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Épidémie de coronavirus : que font les équipes MSF ?

Masques respiratoires servant à limiter les infections. © Oliver Petrie/MSF
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Plus de 170 pays ont désormais signalé des cas. Le 11 mars, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a qualifié le COVID-19 de «pandémie».

    Syrie : distributions aux déplacés d’Idlib et préparation face à la menace du coronavirus

    28 mars 2020

    Le camp de Deir Hassan, dans le nord-ouest de la Syrie, accueille plus de 164 000 personnes qui ont fui l’offensive militaire menée par les armées syriennes et leurs alliés russes. Les conditions de vie y sont déplorables et la menace d’une propagation du Covid-19 plane.

    Dans le camp de Deir Hassan, les infrastructures sanitaires sont insuffisantes pour faire face aux besoins d’un si grand nombre de personnes, ce qui augmente le risque de maladies d'origine hydrique. Les infections des voies respiratoires supérieures étaient jusqu’ici la principale affection observée par les équipes mobiles MSF.

    Se préparer face au coronavirus

    L'épidémie de Covid-19 est devenue une menace potentielle en Syrie. Le gouvernement syrien a enregistré, le 23 mars, le premier cas de Covid-19 dans le pays. Bien qu'aucun cas n'ait été déclaré dans la province d'Idlib, le dernier bastion rebelle, la maladie peut se propager très rapidement ...

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    Faire face au virus en Côte d’Ivoire

    27 mars 2020

    Il faut obligatoirement se préparer à la prise en charge des cas, assurer la protection du personnel de santé, mais aussi et surtout s’investir dans la sensibilisation des populations.
    Abdoul-Aziz Mohamed, Directeur exécutif Afrique de l’Ouest et centrale, pour MSF à Abidjan

    Depuis mi-mars, les équipes MSF ont démarré des activités de réponse à la pandémie de coronavirus, qui a récemment touché la Côte d’Ivoire et la plupart des pays africains.

    Le 26 mars, la Côte d’Ivoire enregistrait 80 cas selon l’Organisation mondiale de la Santé, sans être au stade de la transmission locale. Les autorités ivoiriennes ont rapidement pris des mesures de ...

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    Le personnel médical dans la débâcle italienne

    27 mars 2020

    Tout le monde ici travaille au-delà de ses limites, 24 heures sur 24. On s’adapte, on apprend, on collabore pour sauver le plus de vies possible, et on fait face au nombre important de morts.
    Chiara Lepora, médecin, coordinatrice de projets à Lodi en Lombardie

    Chiara Lepora, médecin, est coordinatrice de projets à Lodi en Lombardie, épicentre du Covid-19 en Italie et où MSF soutient plusieurs hôpitaux. Voici son témoignage.

    « Nous avons une équipe d'environ 25 personnes qui travaille ici dans la région de Lombardie, en particulier dans les hôpitaux de Lodi, Codogno et Sant'Angelo. Le système de santé ici est très avancé, mais le virus a broyé toutes les tentatives mises en place pour faire face au nombre croissant de cas. Les hôpitaux ont atteint leur point de rupture.

    Dans la salle d'urgence de l'hôpital de Lodi, il y a maintenant 80 lits. Pourtant, même avec cette capacité supplémentaire, la seule façon de référer un nouveau ...

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    MSF intensifie sa réponse en Espagne

    25 mars 2020

    Notre objectif est double : aider à soulager la pression sur les hôpitaux et les centres de santé afin qu'ils puissent se concentrer sur les patients les plus sévères, et renforcer la protection de nos aînés, l'un des groupes les plus vulnérables de cette épidémie.
    Dr David Noguera, Président de MSF Espagne

    En Espagne, le nombre de personnes infectées et de décès liés au coronavirus continue d’augmenter. Une personne contaminée sur 10 fait partie du personnel médical, en première ligne pour ...

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    MSF exprime son incompréhension face à la soudaine annulation par les autorités iraniennes de son soutien à la riposte au Covid-19

    25 mars 2020

    La nécessité de cette intervention et les autorisations nécessaires à son démarrage ont été discutées et convenues avec les autorités iraniennes compétentes au cours des dernières semaines.
    Michel Olivier Lacharité, responsable des programmes d'urgence de MSF à Paris

    L'organisation humanitaire internationale est prête à déployer son équipe d'urgence et sa structure gonflable de 50 lits ailleurs en Iran ou dans d'autres pays, où l’urgence les rend ...

