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Vathy. Samos. Grèce. Migrants.

Grèce

Grèce : l’épidémie de Covid-19 progresse à Vathy, « l'autre Moria » des îles grecques

Golnegar avec sa famille, devant leur tente, dans le camp de Vathy, sur l'île de Samos, en juillet 2020. © Enri Canaj / Magnum Photos pour MSF
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Plus de 50 personnes ont été confirmées positives au Covid-19 dans le camp de Vathy, sur l'île grecque de Samos. Près de 4 500 réfugiés et demandeurs d'asile y vivent dans des conditions de surpeuplement et de précarité qui les exposent davantage au coronavirus.

    Après l'incendie qui a détruit le camp de réfugiés de l'île de Lesbos, l'Union européenne s'était engagée à ce que des situations similaires à celle du camp de Moria ne se reproduisent pas.

    Malgré l'apparition de cas de coronavirus parmi la population de réfugiés et de demandeurs d'asile obligée de vivre dans le camp de Vathy, de nombreuses personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques y sont toujours bloquées, dans des conditions insalubres et dangereuses.

    C'est une insulte aux milliers de personnes qui souffrent dans les camps des îles grecques, d'entendre l'Union européenne dire qu'il n'y aura jamais un autre « Moria ».
    Jonathan Vigneron, coordinateur de projet MSF à Samos

    Les tentes, les conteneurs, le manque d'espace, d'accès aux moyens d'hygiène ou aux soins de santé sont propices à la propagation des maladies infectieuses. Le camp initialement construit pour accueillir 650 personnes en abrite aujourd'hui 4 500.

    Les quelques 50 personnes positives au Covid-19 sont toujours à l'intérieur du camp, isolées dans de mauvaises conditions et sans accès à un traitement médical. Jusqu'à présent, MSF n'a reçu, de la part des autorités compétentes, aucune information claire sur un éventuel plan de réponse à l'épidémie. Aucune stratégie médicale ne permet donc de lutter contre la propagation du coronavirus parmi la population, qui pourrait rapidement se répandre dans de telles conditions de promiscuité.

    Darwish et Aysha, originaires de Syrie, vivent dans le camp de Vathy. Ils ont perdu leur premier abri à cause d'un incendie qui s'est déclaré à la fin du mois d'avril. Darwish a des problèmes de reins qui l'empêchent de marcher, Aysha souffre quotidiennement de maux de tête et tous les deux font de l'hypertension. Leurs problèmes de santé les rendent particulièrement vulnérables au Covid-19.

    « Nos enfants sont obligés de tout faire à notre place, explique Aysha. Ils doivent nous emmener aux toilettes, nous trouver à manger et sortir du camp quand ils le peuvent pour nous acheter des médicaments. Les conditions de vie dans ce camp sont insupportables. Nous n'avons pas d'électricité et les scènes de violences sont monnaie courante. »MSF, don, médecins sans frontières, santé, maladie

    Cette situation met en lumière les terribles conditions de vie et d'accès aux ressources de base de ces personnes. Les équipes MSF ont ainsi constaté une détérioration de la santé mentale de leurs patients en raison des restrictions de mouvement et des conditions d'accès aux soins déplorables.

    Plus d'un millier d'enfants sont forcés de vivre dans des conditions insalubres. Pendant des années, les équipes MSF de Samos et de Lesbos ont été témoins des effets des politiques de refoulement et d'endiguement des flux migratoires par l'Union européenne. 

    Golnegar est mère de six enfants. Elle et son mari ont pris la décision de demander l'asile en Europe après avoir été pris pour cibles par des groupes armés en Afghanistan. La famille vit dans le camp de Vathy depuis plus de sept mois. Golnegar a commencé à venir au centre de santé MSF de Vathy alors qu'elle était encore enceinte. Elle et sa petite fille sont aujourd'hui régulièrement suivies par les sages-femmes de MSF.

    « Un de mes reins ne fonctionne pas bien et j'ai des maux de tête tous les jours. Malgré mes efforts pour consulter un médecin dans le camp ou à l'hôpital local, cela n'a pas été possible jusqu'à présent. Tous mes enfants ont des piqûres d'insectes sur le corps et sont régulièrement malades, mais je ne peux rien faire pour eux », raconte Golnegar.

    « Nous voulons juste un endroit sûr pour nos enfants. Nous sommes venus ici pour les sauver de la guerre et leur permettre d'aller à l'école. À la place, nous nous retrouvons dans ce camp, où nous attendons depuis presque un an. Combien de temps encore devrons-nous rester dans ce camp ? », ajoute son mari.

    « C'est une insulte aux milliers de personnes qui souffrent dans les camps des îles grecques, d'entendre l'Union européenne dire qu'il n'y aura jamais un autre « Moria », déclare Jonathan Vigneron, coordinateur de projet MSF à Samos. Nous observons les mêmes conditions de précarité dans le camp de Vathy. Une tempête se prépare et il faut agir maintenant. Nous appelons à ce que ces gens soient transférés vers des hébergements sûrs sur le continent ou dans d'autres pays européens. »

    Pour agir à nos côtés et exiger des gouvernements européens qu'ils prennent leurs responsabilités, signez la pétition.

     

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