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Bilan de l’année 2016

Communiqués de presse 
Au cours de l’année 2016, Médecins Sans Frontières (MSF) est intervenue dans 71 pays, dans lesquels elle a développé 468 projets humanitaires. L’organisation a réalisé notamment près de 9,8 millions de consultations médicales ambulatoires et hospitalisé plus de 670 000 patients.

    Les guerres tuent plus de civils que de combattants et amplifient les déplacements forcés de population

    Près d'un tiers des projets de MSF en 2016 ont été consacrés à fournir une assistance aux populations piégées par les guerres, comme au Yémen, au Soudan du Sud, en Afghanistan, en Irak, au Nigéria et en Syrie.

    Depuis 2015, une centaine de structures médicales MSF ou soutenues par MSF ont été bombardées.

    Dans de nombreuses zones de conflit, les civils et les infrastructures civiles - y compris les établissements médicaux - ont subi des attaques indiscriminées ou ciblées. Depuis 2015, une centaine de structures médicales MSF ou soutenues par MSF ont été bombardées. Si la grande majorité des attaques contre les structures hospitalières MSF ont lieu en Syrie, nous avons aussi à déplorer des bombardements au Yémen, en Afghanistan, en Ukraine et au Soudan.

    Des millions de personnes ont dû fuir leurs maisons, parfois à de multiples reprises. Nos équipes ont aidé les personnes piégées par la guerre et celles qui la fuient, en se souciant particulièrement des personnes vulnérables, notamment les femmes enceintes et les nouveau-nés ; elles ont traité les blessés et les personnes ayant des urgences médicales, ont apporté des soins aux personnes atteintes de maladies chroniques et ont répondu aux épidémies, notamment par des campagnes de vaccination.

    Nos équipes ont aidé les personnes piégées par la guerre et celles qui la fuient, en se souciant particulièrement des personnes vulnérables, notamment les femmes enceintes et les nouveau-nés.

    MSF a également travaillé pour répondre à d'autres besoins vitaux, en distribuant de l'eau potable et des articles de secours essentiels. MSF a également aidé les personnes victimes de déplacements forcés qui fuient la répression, la pauvreté ou la violence et qui, très souvent, subissent de nouvelles formes de violence, d'exploitation ou de mise en danger de leur vie et de leur santé, parce que les États refusent d’envisager des options migratoires sûres et légales.

    Les migrants en quête de sécurité et de protection exposés à des risques de plus en plus grands

    Le nombre de personnes traversant par mer en Italie est passé de 153 000 en 2015 à plus de 180 000 en 2016. Au moins 5 000 hommes, femmes et enfants sont morts pendant la tentative de traversée de la mer Méditerranée. Les équipes de MSF à bord de trois navires de recherche et de sauvetage ont sauvé 21 600 personnes de bateaux en détresse en Méditerranée.

    Sans opérations de recherche et sauvetage mises en place par les ONG, combien y aurait-il eu de morts supplémentaires cette année en Méditerranée ?

    Nos équipes ont également récupéré les corps de personnes qui se sont noyées ou ont été asphyxiées, écrasées par le poids de centaines d'autres. En 2016, près d’une personne sur 35 est morte en tentant de fuir la Libye par la mer. «Sans opérations de recherche et sauvetage mises en place par les ONG, combien y aurait-il eu de morts supplémentaires cette année en Méditerranée ?», interroge le Dr Rony Zachariah, responsable de l’Unité de Recherche Opérationnelle basée au Luxembourg (LuxOR).

    En juin, trois mois après la signature de l'accord UE-Turquie, MSF a annoncé qu'elle n'accepterait plus les fonds de l'UE ou des États membres de l'UE, en opposition à leurs politiques de dissuasion dommageables et des tentatives continues pour éloigner les gens et leurs souffrances hors des frontières de l'Europe.

    Depuis l’accord, l’UE et ses États membres multiplient les contrevérités pour le présenter comme un succès, alors que sa mise en œuvre a entraîné des violations quotidiennes et systématiques des droits humains.

    Depuis l’accord, l’UE et ses États membres multiplient les contrevérités pour le présenter comme un succès, alors que sa mise en œuvre a entraîné des violations quotidiennes et systématiques des droits humains. Les personnes vulnérables ne sont pas protégées et ne reçoivent pas les soins dont elles ont besoin.

