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Irak

Irak, l'impact de la guerre

Focus 

    Contexte

    Des décennies de conflits armés et d'instabilité ont perturbé les services de santé en Irak, alors même que des millions de personnes sont affectées par les combats et ont un besoin urgent d'assistance médicale. En Irak, plus de trois millions de personnes ont dû fuir leur foyer en raison des combats menés depuis 2014 dans plusieurs régions. Bien que beaucoup aient trouvé refuge dans des camps, d'autres vivent dans des écoles, des mosquées et des bâtiments inachevés.

    Tout au long de l'année 2016, on a pu observer un mouvement constant de gens fuyant des zones de combat ou revenant vers des zones nouvellement reprises. L’offensive lancée en octobre pour reprendre Mossoul continue notamment de provoquer des mouvements de populations. Environ 250 000 personnes ont fui la ville et la région environnante. Toutes ces personnes, vivant dans des zones instables, souvent à proximité de la ligne de front, sont confrontées à de nombreux défis, dont l'insécurité et le manque d'accès aux services de base et aux soins de santé.

    Pour venir en aide aux personnes déplacées et prendre en charge les blessés, MSF continue d’accroître ses activités. Nos équipes ouvrent des hôpitaux et postes de stabilisation des blessés, soutiennent des structures de santé et déploient des équipes mobiles qui offrent un accès gratuit aux soins médicaux et aux soins de santé mentale.

    Programmes

    La bataille de Mossoul

    Le 17 octobre 2016, les forces armées irakiennes et une coalition internationale menée par les Etats-Unis ont lancé une offensive pour reprendre la ville de Mossoul au groupe État Islamique. Fin janvier, elles avaient repris la partie Est de la ville de Mossoul et le 19 février 2017, elles ont lancé l’assaut sur Mossoul-Ouest. Selon les Nations Unies, 250 000 personnes ont déjà fui la ville et ses environs.

    Début décembre 2016, MSF a ouvert à Qayara, à 70 km au sud de Mossoul, un hôpital de 32 lits disposant d’une salle d’urgences et d’un bloc opératoire. L’équipe MSF y assure les urgences médicales et chirurgicales. MSF y reçoit aux urgences en moyenne 1150 patients par mois.

    Début mars, les équipes ont commencé à voir des enfants, et surtout des bébés de moins de six mois, souffrant de malnutrition sévère qui venaient de Mossoul-Ouest. Un dépistage rapide de la malnutrition chez 486 enfants, mené début mars dans le camp de personnes déplacées de Hammam Al-Alil, a montré des taux de 1,2% de malnutrition aiguë sévère et de 2,2% de malnutrition aiguë modérée. Un autre dépistage qui a été effectué dans un camp de Qayara a révélé des taux similaires. Ces taux sont certes inférieurs aux seuils d’urgence mais ils traduisent une situation de pénuries alimentaires dans Mossoul-Ouest. Pour traiter les enfants malnutris, MSF a mis en place dans l’hôpital de Qayara un centre de nutrition thérapeutique comprenant 10 lits.

    De plus, des consultations pour des soins de santé mentale sont données aux personnes déplacées et aux habitants des environs, dans l’hôpital de Qayara.

    Fin décembre, MSF a ouvert dans les faubourgs Est de Mossoul un poste médical pour stabiliser les blessés. En deux mois, 919 patients ont été pris en charge, dont plus de 57% pour des trauma. L’activité a ensuite fortement décliné quand les forces irakiennes ont repris le contrôle de Mossoul-Est. Pour répondre aux besoins médicaux de la population générale, MSF a ouvert en mars une maternité de 16 lits dans Mossoul-Est ainsi qu’un centre pour prendre en charge les urgences médicales et chirurgicales. 

    Depuis le 19 février, MSF traite les blessés dans une structure équipée d’une capacité chirurgicale se trouvant à 25 km au sud de Mossoul. En un peu plus de trois mois, 1296 blessés y ont été pris en charge, 21% des patients étaient des « cas rouges », c’est-à-dire des patients qui ont besoin d’être soignés de toute urgence.

