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MSF Äthiopien

Éthiopie

Des taux de malnutrition élevés - MSF intervient dans le sud du Pays

Vue sur le camp de personnes déplacées internes de Chechele, l'un des plus grands sites près de la petite ville de Banko Gotiti, dans le sud de l'Ethiopie. Des milliers de personnes vivent dans ce camp, dans des huttes précaires faites de feuilles de « faux bananier ». Éthiopie. Avril 2019. © Markus Boening/MSF
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MSF s’inquiète des conditions de dizaines de milliers de personnes déplacées dans le sud de l’Éthiopie, à la suite d’une évaluation qui a révélé des résultats alarmants sur leur état nutritionnel, les conditions de vie précaires et l’accès limité à l’eau potable.

    MSF a lancé une intervention d’urgence dans la zone de Gedeo dans la Région des nations, nationalités et peuples du Sud (RNNPS) et appelle les agences humanitaires en Éthiopie à augmenter l’assistance aux personnes déplacées à l’intérieur du pays dans les nombreux camps de cette région. 

    Fin mars, MSF a examiné les enfants de moins de cinq ans sur huit sites de déplacés dans le woreda (une zone administrative en Éthiopie qui correspond à un district) de Gedeb, dans la zone de Gedeo. Les équipes de MSF ont constaté des taux de malnutrition aiguë sévère et de malnutrition globale aiguë bien plus élevés que le seuil de déclenchement d'urgence. Bien que cela ne faisait pas partie de l’évaluation, MSF a aussi constaté un nombre élevé de femmes enceintes malnutries.

    Nous avons immédiatement vu le besoin d’intensifier la réponse au traitement d’enfants malnutris, car les rares structures de santé dans la région étaient complètement submergées et ne pouvaient offrir les soins spécifiques pour des enfants montrant des complications.
    Markus Boening, coordinateur terrain de MSF à Gedeo

    « Un des plus gros problèmes est que les enfants malnutris arrivent trop tard pour être traités. Ceci traduit des lacunes dans la sensibilisation communautaire de la réponse apportée aujourd’hui », poursuit Markus Boening.

    Les équipes de MSF soutiennent le bureau régional de la santé, avec une attention particulière sur la malnutrition. Actuellement, 200 enfants de moins de cinq ans ont été traités contre la malnutrition aiguë sévère dans deux centres de stabilisation. 55 autres enfants sont en observation.

    La réponse va s’étendre dans les jours qui viennent afin d’améliorer les conditions sanitaires dans certains camps de déplacés et autres campements informels. Ceci inclut un accès accru à l’eau potable et aux latrines. Les autorités locales ont dénombré des centaines de cas de diarrhées aqueuses les semaines précédentes. 

    « Les camps sont surpeuplés et en mauvaises conditions. Les individus qui y vivent risquent d’être exposés aux épidémies. Leur santé est amoindrie après avoir été contraints de se déplacer tant de fois », nous explique Markus Boening.

    MSF est de retour à Gedeo seulement 3 mois après avoir fermé l’une de ses plus grandes interventions d’urgence de 2018. Elle avait été lancée suite à un déplacement massif de personnes, provoqué par des violences ethniques. Au point culminant de la crise en juillet dernier, les autorités éthiopiennes déclaraient que presque un million de personnes avaient été forcées à fuir leurs foyers.

    En décembre, les indicateurs sanitaires s’étaient améliorés, les admissions hospitalières avaient baissé et beaucoup de personnes étaient rentrées chez elles. Néanmoins, depuis, la situation s’est dramatiquement détériorée. L’insécurité grandissante, les menaces de violence, et le manque de soutien, ont poussé beaucoup d’individus à retourner à Gedeo. 

    « Les personnes déplacées qui n’étaient pas rentrées chez elles ont été absorbées dans des communautés hôtes. Cependant, les ressources de ces dernières sont épuisées, et rester signifie que les personnes déplacées n’accèdent plus à l’aide humanitaire. Il en résulte que beaucoup se déplacent vers de nouveaux sites pour personnes déplacées afin de bénéficier de cette aide » explique Mohamed Morchid, chef de mission MSF en Ethiopie.

    Des évaluations sont en cours afin d’identifier d’autres lacunes dans l’approvisionnement en nourriture et l’accès aux soins, mais les services médicaux ne peuvent à eux seuls résoudre les besoins nombreux de cette population en détresse.

    « Il est crucial, tant au niveau local, régional et fédéral, de continuer à mobiliser nos efforts et accroître la distribution de l’aide afin d’être certains que les besoins pressants de la population en soins, abris, eau et nourriture soient couverts. Il est aussi important que les personnes puissent bouger librement et accéder sans danger à l’aide humanitaire, pas seulement à Gedeo, mais aussi dans les autres régions d’Ethiopie sujettes aux déplacements internes de population », conclut Mohamed Morchid.