    Route des Balkans : entre traitements inhumains et manque de protection

    L’Unité de Recherche Opérationnelle de MSF Luxembourg a été le témoin cette année des conséquences dévastatrices de ces politiques migratoires, notamment à la frontière serbo-hongroise. « Blessures par coup de poing ou de pied, morsures de chien, irritation découlant de l’utilisation de gaz lacrymogènes et autres blessures graves: entre septembre 2016 et février 2017, 86% des violences subies par les migrants sur la route des Balkans avaient été commises par des autorités étatiques. 93% d’entre elles par celles d’Etats membres de l’UE : 48% en Bulgarie, 28% en Hongrie, 17% en Croatie. Sans distinction d’âge, ni respect des droits humains, des enfants et des adolescents ont également été victimes de ces violences. Fuir les conflits et la mort serait-il devenu un délit ? », poursuit le Dr Rony Zachariah.

    Au cours de l’année 2016, les équipes MSF ont également répondu à d'autres situations d'urgence causées par des épidémies (paludisme, choléra, rougeole, etc.), des catastrophes naturelles (notamment en Haïti après le passage de l’ouragan Matthew en octobre) et ont fourni des soins et des traitements améliorés pour les patients atteints de maladies telles que la tuberculose (TB) et le VIH.

    MSF Luxembourg

    25 salariés travaillent au sein de l’association pour sensibiliser la population luxembourgeoise aux problématiques humanitaires, collecter les fonds nécessaires aux financement des interventions, encadrer les volontaires MSF qui partent sur le terrain et mener à bien des dizaines de recherches opérationnelles en lien direct avec les opérations afin de rendre celles-ci toujours plus efficaces. MSF Luxembourg rassemble également 100 membres associés, 58 bénévoles, 9 membres du Conseil d’Administration et plus de 25 000 donateurs actifs qui permettent à MSF de poursuivre sa mission.

    Les 30 ans de MSF Luxembourg

    L’année 2016 coïncidait avec le 30ème anniversaire de la création de MSF au Luxembourg. Une date importante qui souligne l’engagement des centaines de volontaires qui sont partis depuis 1986, sur le terrain au chevet de millier et de millier de patients. À l’occasion de ses 30 ans, MSF Luxembourg est revenue sur son histoire, notamment par le biais d’un livre (composé de trente témoignages intimistes des membres de l’association qui ont contribué à sa fondation ou à son développement) et d’une exposition (qui mettait en scène des moments clés des  interventions et actions de MSF Luxembourg au travers de 30 photographies) ; nous avons aussi lancé deux campagnes, l’une en vue de susciter des vocations humanitaires (MSF ne serait rien sans les hommes et les femmes qui la composent) et l’autre pour remercier l’ensemble de nos donateurs qui, par leur soutien, contribuent à inscrire l’histoire de MSF Luxembourg dans la durée.

    Une indépendance sans faille grâce au soutien des donateurs

    En effet, grâce à la générosité de la population luxembourgeoise, MSF peut remplir ses missions. En 2016, 25 484 personnes ont soutenu les activités de MSF à hauteur de 4,7 millions d’euros. 

    En 2016, les donateurs du Luxembourg ont soutenu les activités de MSF à hauteur de 4,7 millions d’euros.

    « À titre d’exemple, 4,7 millions d’euros, c’est le budget utile pour le fonctionnement général d’un hôpital de 118 lits et de six centres de santé à Bangassou en République centrafricaine. Chaque don, quel que soit son montant a donc son importance, et permet de sauver concrètement des vies. Partout où nous sommes allés en 2016, nos donateurs étaient là. Merci à eux pour leur présence, merci d’être les garants de notre indépendance », déclare le Dr Guy Berchem, Président de MSF-Luxembourg.

    En 2017, MSF continue et continuera à apporter une aide médicale à des populations dont la vie ou la santé est menacée : principalement en cas de conflits armés, d’épidémies, de catastrophes naturelles ou de privations de soins. Indépendante de tous pouvoirs politiques, économiques, militaires ou religieux, MSF continue et continuera à agir en toute impartialité, après évaluation des besoins médicaux des populations.

    Rapport d'activités MSF Luxembourg 2016

    LuxOR 2016 Annual Report Summary

    *Image principale : l'hôpital Al-Nasr dans le gouvernorat d'Al-Dhale au sud du Yémen. L'équipe MSF fournit une assistance médicale au patient en salle d'urgence, le patient a été blessé suite à un accident de la route. © Mohammed Sanabani/MSF