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Mer Méditerranée

Les rescapés de l’Ocean Viking vont pouvoir débarquer à Malte

Un message de l’Ocean Viking, alors que le navire est bloqué en Méditerrannée pour la 12ème journée consécutive, avec 356 hommes, femmes et enfants à bord, attendant d'être autorisés à débarquer dans un lieu sûr. Août 2019. © MSF/Hannah Wallace Bowman
Communiqués de presse 
Après 14 jours de blocage en mer avec 356 hommes, femmes et enfants vulnérables à bord, MSF est soulagée que l’Ocean Viking, affrété en partenariat avec SOS MEDITERRANEE, se soit vu offrir la possibilité de débarquer en lieu sûr, à Malte. Alors qu'une coalition de pays s'est mobilisée pour apporter une réponse digne, les gouvernements européens doivent mettre fin aux retards prolongés, aux petites négociations ad hoc et mettre en place de toute urgence un mécanisme de débarquement pour les personnes sauvées en mer.

    Attente insoutenable

    « Nous sommes soulagés que cette longue épreuve pour les 356 personnes à bord soit enfin terminée. Était-il nécessaire d'imposer deux semaines d'attente insoutenable avant de débarquer des personnes secourues ? Ce sont des personnes qui ont fui des situations désespérées dans leur pays et qui ont subi d’horribles exactions en Libye », a déclaré Jay Berger, coordinateur de projet MSF, à bord de l'Ocean Viking.

    « Nous avons soigné les blessés de guerre qui étaient bloqués sur la ligne de front du conflit à Tripoli et avons vu les cicatrices de ceux qui avaient vécu les frappes aériennes du centre de détention de Tajoura. Nous avons parlé aux rescapés de naufrages. Nous avons entendu des histoires de passages à tabac brutaux, d'électrocutions, de tortures avec du plastique fondu ainsi que des violences sexuelles - même les enfants n’ont pas été épargnés par ces horreurs. Les États européens devraient se rendre compte du rôle qu'ils jouent pour piéger les gens dans ces situations », a ajouté Jay Berger.

    Malgré les appels à trouver une réponse digne, depuis la décision de l’Italie de fermer ses ports aux navires humanitaires en juin 2018, MSF s’est retrouvée ces deux dernières semaines dans la même situation exactement qu’il y a un an –  bloquée en mer avec des centaines de personnes vulnérables à bord et des États européens paralysés par des considérations politiques.

    Appel à un mécanisme pérenne

    « Il est triste d’avoir à répéter sans cesse le même message aux dirigeants européens sans obtenir de changement. Ils ne peuvent plus dire qu’ils ne sont pas au courant du drame qui se déroule en mer Méditerranée. Après des centaines de morts en mer depuis le début de l’année et d’innombrables récits de souffrance, il est temps que les dirigeants européens reconnaissent ce désastre humanitaire et propose enfin des solutions humaines appropriées  – à commencer par la mise en place d’un mécanisme permettant un désembarquement rapide », a dit Berger.

    MSF appelle les États européens à :

    • Mettre en place un mécanisme de désembarquement pérenne et prévisible qui protège les droits des survivants.
    • Mettre fin au soutien politique et matériel au système de retours forcés en Libye où les réfugiés et les migrants sont placés en détention arbitraires, dans des conditions inhumaines. Les personnes fuyant la Libye ne peuvent pas y être renvoyées.
    • Face au besoin urgent, mettre en place  une capacité proactive et suffisante de recherche et sauvetage au niveau européen.
    • Arrêter les actions punitives contre les ONG qui tentent de fournir une assistance vitale à la place des gouvernements qui devraient répondre à cette crise.

    « Après le désembarquement nous ferons une escale technique dans un port pour nous réapprovisionner et changer d’équipage », a ajouté Berger.

    Tant que des personnes se noient et continuent à fuir la Libye, nous continuerons à sauver des vies en mer.
    Jay Berger, coordinateur de projet MSF, à bord de l'Ocean Viking