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    MSF soutient la riposte au coronavirus dans la deuxième province la plus touchée d’Iran

    22 mars 2020

    L'Iran est de loin le pays le plus touché de la région et Ispahan est la deuxième province la plus affectée du pays, et nous espérons que notre aide soulagera, au moins en partie, la pression sur le système de santé local.
    Julie Reversé, la représentante de MSF en Iran

    MSF envoie un hôpital gonflable de 50 lits et une équipe d'urgence de 9 personnes, à Ispahan, deuxième province la plus touchée d'Iran, afin d'augmenter les capacités d'hospitalisation...

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    À Codogno, en Italie : « notre priorité, c’est de protéger le personnel hospitalier »

    21 mars 2020

    Notre priorité, c’est de protéger le personnel hospitalier. Avec tout ce qu'ils font pour prendre soin des patients, ils ont peu de temps pour penser à eux-mêmes.
    Carlotta Berutto, infirmière et coordinatrice de l'intervention de MSF à Codogno

    Depuis une semaine, les équipes MSF soutiennent le personnel hospitalier de l'hôpital de Codogno en Lombardie, épicentre de la pandémie en Italie. La moitié des 100 lits de l'hôpital est occupée par...

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    COVID-19 : un message du Dr Christos Christou, président international de MSF

    20 mars 2020

    Notre priorité est d'assurer la continuité des soins médicaux au sein de nos projets pour les dizaines de milliers de patients et les populations extrêmement vulnérables que nous assistons dans le monde.
    Dr Christos Christou, président international de Médecins Sans Frontières (MSF)

    À MSF, il nous est arrivé par le passé de recourir à la formule «sans précédent» en réaction à de nombreuses crises dont nous avons été les témoins au cours des 50 dernières années. Plus que jamais, cette formule me parait être d’actualité. Nous sommes au cœur d'une pandémie mondiale qui peut toucher chacun d'entre nous : familles,...

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    Face à la progression du coronavirus, MSF se mobilise en France

    19 mars 2020

    Dans le contexte de l’épidémie de coronavirus, le sort des populations en situation précaire nous alarme particulièrement.
    Pierre Mendiharat, directeur adjoint des Opérations de MSF

    En concertation avec les autorités sanitaires, l’association va démarrer des activités en Ile-de-France à destination des populations les plus vulnérables, comme les...

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    MSF appelle à plus de solidarité européenne pour protéger le personnel médical

    17 mars 2020

    Le COVID-19 continue de se propager, et chaque pays européen sera confronté aux mêmes défis s’il n’y a pas un effort commun d’envergure.
    Brice de le Vingne, responsable de la réponse d’urgence au coronavirus COVID-19 pour MSF à Bruxelles

    Le matériel médical essentiel, notamment les équipements de protection individuelle destinés à protéger le personnel de santé, doit être acheminé d'urgence là où il est le plus...

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    Coronavirus : plus que jamais, l’urgence de l'évacuation des camps grecs

    13 mars 2020

    Des familles de cinq ou six personnes doivent dormir dans des espaces ne dépassant pas 3m². Cela signifie que les mesures recommandées comme le lavage fréquent des mains et la distanciation sociale pour prévenir la propagation du virus sont tout simplement impossibles.
    Dr Hilde Vochten, coordinatrice médicale MSF en Grèce

    Les conditions de vie inhumaines dans les camps surpeuplés des îles grecques favorisent la propagation de l’épidémie de coronavirus. Les camps doivent être évacués...

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    Coronavirus : que fait MSF ?

    16 mars 2020

    L’épidémie de Covid-19 s’est déjà propagée dans plus d’une centaine de pays  dans le monde entier, dans des endroits où les systèmes de santé sont fragiles et où les équipes MSF sont présentes de longue date, et dans des régions comme l’Europe où les capacités nationales de riposte sont plus robustes, mais où l’épidémie est particulièrement virulente. L’épidémie s’accompagne de mesures restrictives sur les déplacements qui pèsent directement sur les actions de MSF dans le monde.

