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Haïti

Aujourd'hui en Haïti, les besoins sanitaires et humanitaires restent énormes

Communiqués de presse 
Dans ce pays où 60% de la population n’a pas accès à des soins, par incapacité financière ou éloignement des centres de santé, la présence de MSF reste indispensable, 6 ans après le tremblement de terre de janvier 2010.

    MSF a lancé ses premiers projets en Haïti en 1991 avec des programmes de réponses aux urgences lors de catastrophes naturelles ou de situations de crise politique. Le séisme de 2010 a détruit en quelques secondes 60% d’un système de santé qui dysfonctionnait. MSF a immédiatement mis sur pied l’une des plus grandes interventions d’urgence de son histoire, apportant des soins à 360.000 personnes pendant 10 mois.

    L’éventail d’offre médicale qui s’était accru significativement après le séisme est à nouveau faible suite au retrait de nombreuses ONG qui ont quitté Haïti quand les financements institutionnels de leurs projets ont pris fin. Les nombreux centres médicaux mis en place par les donateurs internationaux ne sont aujourd’hui plus en état de fonctionner correctement : en plus d’être en sous-effectif, le ministère de la Santé haïtien est financièrement incapable de couvrir leurs frais de fonctionnement et l’achat de médicaments et fournitures médicales.

    Les autorités sanitaires du pays n’arrivent pas à trouver l’appui d’acteurs engagés dans le secteur médical pour remettre sur pied un système de santé capable d’offrir des soins de qualité et accessibles pour toute la population. MSF a choisi de rester à leurs côtés pour les accompagner vers cet objectif. Bien sûr, des soins spécialisés d’une certaine qualité existent, mais c’est surtout auprès des structures privées qu’ils sont disponibles : dans un pays où la majorité de la population vit sous le seuil de pauvreté, ces soins restent donc inaccessibles au plus grand nombre. 

    Haïti, c’est l’horreur au paradis. La beauté du pays est en décalage complet avec les privations vécues par la population haïtienne. Il est du devoir de MSF de ne pas l’abandonner. Par exemple, un projet comme Martissant à Port-au-Prince, un centre d’urgence MSF complètement opérationnel, performant et gratuit, au cœur d’un bidonville, qui admet tous les types de pathologie urgente, est particulièrement adapté à un contexte de pauvreté, de dénuement et d’insécurité chronique, explique le Dr Guy Berchem de retour du terrain.

    Dans un contexte où ni les problèmes structurels, ni la violence sociale et criminelle ne connaissent d’améliorations – rien qu’à l’hôpital MSF de Tabarre, en moyenne cinq patients blessés par balle sont soignés par jour -, MSF a mis sur pied dans la capitale Port-au-Prince, un véritable réseau de soins et de services médicaux spécialisés et gratuits. MSF gère trois structures hospitalières dont chacune a sa spécialité : traumatologie, maternité/obstétrique et traitement des brulés, un centre d’urgence et une clinique pour soigner les victimes de violences sexuelles. De plus, MSF se tient prête à répondre rapidement et efficacement en cas de catastrophes naturelles, à des flambées de choléra et/ou à des montées de violence.

    Tant que des lacunes importantes dans les services de santé persisteront dans le pays et que les coûts seront trop élevés pour la population pauvre, MSF continuera à offrir des soins de qualité gratuits à une population particulièrement délaissée. En tant qu’organisation d’urgence, MSF ne peut pourtant pas remplacer le ministère de la Santé. Les autorités haïtiennes doivent réaliser des investissements à long terme, avec l’appui des donateurs internationaux, conclut Paul Delaunois, Directeur général de MSF Luxembourg.