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Libye

Libye : la complicité cynique de l'UE dans un système de détention arbitraire

Focus 

    Des représentants européens se félicitent de la baisse du nombre de départs de migrants de la Libye vers l’Europe et qu’il y ait moins de morts en Méditerranée ces dernières semaines, mais ils feraient mieux d’analyser aussi le prix que ces « migrants » payent pour ce résultat : ces êtres humains sont renvoyés par la force vivre dans des conditions inhumaines, ces personnes sont exposées à des niveaux alarmants de violence et d’exploitation dans les centres de détention en Libye.

    Les pays de l’Union européenne, qui visent à stopper le flux de réfugiés et de migrants, ont décidé récemment de maintenir coûte que coûte ces populations vulnérables en Libye. Il s’agit du dernier exemple d’une série d’initiatives inacceptables et inhumaines mises en place pour protéger les frontières européennes. La politique migratoire européenne se poursuit inexorablement quelles que soient ses conséquences dévastatrices sur les vies et la santé de milliers de réfugiés et de migrants bloqués aujourd’hui en Libye, où ils sont confrontés à d’horribles souffrances.
     

    Voici, en vidéo, les 5 raisons de ne pas bloquer les réfugiés, migrants et demandeurs d'asile en Libye:

    Témoignages

    «La dernière fois que j’ai été kidnappée, j’ai passé six jours dans une cellule avec d’autres femmes. Certaines sont mortes parce que les gardiens ne nous donnaient ni nourriture ni eau. Leurs cadavres ont été laissés avec nous dans la cellule. Nous ne pouvions pas dormir la nuit parce que mes amies mortes étaient à côté de nous.»  Femme, 20 ans, de Gambie

    «Cela fait 25 jours que je n’ai pas pu aller aux toilettes, c’est vous dire à quel point la nourriture est mauvaise et que nous n’avons pas assez d’eau.» Homme, 27 ans, de Gambie

    «Il y a une semaine, un homme libyen m' a enlevé d’une autre prison et m' a dit que je travaillerais pour lui. Moi et trois hommes avons été emmenés, mais on n' a jamais travaillé pour lui. Il nous a amenés directement à cet endroit[centre de détention]. Nous avons été vendus.» Femme, du Nigéria
     

    *Image principale: un gardien ferme la porte d'une cellule au centre de détention d'Abu Salim, à Tripoli, en Libye. ©Guillaume Binet/Myop
     

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