    Quelles questions se posent à MSF dans ce contexte? Entretien avec Clair Mills, directrice médicale de MSF.

    A-t-on raison d’avoir peur du Covid-19?

    Plusieurs facteurs rendent ce virus particulièrement inquiétant. S’agissant d’un nouveau virus, il n’y a pas d’immunité acquise ; pas moins de 35 candidats vaccins sont actuellement en phase d’étude, mais les experts s'accordent : aucun vaccin utilisable à vaste échelle ne sera disponible avant au moins 12 à 18 mois. Le taux de létalité, qui n’est par définition calculé que sur la base des patients identifiés, et que l’on peine donc à estimer avec précision, semble se situer autour de 1%. On sait qu’au moins une partie des personnes atteintes peuvent transmettre la maladie avant de développer des symptômes – voire en l’absence de tout symptôme. De plus, une proportion très importante – de l’ordre de 80% - des personnes développent des formes très légères de la maladie, ce qui rend difficile l’identification et l’isolement rapides des cas. La confirmation du diagnostic demande des capacités de laboratoire et/ou d’imagerie médicale, qui ne sont disponibles que dans des structures de référence. Il n’est dès lors pas surprenant qu’il se soit avéré impossible de contenir la propagation du virus, désormais présent dans plus de 100 pays à travers la planète. Cette épidémie est donc très différente de celles – due à la rougeole, au choléra, ou encore à Ebola – sur lesquelles Médecins Sans Frontières a développé son savoir-faire au cours des dernières décennies. 

    Par ailleurs, on estime aujourd’hui qu’environ 15-20% des patients atteints de Covid-19 doivent être hospitalisés, et 6% nécessitent de soins intensifs, pour une durée comprise entre 3 et 6 semaines. Ceci peut évidemment saturer rapidement les capacités de prise en charge – cela a été le cas en Chine au début de l’épidémie, et cela se passe actuellement en Italie. Plus de 1 100 patients se trouvent actuellement hospitalisés dans des services de soins intensifs dans le pays, et le système hospitalier pourtant développé dans le Nord a été dépassé par l’augmentation rapide du nombre de patients.

    Aussi, le personnel médical, comme souvent lors de ce type d’épidémie, est lui-même particulièrement exposé à l’infection. Entre mi-janvier et mi-février en Chine, plus de 2 000 soignants ont été atteints du coronavirus (soit 3,7% du total des patients). 

    Partout, cette épidémie risque d’entraîner la désorganisation des services médicaux de base et des dispositifs d’urgence, la dé-priorisation du traitement d’autres maladies et conditions potentiellement mortelles, d’autres maladies infectieuses chroniques, …et ce à plus forte raison dans certains pays en développement, où le système de santé est fragile.

    D’aucuns trouvent que la réaction à cette épidémie est excessive, et que les remèdes – fermetures des frontières, mises en quarantaine, … - risquent d’être pire que le mal. Est-ce justifié ?

    À défaut d’arrêter la propagation de l’épidémie, les mesures prises actuellement par de nombreux pays pourraient la freiner, en ralentissant l’augmentation des cas et en limitant le nombre de patients sévères que les systèmes de santé auraient à gérer en même temps. Il s’agit de réduire le nombre de cas, mais aussi de les échelonner dans le temps, en évitant la congestion des services d’urgence et de soins intensifs.

    Quelles sont les priorités de MSF dans ce contexte et ses préoccupations principales ?

    Les priorités d’intervention varient d’un contexte à l’autre.

    Dans certaines zones qui semblent aujourd’hui épargnées, comme la Centrafrique, le Soudan du Sud, le Yémen, et dont les systèmes de santé, fragiles ou éprouvés par le guerre, peinent déjà à faire face aux besoins sanitaires des populations, il faut protéger le personnel soignant, limiter au maximum les risques de propagation de l’épidémie en mettant en place des programmes de prévention - identification des zones ou populations à risque, sensibilisation et information sanitaire, distribution de savon et d’équipements de protection pour le personnel soignant, renforcement des mesures d’hygiène dans les structures médicales - afin d’éviter que nos hôpitaux et dispensaires ne deviennent des lieux de transmission de la maladie.

    Dans ces pays où MSF a une présence de longue date, nous souhaitons contribuer à ces efforts contre le Covid-19, tout en assurant la continuité des soins contre le paludisme, la rougeole, les infections respiratoires...

