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Ocean Viking. Migration. Opérations de secours en mer.

Mer Méditerranée

Les 356 personnes rescapées secourues par MSF et SOS MEDITERRANEE doivent maintenant être débarquées dans un lieu sûr

Deux enfants secourus à bord de l'Ocean Viking. Méditerranée centrale, 9 août 2019. © MSF/Hannah Wallace Bowman
Communiqués de presse 
Après quatre jours consécutifs d’opérations de secours en mer Méditerranée centrale, 356 hommes, femmes et enfants se trouvent actuellement à bord de l’Ocean Viking.

    Médecins Sans Frontières (MSF) et SOS MEDITERRANEE ont officiellement demandé aux autorités maritimes maltaise et italienne d'assurer la coordination et de les aider à trouver un lieu sûr, en tant que centres de coordination effectifs les plus proches, et compte tenu de l'absence de réponse des autorités libyennes.

    « Parmi ces rescapés, il y a ceux qui portent les séquelles des terribles violences physiques et psychologiques subies au cours de leur passage en Libye. La réalité aujourd’hui c’est qu’à cause du conflit en cours dans ce pays, de nombreux migrants et réfugiés sont pris au piège dans des centres de détention situés dans les zones où se déroulent des combats », déclare Jay Berger, coordinateur MSF à bord de l'Ocean Viking. « Nous demandons maintenant un lieu sûr pour débarquer ces personnes vulnérables sans délai. Elles ont assez souffert. »

    Bien qu'ayant été contactées tout au long des quatre opérations de sauvetage menées entre le vendredi 9 et le lundi 12 août, les autorités libyennes n'ont répondu à aucune de nos alertes en amont des sauvetages. A deux reprises, en revanche, le centre conjoint libyen de coordination des opérations des secours (JRCC) nous a enjoint de débarquer en Libye les personnes secourues, ce qui est contraire au droit international. En aucune circonstance, MSF et SOS MEDITERRANEE ne renverront les personnes secourues en Libye.

    Nous demandons maintenant un lieu sûr pour débarquer ces personnes vulnérables sans délai. Elles ont assez souffert.
    Jay Berger, coordinateur MSF à bord de l'Ocean Viking

    Les autorités libyennes n’ont en outre pas réussi à identifier un autre lieu de débarquement qui réponde aux exigences du droit international. Sans lieu pour ramener ces personnes à terre en sécurité, l’Ocean Viking se dirige maintenant vers le nord.

    « Tous les sauvetages auxquels nous avons procédés sont survenus suite à une observation méticuleuse de notre environnement. Les autorités maritimes n’ont partagé aucune information avec nous », explique Nick Romaniuk, coordinateur des sauvetages pour SOS MEDITERRANEE. « Nous n’avons pu établir le contact qu’une seule fois avec l’un des trois avions européens qui patrouillent dans la zone. Cela montre à quel point répondre à leur devoir de sauver des vies n’est pas la priorité des États. »

    Une grande majorité des personnes à bord relatent avoir été victime d’emprisonnement arbitraire, d’extorsion, de travaux forcés dans des conditions qui se rapprochent de l’esclavage ou d’actes de torture au cours de leur périple. 103 enfants et adolescents sont désormais à bord de l'Ocean Viking, et seulement 11 d'entre eux sont accompagnés d'un parent ou tuteur.

    « Ces rescapés – y compris des mineurs – expliquent avoir été torturés, électrocutés, frappés avec des armes et des bâtons ou brûlés avec du plastique fondu. Les blessures et les traumatismes subis en Libye sont encore à vif et restent très douloureux », rapporte le Dr Luca Pigozzi, médecin MSF à bord de l’Ocean Viking.

    MSF et SOS MEDITERRANEE attendent des autorités européennes qu’elles respectent le droit international et désignent rapidement un lieu sûr où les rescapés à bord de l’Ocean Viking puissent être débarqués.