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Infirmier(e)s sans limites

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À l’occasion de la Journée internationale des infirmier(e)s, MSF célèbre le travail, le dévouement et la passion de ses 8 843 infirmier(e)s qui sauvent des vies à travers le monde.

    «Être infirmière fait ressortir l’humanité qui sommeille en vous». Ce sont les mots de Philomena Obiefuna, une infirmière nigériane qui prend soin des enfants malnutris dans l’État de Borno, région en proie à un conflit. MSF s'efforce d'apporter un sentiment d'humanité commune à chaque communauté qu'elle aide et chaque jour, ce sont nos infirmier(e)s qui rendent cela possible.

    Des épidémies de choléra à la violence extrême, de la fourniture de soins de base dans les communautés défavorisées et éloignées à l'aide aux personnes forcées de fuir leur foyer, il serait difficile de trouver une activité médicale où les infirmier(e)s de MSF ne sont pas impliqué(e)s. Il serait également impossible de trouver un projet où les infirmier(e)s ne sont pas en première ligne, prodiguant des soins vitaux aux patients, chaque heure de chaque jour qui passe.

    Que ce soit en tant qu'infirmier(e)s anesthésistes dans une salle d'opération, en vaccinant des milliers d'enfants en une journée, en gérant un hôpital, en parcourant des centaines de kilomètres pour installer une clinique mobile dans une communauté isolée ou en triant des personnes sauvées d'un bateau qui coule, les infirmier(e)s MSF sont généralement le premier visage qu'un patient voit lorsqu'il est pris en charge par MSF. Leur expertise, leur talent et leurs compétences jouent un rôle essentiel dans le traitement de nos patients.

    Tous ceux qui travaillent pour MSF savent qu'aucune de nos activités, réparties dans plus de 70 pays, ne pourrait se poursuivre sans l'engagement, la passion et les compétences quotidiennes de nos 8 843 infirmier(e)s actif(ve)s. Un employé de MSF sur cinq est infirmier(e) et une majorité écrasante (près de 90%) sont des employés locaux, recrutés dans le pays où ils travaillent, fournissant des soins à leurs propres communautés.

    Quiconque a passé du temps en tant que patient dans un hôpital dira que la plupart de ses interactions quotidiennes se déroulaient avec des infirmier(e)s. Cela est aussi vrai dans les régions les plus défavorisées du Soudan du Sud que dans une clinique privée de New York. Les opérations de MSF ne font pas exception : quels que soient les besoins des patients, nos infirmier(e)s sont là pour s'occuper d'eux.

    Chez MSF, les soins infirmiers sont basés sur une approche centrée sur le patient qui permettent de traiter et soutenir le patient de façon adaptée à sa situation.

    Il y a aussi le côté technique des soins infirmiers. En effet, les infirmier(e)s réalisent de nombreux actes cliniques, parmi lesquels la réanimation des patients, la surveillance des signes vitaux, le nettoyage et le pansement des plaies, l'administration de pilules et d'injections, l'insertion de perfusions intraveineuses, la vaccination et bien plus encore.

    Malgré les circonstances qui consistent à travailler dans des environnements très difficiles, MSF insiste sur le fait que les soins prodigués doivent être basés sur des preuves et être de la plus haute qualité possible. Tous les actes médicaux des infirmier(e)s peuvent uniquement sauver des vies s’ils sont bien exécutés, au bon moment et avec le bon matériel. Chez MSF, l’apport de soins infirmiers de haute qualité est soutenu par un nombre de lignes directrices, protocoles et procédures standards qui aident les infirmier(e)s. Mais au-delà de ces procédures, leur expertise, leur talent et leurs compétences jouent un rôle critique dans le traitement des patients.

    «Les compétences des infirmier(e)s font souvent la différence entre la vie et la mort », explique le Dr Sebastian Spencer, directeur médical de MSF. «Je n’oublierai jamais cette infirmière en République centrafricaine qui m’a appris à réaliser une transfusion sanguine intra-osseuse, c’est-à-dire comment injecter du sang directement dans la moelle de l’os. Nous avons sauvé un enfant ce jour-là à Paoua, mais ce que j’ai appris de cette infirmière m’a permis de sauver bien plus de vies et même d’apprendre cette technique à d’autres. Énormément de médecins apprennent des infirmier(e)s».

    Nos infirmier(e)s font une énorme différence en aidant les patients à effectuer des actions qu'ils ne peuvent pas réaliser facilement par eux-mêmes. Cela implique des petites tâches basiques comme manger, boire, éliminer les déchets corporels, dormir, se reposer ou encore maintenir la température à un niveau normal. Tout cela contribue à la guérison du patient, mais aussi à regagner leur autonomie dès que possible.

    Les infirmier(e)s sont les oreilles qui écoutent les histoires, les peurs et les espoirs des patients. Ils sont l’épaule lorsque les membres de la famille perdent un être cher à la suite d'une blessure ou d'une maladie. Ils sont les conseillers quand un patient perd foi en sa guérison. Ils sont le sourire désespérément nécessaire dans une situation stressante. Ils prennent tout simplement soin des personnes.

    Ahmad Nabil, un infirmier irakien qui travaille avec des personne déplacées internes ayant fui le conflit au nord de l’Irak, déclare : «en tant qu’infirmier, ma spécialité consiste à prodiguer des soins médicaux, mais parfois ce qui aide vraiment les personnes, c’est d’être écouté.»

    MSF ne pourrait pas continuer sa mission sociale sans les infirmier(e)s. Si nos médecins n’ont pas de frontières, nos infirmier(e)s n’ont certainement pas de limites. Le travail extraordinaire réalisé par ces professionnels n’a parfois pas la reconnaissance qu’il mérite, mais quiconque a pu assister à leur passion et dévouement quotidiens peut témoigner de la différence qu’ils réalisent. Pourtant, pour les infirmier(e)s MSF, comme beaucoup d'infirmier(e)s à travers le monde, la meilleure récompense est probablement celle qu'ils obtiennent subtilement de leurs patients. 

    Selon les mots de Michael Shek, un infirmier britannique qui a travaillé au Soudan du Sud et en Syrie, «dans beaucoup de lieux où je travaille les gens n'ont rien, et être là pour soulager leurs souffrances et voir un sourire sur leurs visages quand ils quittent l'établissement est l'une des choses les plus gratifiantes.»

    Photo principale : l'infirmière Kathy Brown s'occupe d'un enfant avec des auxiliaires médicaux, en République centrafricaine, en juillet 2014. © Daniel Barney