    Cette continuité est aujourd’hui fragilisée par les restrictions (interdiction d’entrée sur le territoire, mise en isolement préventif pendant 14 jours,…) imposées par les gouvernements pour le personnel en provenance de certains pays, comme l’Italie, la France, le Japon, ... d’où est originaire une partie de notre personnel international, ainsi que  la fermeture des frontières, et la suspension de certaines liaisons aériennes. Malgré ces contraintes, notre force est de pouvoir nous appuyer sur le personnel recruté localement dans nos pays d’intervention, qui représente 90% de nos employés sur le terrain.

    Dans des pays où les systèmes de santé sont plus robustes, mais où l’épidémie est particulièrement active, tels que l’Italie ou l’Iran, l’enjeu principal est d’éviter le débordement des capacités de prise en charge à l’hôpital. Dans ces contextes, nous pouvons contribuer aux efforts des équipes médicales nationales en mettant du personnel MSF à disposition, pour les soutenir ou les relayer si besoin ; en partageant nos expériences des procédures de triage et de contrôle des infections acquises au contact d’épidémies.

    Actuellement, nous avons mis à disposition des équipes en soutien à quatre hôpitaux au Nord de l’Italie ; nous avons également proposé notre soutien aux autorités iraniennes afin de renforcer leurs capacités de prise en charge des cas sévères. En fonction de l’évolution de l’épidémie en France, s’ils s’avèrent utiles, nous pourrons mettre à disposition de la riposte notre expérience, notre logistique et les savoir-faire de nos personnels.

    Un des nerfs de la guerre contre le Covid-19 est la disponibilité des équipements de protection, et notamment les masques et les gants utilisés pour les examens médicaux. L’anticipation de pénuries entraîne des réquisitions de la part de nombreux États, qui peuvent tourner en réflexes d’accaparement : dans le contexte actuel, ces équipements devraient au contraire être considérés comme des biens communs à utiliser de façon rationnelle et appropriée, et donc à allouer en priorité aux soignants exposés au virus, partout dans le monde.

    D’une manière générale, cette pandémie impose de faire preuve de solidarité à tous les niveaux, entre États, dans des logiques d’entraide, de coopération, de transparence et de partage des ressources, et dans les zones affectées, envers les populations les plus vulnérables et envers les soignants.

    D’une manière générale, cette pandémie impose de faire preuve de solidarité à tous les niveaux, entre États, dans des logiques d’entraide, de coopération, de transparence et de partage des ressources, et dans les zones affectées, envers les populations les plus vulnérables et envers les soignants.
    Clair Mills, directrice médicale de MSF

    MSF lance des activités dans quatre hôpitaux du nord de l'Italie

    14 mars 2020

    En Italie, des équipes de MSF apportent leur soutien aux autorités sanitaires italiennes en réponse à la pandémie de coronavirus. Le personnel de MSF intervient dans quatre hôpitaux de la province de Lodi, qui fait partie de la région de Lombardie, la plus touchée dans le pays.

    L'équipe MSF, composée de spécialistes des maladies infectieuses, d'anesthésistes, d'infirmières et de logisticiens, travaille en collaboration avec les autorités sanitaires locales et le personnel des hôpitaux des villes de Lodi, Codogno, Casalpusterlengo et Sant’Angelo Lodigiano. Elles soutiennent notamment les activités de prévention et les soins aux patients.

    Il est crucial d'arrêter la transmission du virus. Dans les hôpitaux, nous devons réussir à réduire les risques pour le personnel de première ligne, un facteur clé pour lutter contre la pandémie.
    Dr Claudia Lodesani, Présidente de MSF Italie

    « Nous aidons à répondre aux énormes besoins et à la charge de travail du personnel hospitalier local pour soigner les patients, explique le Dr Claudia Lodesani, Présidente de MSF Italie. Il est crucial d'arrêter la transmission du virus. Dans les hôpitaux, nous devons réussir à réduire les risques pour le personnel de première ligne, un facteur clé pour lutter contre la pandémie. »

    Le soutien de MSF à l'hôpital de Codogno va permettre la réouverture d'une vingtaine de lits déjà existants, mais qui n'avaient pas été utilisés en raison d'un manque de personnel. Il s’agit également de renforcer les actions de prévention et de contrôle déjà mises en œuvre au sein des hôpitaux, afin d’éviter la transmission du virus et garantir la sécurité du personnel de santé.