    Plus loin des lignes de front, des équipes mobiles dispensent des soins médicaux et des soins de santé mentale depuis début décembre dans les camps de Khazir, Hassansham et Chamakor accueillant les personnes déplacées à l’Ouest d’Erbil. Ces équipes dispensent aussi des soins dans le camp de Debaga, accueillant des personnes déplacées depuis 2014, ainsi qu'aux déplacés qui ont trouvé refuge au sein de la population locale. En décembre 2016, elles avaient fourni plus de 2500 consultations médicales et plus de 1800 consultations psychologiques, sur 14 sites.

    Dans le nord de l'Irak

    Pour offrir des soins obstétriques de base et des soins néonatals, MSF a ouvert une maternité à Tal Maraq, dans la province de Ninive. Les cas plus graves sont référés dans les hôpitaux de Zakho et de Dohouk.

    Dans le gouvernorat de Kirkouk

    MSF a lancé de nouvelles activités en octobre 2016 pour répondre à l'afflux de déplacés et de blessés, suite à l'offensive de Hawija. MSF soutient les salles d'urgence de l'hôpital général de Kirkouk et de l'hôpital Azadi et fournit des soins de santé primaires et psychiatriques dans le camp de déplacés de Daquq. Des équipes mobiles MSF fournissent aussi des soins aux personnes fuyant Hawija.

    A Souleymanieh, MSF collabore avec les autorités sanitaires dans l’hôpital gérant les urgences et assure des formations pour les soins intensifs et la prise en charge des traumas d’urgence. Depuis 2015, MSF travaille dans les camps de déplacés, via des soins psychologiques, un soutien psychosocial et des activités de promotion de la santé.

    Centre de l'Irak

    Des personnes viennent aussi se réfugier dans le gouvernorat de Salaheddine, dans le centre du pays. MSF a donc déployé en juin 2016 des équipes mobiles à Tikrit et dans ses environs. Ces équipes proposent des soins de santé primaire et psychologique. En janvier 2017, des équipes ont mis en place un centre de soins de santé primaire dans l’un des camps de déplacés.

    MSF travaille dans le gouvernorat de Diyala depuis 2015, en appui aux populations déplacées dans trois camps du district de Khanaqin. MSF propose des soins médicaux et psychologiques, et mène également des activités de promotion de la santé dans les camps. MSF travaille aussi dans les villes récemment reprises de Djalawla et Sadyia, en proposant des soins dédiés aux maladies chroniques, à la santé maternelle et reproductive, à la maternité et à la santé mentale aux communautés déplacées et à celles qui les accueillent.

    Dans le gouvernorat d’Anbar, MSF a commencé à mener des cliniques mobiles en juin 2016 pour venir en aide aux populations qui ont fui Falloujah et Ramadi. MSF a aussi mis en place un centre de santé dans le camp d’Amariyat, où vivent 60 000 personnes, et y dispense des soins de santé primaire, des soins d’urgence, des soins de santé mentale et un service de stabilisation et de référence.

    Dans la capitale, Bagdad

    Dans la capitale, Bagdad, MSF dispense des soins médicaux et des soins de santé mentale aux personnes venues principalement des provinces d’Anbar, Salaheddine et Diyala qui se sont installées ces deux dernières années dans les zones déshéritées de la région d’Abou Ghraïb. Une équipe est aussi basée dans un dispensaire de la zone d’Al Shouhada II.

    Aide aux réfugiés syriens

    Afin de venir en aide aux réfugiés syriens, MSF gère une maternité dans le camp de Domiz. Depuis janvier 2016, les équipes y ont assisté plus de 1000 accouchements.

    Chirurgie reconstructive en Jordanie

    Un réseau de médecins irakiens réfère les victimes de violences en Irak vers l’hôpital de chirurgie reconstructive à Amman en Jordanie pour y subir des opérations chirurgicales extrêmement complexes.

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