eux, lorsque qu’un évènement survient », nous explique le directeur d'un hôpital de la région.

    L'escalade de la violence a contraint 450 000 personnes à quitter leur foyer, s’ajoutant aux déplacements antérieurs de centaines de milliers de personnes, vers et dans le gouvernorat d'Idlib. La plupart des personnes déplacées récemment se sont dirigées vers des zones densément peuplées, et survivent désormais sous des tentes, ou en plein air sous des oliviers alors que la nourriture, l'eau et l’assistance médicale manquent. 

    Ces derniers mois, MSF a pu effectuer des distributions d’articles de première nécessité et d'eau potable aux personnes nouvellement déplacées, et a fait installer des latrines dans les camps existants, ainsi que dans ceux nouvellement créés. Mais les personnes déplacées ont besoin d'un soutien beaucoup plus important que celui disponible pour le moment.

    Nous sommes actuellement confrontés à des centaines de milliers de personnes déplacées vivant dans des conditions épouvantables.
    Lorena Bilbao, coordinatrice des opérations pour les programmes MSF en Syrie

    « De nombreuses agglomérations sont surpeuplées, leurs infrastructures inadéquates et les conditions de vie y sont peu hygiéniques. Cela pose un risque important de propagation de maladies. Si les gens n'ont pas d'eau potable, on peut s'attendre à un plus grand nombre de patients souffrant de déshydratation, de diarrhées et de maladies liées à l’eau au cours des prochaines semaines. Cela conduira à la détérioration d’une situation d’ores et déjà critique », conclut Lorena Bilbao.

    MSF a intensifié ses activités de cliniques mobiles et renforcé son soutien aux établissements médicaux à travers des dons de médicaments, ainsi que des trousses de premiers soins et de chirurgie aux hôpitaux, mais également en soutenant les systèmes de référencement dans la région. MSF continuera à fournir une aide humanitaire vitale aux personnes déplacées ou blessées par l'offensive militaire.