    « À l'extérieur, tout le monde doit respecter les instructions du ministère de la Santé pour éviter de surcharger les hôpitaux, qui doivent aussi continuer à soigner les gens pour d'autres pathologies », précise Claudia Lodesani.

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    Toutes les infos en 3 questions

    13 mars 2020

    Cette épidémie, en termes d’ampleur, de propagation et de rapidité au niveau mondial a un impact énorme sur les systèmes de soins de santé dans les pays touchés. Hospitaliser un grand nombre de personnes, pendant une période relativement longue, et à un niveau de soins élevé, représente un véritable défi, y compris pour les systèmes de santé les plus avancés.

    1. Où en sommes-nous ?

    Plus de 100 pays ont désormais signalé des cas. Le 11 mars, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a qualifié le COVID-19 de «pandémie». La plupart des pays n'ont encore que des cas sporadiques ou des foyers définis. 90% des 118 000 cas sont signalés dans quatre pays: les cas en Chine sont désormais en baisse, mais il y a des flambées majeures en Italie, en Iran et en Corée du Sud. Dans d'autres pays, notamment en Europe, les chiffres augmentent de façon exponentielle.

    Contrairement à la grippe, il n'y a pas de pré-immunité connue, pas de vaccin, pas de traitement spécifique et tout le monde peut être contaminé. Le risque est de contracter une maladie respiratoire bénigne pour la grande majorité (estimée à 80% des cas confirmés), mais elle a un taux plus élevé de complications assez graves pour les personnes vulnérables (personnes âgées et personnes avec des comorbidités) que d'autres virus comme la grippe.

    Des mesures publiques comme l'isolement, la quarantaine et la distance sociale sont généralement mises en place pour limiter une transmission communautaire incontrôlée, ralentir le nombre de cas et de patients gravement malades et protéger les plus vulnérables tout en gérant les ressources de santé collectives. 

    Cette épidémie, en termes d’ampleur, de propagation et de rapidité au niveau mondial a un impact énorme sur les systèmes de soins de santé dans les pays touchés. Hospitaliser un grand nombre de personnes, pendant une période relativement longue, et à un niveau de soins élevé, représente un véritable défi, y compris pour les systèmes de santé les plus avancés. Nous sommes très préoccupés par les conséquences dans les pays où les systèmes de santé sont moins solides, et qui auront encore plus de difficultés s'ils doivent faire face à un grand nombre de patients atteints de COVID-19.

    2. Que fait MSF ?

    A) Assurer la continuité des soins médicaux

    Pouvoir assurer la continuité des soins médicaux au sein de nos différents projets, représente un défi au regard des restrictions actuelles en matière de voyages, qui limitent la capacité de notre personnel à se déplacer dans différents pays. Une pression mondiale pèse également sur la production de certaines ressources médicales, en particulier les équipements de protection individuelle des professionnels de santé.

    Il est difficile de prévoir les capacités futures en approvisionnement de certains matériels essentiels au sein de nos projets, tels que les masques chirurgicaux, les compresses, les gants et les produits chimiques nécessaires au diagnostic du COVID-19.  Un risque de pénurie existe également en raison du manque de production de médicaments génériques et des difficultés d'importation de médicaments essentiels (par exemple les antibiotiques et les antirétroviraux).

    B) La protection de nos patients et du personnel de santé

    Dans les endroits où le risque de cas est le plus élevé, nous devons nous assurer que des mesures de contrôle de l'infection sont en place, et mettre en place un système de dépistage au niveau du triage, des zones d'isolement et des actions de sensibilisation. Dans la plupart des pays où MSF intervient, nous travaillons en coordination avec l'OMS et les ministères de la santé, pour voir comment MSF pourrait aider en cas de surcharge liée à des patients atteints du COVID-19. Nous dispensons aussi des formations sur le contrôle des infections dans les établissements de santé.

    C) Nos actions contre l'épidémie

    En Italie, MSF a commencé cette semaine des activités de soutien au contrôle de l'infection et aux soins aux patients dans quatre hôpitaux situés à l'épicentre de l'épidémie.

