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Bilan de l'année 2015

Communiqués de presse 
Au cours de l’année 2015, MSF est intervenue dans 69 pays, dans lesquels elle a développé 446 projets humanitaires. L’organisation a réalisé notamment plus de 8,6 millions de consultations médicales ambulatoires et hospitalisé près de 600 000 patients.

    En 2015, la violence, les combats et les destructions n’ont fait que s’intensifier dans les zones de conflit, contraignant MSF à revoir régulièrement ses règles de sécurité pour permettre à ses équipes de pouvoir continuer à soulager, soigner, et porter secours à toutes les personnes en détresse, quelles qu’elles soient. La résultante de ces guerres s’est aussi traduite par l’arrivée de plus d’un million d’hommes, femmes et enfants sur les côtes italiennes et grecques. Ces personnes, parmi les plus vulnérables, n’ont, le plus souvent, pas été accueillies dans des conditions décentes et dignes, en raison des politiques migratoires hostiles mises en œuvre par les États européens. L’année 2015 a, une fois de plus, mis en lumière les lacunes et les difficultés de la communauté internationale à prendre ses responsabilités et à répondre aux besoins urgents d’assistance et de protection des populations en danger, explique Paul Delaunois, Directeur général de MSF Luxembourg.

    Attaques contre les structures médicales

    Le 3 octobre, le centre de traumatologie de MSF à Kunduz, en Afghanistan, a été entièrement détruit par un raid de l’armée américaine,  causant la mort de 14 membres du personnel MSF, 24 patients et quatre de leurs proches. Ces bombardements ont aussi privé plus d'un million d'habitants du Nord-Est de l'Afghanistan de soins chirurgicaux de qualité.

    L’attaque de l’hôpital MSF de Kunduz n’est pas un cas isolé. Au cours de l’année 2015, 106 attaques aériennes et pilonnages ont frappé 75 structures MSF, ou soutenues par MSF. Ces attaques répétées soulèvent des questions sur les règles de la guerre et le respect des conventions internationales. Elles poussent MSF à exiger de plus en plus de garanties afin de pouvoir travailler conformément au respect du droit international humanitaire: soigner en toute sécurité l’ensemble des personnes qui en ont besoin,  indépendamment de leur appartenance à l’un ou l’autre camp, groupe ou partie du conflit. Les attaques contre des structures de santé ont aussi des conséquences qui vont bien au-delà de l'impact initial. Leur destruction prive des milliers de civils de soins médicaux essentiels au moment où ils en ont le plus besoin.

    C'est en Syrie que le personnel et les infrastructures médicales sont majoritairement la cible de violences à la fois délibérées et aveugles. En 2015, MSF a recensé 94 attaques aériennes et pilonnages sur 63 structures soutenues par ses équipes dans ce pays. Dans 12 cas, la structure a été entièrement détruite et 81 membres du personnel médical soutenus par MSF ont été tués ou blessés.

    Guerre en Syrie : un désastre humanitaire

    Quelque 4,3 millions de Syriens ont été obligés de fuir leur pays et on estime à 6,6 millions le nombre de déplacés internes en Syrie. Au moins 1,5 million d'habitants sont piégés dans les zones assiégées, sans accès à l'aide humanitaire, aux soins ni à une évacuation médicale. 

    En 2015, MSF a continué de gérer six structures médicales dans le nord de la Syrie et a vu augmenter le nombre de patients présentant des complications médicales dues à l’interruption de leurs soins, ainsi que des cas d'infections et de décès à cause des pénuries d'antibiotiques. MSF a intensifié son programme d'appui à plus de 70 structures de soins gérées par des médecins syriens, en particulier dans les zones assiégées. MSF leur fournit sur une base régulière des conseils techniques, du matériel médical, finance les salaires et du carburant, et participe à la reconstruction des bâtiments endommagés. MSF procure en outre un soutien ponctuel, sous la forme de dons médicaux, à environ 80 autres centres de santé lors des urgences, comme en cas d'afflux massif de victimes.

