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Yemen

Choléra au Yémen: il est urgent que l’aide atteigne les régions les plus reculées pour limiter le nombre de décès

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    Alors que l’épidémie de choléra dure depuis quatre mois, et malgré une diminution des nouveaux cas dans le pays ces 10 derniers jours, MSF prévient que de nombreuses personnes continuent de décéder dans les zones les plus difficiles d’accès.

    Sans un déploiement rapide de l’aide et la mise en place de mesures de prévention dans les communautés, le nombre de morts continuera d’augmenter.
    Plus de 430 000 personnes ont déjà contracté la maladie depuis le 27 avril, date de déclaration de l’épidémie.

    «Il y a quelques semaines, un de mes voisins a commencé à souffrir de diarrhée et vomissements», explique Zayed Al Goidi, un habitant de Beit Al Ghwadi, un village dans la vallée d’Osman, l’une des zones les plus difficiles d’accès du gouvernorat d’Amran. «Il est mort le jour même, sans que l’on en connaisse la raison. Nous n’avons pas de télévision et de téléphone, et peu d’entre nous ont une radio. Ce n’est que longtemps après que nous avons compris qu’il s’agissait du choléra».

    Comment pouvons-nous payer une telle somme ? Pour sauver nos vies, nous devons donner en gage nos biens : notre terre, les bijoux de nos femmes.

    Identifier la maladie ne suffit pas à sauver la vie des habitants de ces villages, qui pour la plupart n’ont pas les moyens de se déplacer pour chercher des soins. «Le centre de santé le plus proche se trouve à plusieurs heures, et le trajet coûte jusqu’à 60 dollars», explique Al Goidi. Nous sommes pauvres, et nous avons à peine de quoi survivre. «Comment pouvons-nous payer une telle somme ? Pour sauver nos vies, nous devons donner en gage nos biens : notre terre, les bijoux de nos femmes».

    «Les données épidémiologiques montrent que la vallée d’Osman est l’une des régions les plus touchées pas le choléra», précise Ghassan Abou Chaar, chef de mission de MSF au Yémen. «C’est une région reculée, où la population ne connaît pas le choléra et où les conditions de vie sont précaires. Tout cela a accéléré la propagation de la maladie et augmenté le nombre de décès. Nous ne pouvons pas simplement attendre dans les centres de traitement et traiter les quelques patients qui réussissent à arriver jusqu’à nous. Si nous n’arrivons pas à atteindre des endroits comme la vallée d’Osman, les gens continueront à mourir».

    Nous ne pouvons pas simplement attendre dans les centres de traitement et traiter les quelques patients qui réussissent à arriver jusqu’à nous. Si nous n’arrivons pas à atteindre des endroits comme la vallée d’Osman, les gens continueront à mourir.

    Le Dr Mohamed Musoke, coordinateur de la réponse MSF à l’épidémie de choléra, s’est rendu à Beit Al Ghwadi depuis l’hôpital MSF de Khamir, à deux heures et demie de voiture. «La route est très difficile et cet endroit est presqu’entièrement isolé. Pendant le trajet nous avons traversé le fleuve qui sert de source principale d’eau pour la communauté. Nous avons vu des animaux qui buvaient, des gens qui lavaient leurs vêtements, et des mères qui donnaient l’eau du fleuve à boire à leurs enfants».

    Mi-juillet, les équipes MSF ont distribué du matériel d’hygiène à des centaines de familles dans la vallée d’Osman, et organisé des activités de sensibilisation sur le choléra. «Les puits et les points d’eau doivent être traités, et la population doit être informée sur les moyens de prévenir la maladie. Ceci est d’autant plus urgent que la saison des pluies va bientôt commencer», conclut Ghassan Abou Chaar.

    Depuis le début de l’épidémie, MSF a traité plus de 82 600 patients – environ un cinquième de tous les cas recensés dans le pays. MSF appelle à ce que davantage d’acteurs s’impliquent dans une réponse coordonnée à l’épidémie, comprenant des activités d’hygiène et d’assainissement, et d’éducation à la santé.

    *Image principale : une infirmière MSF vérifie la tension artérielle d'une patiente. MSF reçoit un nombre accru de patients atteints de choléra au Yémen depuis le début de mai 2017. © Nuha Haider