    À Hong Kong, notre activité d'éducation sanitaire et de soutien à la santé mentale se poursuit pour les groupes vulnérables.

    En Iran, MSF a soumis une proposition aux autorités pour contribuer à la prise en charge des patients atteints de COVID-19. La possibilité de faire des offres similaires à d'autres pays dépendra de la nature de l'épidémie, mais aussi de notre capacité à nous déployer.

    3- Quelles sont les principales préoccupations de MSF ?

    MSF est extrêmement préoccupée par la manière dont le COVID-19 pourrait affecter les populations vivant dans des environnements précaires tels que les sans-abri, les personnes vivant dans des camps de réfugiés en Grèce ou au Bangladesh, ou les populations touchées par les conflits au Yémen ou en Syrie. Ces personnes vivent dans des conditions souvent peu hygiéniques et leur accès aux soins de santé est déjà gravement compromis. 

    D'une manière générale, nous sommes très inquiets de la manière dont les épidémies de COVID-19 affecteront les pays dont les systèmes de santé sont déjà fragiles, comme la RCA ou le Yémen. 

    Les infections du personnel de santé sont probables dans des structures submergées par un grand nombre de patients, devant faire face à un approvisionnement limité en équipements de protection pour le personnel, et à une potentielle réduction des effectifs. La sécurité du personnel de santé doit être une priorité absolue dans tous les établissements de soins.

    Afin de garantir que les outils médicaux nécessaires de toute urgence sont accessibles, abordables et disponibles, les gouvernements, les sociétés pharmaceutiques et tous les autres organismes de recherche qui travaillent au développement de traitements, de diagnostics et de vaccins, devraient prendre les mesures nécessaires pour :

    • empêcher les brevets et les monopoles de limiter la production et l'accès à un prix abordable ;
    • garantir l'accès à des médicaments existants, et qui pourraient être utilisés pour traiter le coronavirus, pour les patients souffrant des maladies pour lesquelles ils ont été conçus, afin d’assurer la continuité des soins ;
    • donner la priorité à la disponibilité des outils médicaux pour la protection et le traitement des travailleurs de santé de première ligne ;  
    • Améliorer la transparence et la coordination, en veillant à mettre en place une approche fondée sur des données solides, pour surveiller en permanence le risque de vulnérabilité potentielle de la chaîne d'approvisionnement en outils médicaux essentiels, et pour adapter les mesures d'atténuation, le cas échéant,  grâce à une collaboration internationale.

    Nous sommes très préoccupés par les conséquences dans les pays où les systèmes de santé sont moins solides, et qui auront encore plus de difficultés s'ils doivent faire face à un grand nombre de patients atteints de COVID-19.

    Informations au 14 février 2020

    MSF a envoyé des équipements de protection médicale spécialisés à l'hôpital de Wuhan Jinyintan, dans la capitale de la province de Hubei, en Chine, l'épicentre de l'épidémie actuelle de coronavirus COVID-19.

    « À la date du 14 février, il y avait plus de 64 000 cas de COVID-19, dont 99% en Chine, explique Gert Verdonck, coordinateur d'urgence de MSF. L'équipement de protection médicale est essentiel. Nous voulons donc contribuer à soutenir les agents de santé de première ligne, avec la protection spécialisée dont ils ont besoin pour travailler en toute sécurité dans le cadre d’une épidémie d’une telle ampleur. »

    Ces 3,5 tonnes de fournitures sont expédiées depuis MSF Supply à Bruxelles, en Belgique, via la Hubei Charity Federation, pour atteindre l'hôpital de Wuhan Jinyintan, l'un des hôpitaux à l'avant-garde du traitement des patients atteints du COVID-19.

    De plus, MSF a également fait don d’une tonne d'équipements de protection individuelle au service d'ambulance St John de Hong Kong, pour aider celui-ci à travailler jusqu'à ce que ses stocks puissent être reconstitués. Le personnel transporte des patients à haut risque et il est donc important de s'assurer qu'ils disposent de la protection spécialisée dont ils ont besoin pour travailler en toute sécurité.

