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L’amélioration de l'accès aux soins de santé secondaires pour les communautés vulnérables de Bar Elias

Vue du bloc opératoire de l'hôpital MSF de Bar Elias. Liban. Mai 2019. © Joffrey Monnier/MSF
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Les récentes manifestations qui ont eu lieu au Liban ont mis en évidence les défis économiques croissants auxquels le pays est confronté. L'accès au secteur médical, par exemple, est particulièrement coûteux pour les franges les plus vulnérables de la population libanaise et les réfugiés.

    Bien que la situation ait considérablement empiré au cours des derniers mois, ces défis ne sont pas nouveaux et se font ressentir depuis des années dans différentes parties de la société libanaise. On estime que près d'un tiers de la population libanaise vit sous le seuil de pauvreté, avec moins de 4 dollars par jour pour vivre.

    Le Liban a également accueilli plus d'un million de réfugiés syriens et plus d'un tiers d'entre eux vivent actuellement dans la plaine de la Bekaa.

    C'est dans le but de répondre aux besoins de ces personnes que MSF a ouvert un hôpital de 22 lits à Bar Elias, au cœur de la plaine de la Bekaa.

    « L'objectif de ce projet est de fournir des services médicaux aux communautés les plus vulnérables de la plaine de la Bekaa », explique Amaury Grégoire, chef de mission au Liban. « Nous voulons donner à ces personnes la possibilité d'accéder facilement aux soins de santé secondaires et tertiaires, même si elles n'en ont pas les moyens financiers. »

    L’hôpital fourni des services réalisant des chirurgies non-urgentes, comme celles destinées à soigner des hernies, des hémorroïdes ou des kystes, ainsi que des chirurgies gynécologiques, comme celle du prolapsus utérin.

    L'hôpital est également spécialisé dans les soins post-blessure, comme ceux concernant les ulcères ou les lésions au pied dues au diabète.

    « Certains pourraient penser que le traitement d'une hernie ou d'un pied diabétique n'est pas une urgence du fait que l’un comme l’autre ne met pas nécessairement la vie en danger, mais il est essentiel pour ces personnes », explique Amaury Grégoire.

    « En plus de vivre dans des conditions très difficiles, la plupart d’entre elles souffrent de problèmes médicaux, qui leur causent beaucoup de souffrance supplémentaire et les empêchent souvent d’avoir les revenus nécessaires pour nourrir leur famille. Notre intention, avec cet hôpital, est de les soulager, au mieux de nos capacités. »

    En mars 2020, l'hôpital de MSF intégrera des services de chirurgie plastique reconstructrice, en prêtant une attention particulière aux blessures liées à des brûlures.

    « Ces services sont particulièrement importants, car les personnes vivant dans des zones vulnérables sont davantage sujettes aux blessures et aux brûlures, en particulier les enfants », explique le Docteur Wael Harb, l’un des référents médicaux de MSF à Bar Elias.

    « Du fait de l’absence de mesures de sécurité anti-incendie - que ces personnes habitent dans un abri de fortune ou dans une maison - elles sont toutes sujettes à des brûlures au troisième degré. Et dans la région de la Bekaa, l'accès à des chirurgies reconstructrices post-brûlures à un prix abordable est presque inexistant », ajoute-t-il.

    Grâce au soutien de MSF, j'ai pu remarcher et trouver un emploi pour aider à subvenir aux besoins de ma famille.
    Ahmad, patient MSF à Bar Elias

    Les blessures dues à des brûlures sont complexes, souvent coûteuses et très longues à traiter, et elles peuvent causer des handicaps temporaires ou permanents.

    Les populations vulnérables que MSF soigne à Bar Elias ont déjà généralement du mal à joindre les deux bouts, et un handicap peut compliquer davantage leur capacité à effectuer des activités habituelles et gagner leur vie.

    Ahmad, 29 ans, est un patient qui a reçu des soins post-brûlure à l'hôpital de MSF. Il souffrait déjà d'une brûlure électrique à la jambe gauche vingt jours avant de venir à l’hôpital. La brûlure s'est progressivement infectée et n’arrivait pas à guérir.

    Une fois guérie après dix semaines de soins attentifs, Ahmad est heureux : « Grâce au soutien de MSF, j'ai pu remarcher et trouver un emploi pour aider à subvenir aux besoins de ma famille », a-t-il déclaré.

    Depuis l’ouverture de l’hôpital, plus de 1 000 opérations chirurgicales électives et 4 700 consultations de soins post-traumatiques ont été effectuées.

    Mahmoud, un patient Libanais de 51 ans, s’est vu diagnostiquer un problème intestinal et une hernie abdominale en 2018, il n'avait pas les moyens d'effectuer les opérations nécessaires. Il n'avait aucune couverture d'assurance maladie en tant que charpentier indépendant, et aucun moyen financier pour payer une telle intervention chirurgicale dite non-urgente.

    Un jour, en rentrant chez lui, il a remarqué l'hôpital de MSF, et il y est entré pour voir si on pouvait l'aider. Il a subi une opération quelques semaines après et a continué à venir régulièrement pour des consultations de suivi.

    « Je me sens bien maintenant. Heureusement, je n’ai plus de nausées ni de douleurs abdominales », confie-t-il.

    Cette année, MSF prévoit d'aider encore plus de patients au Liban, grâce à l'extension de ses services.

    MSF au Liban

    MSF a commencé à travailler au Liban en 1976 en réponse à la guerre civile, en envoyant des équipes médicales dans le sud du pays et à Beyrouth. C'était la première mission de MSF dans une zone de guerre.

    Aujourd'hui, MSF fournit des soins médicaux gratuits dans de multiples endroits au Liban.