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People search through the rubble of what used to be the Manguier Hotel

Haïti

Haïti : évaluations initiales et premières interventions après le séisme

Des personnes fouillent dans les décombres de ce qui était l'hôtel Manguier après le tremblement de terre du 14 août 2021 aux Cayes, dans le sud-ouest d'Haïti. © STANLEY LOUIS/AFP
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Le samedi 14 août à 8h30 locale, la terre a tremblé dans la péninsule sud d’Haiti. Un séisme de magnitude 7.2 a lourdement endommagé les bâtiments, les maisons et les principales voies d’accès des trois provinces de Grand’Anse, Nippes et Sud. Le bilan provisoire des victimes s’élèverait à plus de 1 300 morts, et 5 700 blessés selon les autorités haïtiennes.

    MSF a lancé des missions exploratoires dans plusieurs localités, commencé des interventions dans les villes de Port-Salut, Les Cayes et Jérémie, et s’apprête à renforcer ses activités dans les prochains jours, en envoyant du matériel médical, des biens de première nécessité et des ressources humaines médicales, notamment des équipes chirurgicales, à même de pouvoir prendre en charge les blessés. 

    Premières interventions

    Dès les premières heures après le séisme, une équipe médicale, habituellement basée dans notre projet de santé reproductive à Port-à-Piment, a pu rapidement se rendre à l’hôpital général des Cayes pour y évaluer la situation, et débuter une intervention. Une autre équipe a pu se déployer à l’hôpital de Port-Salut, où 26 blessés ont été référés, notamment en provenance des localités de Port-à-Piment, de Les Anglais et de Les Cayes.

    Carte du tremblement de terre d'août 2021 et des zones soutenues par MSF en Haïti.

    Dans la province de Grand’Anse, une équipe chirurgicale et du matériel de stérilisation ont pu être acheminés à l’hôpital St Antoine de la ville de Jérémie. Dans le même temps, dans la province de Nippes, du soutien matériel a été donné à l’hôpital Sainte-Thérèse de Miragoâne.

    Notre priorité actuelle est avant tout d’avoir une idée précise de la situation médicale, de prendre en charge directement les blessés lorsque nous le pouvons, ou de les référer vers des structures médicales fonctionnelles après les avoir stabilisés. Alessandra Giudiceandrea, cheffe de mission pour MSF en Haiti

    Plusieurs évaluations sont actuellement en cours, dans les localités de Baradères, Petit Trou, Les Anglais, Corail et Pestel. En fonction de la réalité du terrain, MSF pourrait déployer d’autres équipes médicales, débuter des distributions de biens de première nécessité et des activités d’eau et assainissement.

    Chaque fois qu’elles le peuvent, les équipes médicales aident à la référence des blessés vers des structures de santé fonctionnelles.

    Principales contraintes

    Le transport des équipes et du matériel médical est un des principaux défis actuels. Plusieurs routes sont coupées, notamment celles entre Les Cayes et Jérémie ou entre Port-à-Piment et Les Anglais.  Les glissements de terrain, qui ont endommagé les voies d’accès, ralentissent et compliquent le déploiement des secours et l’acheminement de l’aide. MSF va louer un hélicoptère pour accéder plus rapidement aux zones isolées, acheminer du matériel et référer les blessés potentiels. Les voies maritimes sont également une option envisagée.

    Autre motif d’inquiétude, une tempête tropicale, nommée Grace, devrait toucher la zone du séisme dans les prochaines heures.

    « Plusieurs établissements de santé ont évacué leurs patients à l’extérieur des bâtiments parce qu’ils sont endommagés ou par peur de répliques sismiques, comme à l’hôpital St-Antoine de la ville de Jérémie où nous intervenons », raconte Michel-Olivier Lacharité, Responsable des urgences à MSF.

    De nombreux patients sont dehors ou sous des tentes, et maintenant, de fortes pluies sont prévues cette nuit. Sans même parler de tous les haïtiens qui ont perdu leurs maisons. Michel-Olivier Lacharité, Responsable des urgences à MSF.

    Enfin, la situation sécuritaire est une donnée qui ne peut être mise de côté. La principale route allant dans le sud-Ouest d’Haïti passe par Martissant, un quartier de Port-au-Prince particulièrement touché par la violence des groupes armés. Même si les gangs armés y ont déclaré un cessez-le-feu, l’insécurité générale en Haïti complique le déploiement des secours. Même avant le séisme, les établissements de santé des provinces de la péninsule Sud d’Haiti connaissaient de nombreux dysfonctionnements et problèmes d’approvisionnement.

    A Port-au-Prince

    A Port-au-Prince, le séisme n’a heureusement pas endommagé d’infrastructures ni de bâtiments. Nos équipes, présentes depuis plusieurs années à l’hôpital de Tabarre, ont reçu 12 blessés en provenance de la zone du tremblement de terre. Dans le quartier de Turgeau, MSF a accéléré l’ouverture de ses activités au Centre de Diagnostic et de Traitement Intégré (CDTI), communément appelé hôpital Sacré-Cœur, afin de pouvoir y stabiliser des blessés et les référer. En une journée, 25 patients blessés ont été reçus. Une campagne de collecte de sang a par ailleurs été lancée pour faire face à de potentielles pénuries.

    Renforcement de notre intervention

    Dans les jours à venir, d’autres équipes médicales, notamment chirurgicales, devraient pouvoir se former et apporter un renfort dans plusieurs localités des trois provinces les plus touchées.

    Du matériel médical, d’eau et d’assainissement, et des biens de première nécessité comme des tentes vont également être acheminés par avion jusqu’en Haïti. Au vu des destructions matérielles, ce volet d’activités va également constituer une priorité d’intervention pour MSF.

    MSF à Haïti

    MSF est présente en Haiti depuis plus de 30 ans. Nos activités régulières continuent, notamment à l’hôpital de Tabarre à Port-au-Prince, où MSF prend en charge des patients sévèrement brûlés ainsi que des personnes souffrant de blessures traumatiques. MSF fournit aussi des soins de santé maternelle, sexuelle et reproductive à Port-à-Piment, dans la province Sud d’Haïti, et prend en charge les victimes de violence sexuelle et de genre à Port-au-Prince et Gonaïves.

    Après plus de 15 ans de présence, MSF a été forcée de fermer son centre d’urgence de Martissant, à Port-au-Prince, après qu’un groupe armé ait tiré sur la structure le 26 juin 2021, mettant ainsi en danger le personnel médical et les patients. Plus tôt dans l’année, MSF avait déjà été obligée de transférer son hôpital de prise en charge des grands brûlés de Drouillard à Tabarre, pour des raisons sécuritaires.

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