    Le conflit syrien qui a éclaté en 2011 est à l’origine de la pire crise de déplacements de population depuis la seconde guerre mondiale.

    Le parcours du combattant vers l’Europe

    En 2015, on estime que 1.008.616 personnes sont venus chercher protection et refuge en Europe, dont une sur deux provenaient de Syrie. Au moins 3.771 personnes sont mortes en tentant la traversée de la Méditerranée vers l'Europe. MSF a mené des opérations de recherche et sauvetage en Méditerranée qui ont permis de sauver plus de 23.000 personnes et fourni une assistance médicale et humanitaire à plus de 150.000 personnes dont de nombreuses femmes et mineurs non accompagnés le long de la « route de migration » en Europe. En l'absence d'alternatives sûres, les demandeurs de protection internationale n’ont d’autre choix que d’avoir recours aux passeurs et de risquer leur vie dans des périples dangereux et incertains pour échapper à la guerre et aux persécutions ou parce qu'elles cherchent une vie meilleure et plus sûre pour elles-mêmes et leurs familles.
     

    Les leçons à retenir après l’épidémie d’Ebola

    L’Unité de Recherche Opérationnelle de MSF Luxembourg a participé activement à la lutte contre le virus Ebola et a poursuivi son action en 2015, apportant sa contribution au développement des connaissances sur le virus Ebola.

    Le virus Ebola a été l’intervention médicale la plus importante et la plus difficile à laquelle nous avons été confrontés entre 2014 et 2015 ; un défi mettant la recherche opérationnelle sur le devant de la scène. En effet, nous avons été confrontés à une maladie dont nous savions peu de choses, pour laquelle nous n’avions pas de remède, ni de moyen de prévention et qui présentait de nombreuses contraintes de diagnostic. Nos activités de recherche opérationnelle sur le terrain nous ont permis de développer une meilleure compréhension du virus et de la manière dont il fallait gérer la maladie. D’importantes leçons ont été tirées et il est essentiel qu’elles soient retenues, explique Rony Zachariah, responsable de l’Unité de Recherche Opérationnelle.

    MSF Luxembourg

    26 salariés travaillent au sein de l’association pour sensibiliser la population luxembourgeoise aux problématiques humanitaires, collecter les fonds nécessaires aux financement des interventions, encadrer les volontaires MSF qui partent sur le terrain et mener à bien des dizaines de recherches opérationnelles en lien direct avec les opérations afin de rendre celles-ci toujours plus efficaces. MSF Luxembourg rassemble également 92 membres associatifs, 62 bénévoles, 8 membres du Conseil d’Administration et plus de 26.000 donateurs actifs qui permettent à MSF de poursuivre sa mission.

    Une indépendance sans faille grâce au soutien des donateurs

    Grâce à la générosité d’une partie toujours plus importante de la population luxembourgeoise, MSF peut remplir ses missions. En 2015, les donateurs du Luxembourg ont soutenu les activités de MSF à hauteur de 5,4 millions d’euros.

    Nous tenons à remercier chaleureusement l’ensemble des donateurs du Luxembourg, qui à travers leurs gestes de solidarité, nous permettent d’apporter une aide médicale auprès des populations les plus démunies. C’est grâce à ce soutien que nous pouvons intervenir en toute indépendance, partout où la situation médicale et sanitaire le réclame, déclare le Dr Guy Berchem, Président de MSF-Luxembourg.

    En 2016, MSF continue et continuera à apporter une aide médicale à des populations dont la vie ou la santé est menacée : principalement en cas de conflits armés, d’épidémies, de catastrophes naturelles ou de privations de soins. Indépendante de tous pouvoirs politiques, économiques, militaires ou religieux, MSF continue et continuera à agir en toute impartialité, après évaluation des besoins médicaux des populations.