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Afghanistan, rapport, accès à la santé

Afghanistan

Mourir sur la route de l’hôpital

Une médecin MSF à la clinique de Kahdistan, province d'Hérat. Afghanistan, juillet 2019. © Noor Ahmad Saleem/MSF
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Entre 2009 et 2019, les victimes et les blessés civils ont presque doublé en Afghanistan, tandis que les attaques contre les structures de santé n’ont jamais cessé dans le pays. Presque deux décennies de conflits ont réduit drastiquement l’accès aux soins des Afghans qui peinent à se faire soigner en raison de l'insécurité, de la distance et des coûts. C’est la conclusion du rapport “Reality Check: Afghanistan’s neglected healthcare crisis” publié par MSF en 2020.

    L’insécurité et la pauvreté généralisée dans le pays continuent d’empêcher la population afghane d’accéder aux soins. A Hérat, les combats au sol constituent près de la moitié des causes de violence enregistrées à l’hôpital régional de la ville, où MSF travaille.

    Dans cet hôpital, 41% des soignants et des patients interrogés ont déclaré qu'un proche était décédé au cours des deux dernières années faute d'accès aux soins. 89% ont retardé leurs soins en raison de la pression financière et 43% les ont reportés plus de trois fois au cours des deux dernières années. 

    Un patient a ainsi expliqué qu'il avait attendu huit jours pour amener son bébé souffrant de malnutrition - le temps pour récupérer l'argent afin de louer une voiture, empruntant finalement les fonds à des proches. Un autre a simplement dit : « Nous ne pouvons pas acheter de nourriture pour ce soir. Sinon comment payer les médicaments et les médecins ? »

    Dans la province du Helmand, les engins explosifs improvisés sont largement disséminés sur les routes. Sur les neuf premiers mois de 2019, ils constituaient la première cause de blessures au sein de la population civile (UNAMA, octobre 2019).

    Les patients doivent les prendre en compte avant de se rendre à l’hôpital, ainsi que la présence de checkpoints sur le trajet. Certains préfèrent voyager la nuit pour éviter les contrôles et les combats. 

    « Nos patients nous parlent de longs et dangereux voyages pour amener à l'hôpital des bébés malnutris, des femmes enceintes ou des proches blessés. Ils décrivent des cliniques avec des pénuries de médicaments ou sans personnel de santé, et ils doivent faire face à des dettes croissantes pour payer les traitements », explique Julien Raickman, représentant de MSF en Afghanistan.

    À l’hôpital Boost de Lashkar Gah, où les équipes MSF interviennent, le taux d’enfants mort-nés était de 54 pour 1 000 en 2019 - un taux quasiment deux fois plus élevé que la moyenne nationale : lorsque les femmes arrivent pour accoucher, il est déjà bien souvent trop tard. 

    Même constat chez les plus jeunes : au cours des six premiers mois de 2019, 44% des enfants décédés dans les 24 heures suivant leur arrivée dans l'unité de soins intensifs pédiatriques étaient arrivés trop tard, à un stade déjà trop avancé de la maladie. Sur 3 680 cas de rougeole traités au cours des sept premiers mois de 2018, 48% ont été admis en raison de complications graves.

    Les affrontements ont également rendu les campagnes de vaccination difficiles, entraînant une faible couverture vaccinale chez les enfants.

    Rapport (Anglais) - Reality Check: Afghanistan’s Neglected Healthcare Crisis

    The escalation of conflict in Afghanistan in recent years has taken a heavy toll...

    MSF en Afghanistan

    En 2018, les équipes MSF ont réalisé 411 700 consultations externes, assisté 74 600 naissances et réalisé 6 890 interventions chirurgicales en Afghanistan. Elles travaillent dans le pays depuis 1980 et gèrent aujourd'hui six projets dans les provinces de Kaboul, Khost, Kandahar, Kunduz, Helmand et Herat.