    Informations au 5 février 2020

    En Asie du sud-est, MSF a pris contact avec les autorités sanitaires d’une dizaine de pays, afin d’envisager d’éventuelles formes de soutien de MSF à des besoins. Dans certains de ces pays, MSF envisage d’effectuer des donations ponctuelles d’équipement (thermomètres, masques) à la demande des autorités. 

    Dans les pays de la région où MSF mène déjà des projets médicaux – comme au Pakistan, au Bangladesh, au Cambodge, aux Philippines et en Papouasie-Nouvelle-Guinée – MSF travaille à la révision et au renforcement des mesures d’hygiène et de prévention de la transmission des maladies au sein de ses équipes et dans les structures médicales dont elle est en charge.

    Ailleurs, MSF se tient prête à intervenir en soutien aux autorités sanitaires pour répondre à d’éventuels cas de coronavirus, en particulier dans des régions où les capacités de prévention, détection et prise en charge des cas sont moins développées, comme dans certains pays d’Afrique sub-saharienne par exemple.

    Questions fréquentes sur le coronavirus 2019-nCoV

    Qu’est-ce que le 2019-nCov et quels sont les symptômes ?

    Le virus actuellement appelé 2019-nCoV a été découvert début janvier en Chine et identifié comme un membre de la famille des coronavirus. Le 2019-nCoV semble être transmis par des gouttelettes, propagées par la toux.

    Les principaux symptômes sont une faiblesse générale et de la fièvre, une toux et parfois de la difficulté à respirer à un stade avancé. Dans 20 % des cas signalés, le virus a entraîné une pneumonie. Les premiers symptômes de certains patients sont légers et la gravité de la maladie varie selon les patients.

    Le 2019-nCov est-il dangereux ?

    Parce qu’il est apparu récemment, notre compréhension du virus est encore en évolution. Certaines personnes infectées par le 2019-nCoV en sont décédées, d'autres n'ont été que légèrement malades.

    Le 2019-nCov est probablement plus dangereux pour les personnes âgées ou les personnes souffrant d'autres infections, comme c'est souvent le cas avec les maladies infectieuses.

    La plupart des cas signalés à ce jour ont été légers ou modérés : environ 20 % des personnes infectées ont été gravement malades. Fin janvier, environ 2 à 3 % des patients ayant contracté la maladie en sont décédés.

    Dans quelle mesure la maladie est-elle contagieuse ?

    Notre compréhension du virus et de la maladie continue d'évoluer. Le virus semble se propager par la toux des personnes malades, cependant l'efficacité avec laquelle le virus se transmet d'une personne à l'autre n'est pas encore totalement comprise.

    Quel lien avec le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) ?

    Le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) sont toutes deux des infections du système respiratoire. Elles sont causées par des types de coronavirus (respectivement SRAS-CoV et MERS-CoV) qui ont un lien avec le coronavirus actuel (2019-nCoV).

    Le SRAS a été découvert en 2002 en Chine continentale et s'est propagé dans plusieurs autres pays. Plus de 8 000 personnes sont tombées malades, et 774 d'entre elles sont mortes de la pathologie. Depuis 2004, aucun nouveau cas de SRAS n'a été enregistré. MSF est intervenu en Chine continentale, à Hong Kong et au Vietnam pour cette épidémie de SRAS.

    Le MERS a été découvert en 2012, lorsqu'une épidémie a démarré en Arabie saoudite. Plus de 1 200 personnes sont tombées malades, et 449 d'entre elles sont mortes. Le MERS continue d'infecter des gens de nos jours, principalement dans les pays du Moyen-Orient. MSF n'est pas intervenu lors des épidémies de MERS.

    Qu’est-ce qui peut être entrepris/effectué pour répondre à cette épidémie ?

    Pour le moment, les autorités sanitaires pilotent les activités de réponse, y compris le diagnostic du virus, la prise en charge des patients, la recherche et suivi des cas contacts et les recherches visant à mieux comprendre la maladie.

    Comme il s'agit d'un nouveau virus, il n'existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique (seuls les symptômes sont actuellement traités). Les connaissances sur le virus et sur la maladie évoluent constamment.

    Nous savons qu'en cas d'épidémie de maladie respiratoire, il est important de respecter les règles d’hygiène, à savoir se laver les mains, de tousser en se couvrant la bouche (mouchoirs ou à défaut, tousser dans sa manche par exemple), d'éviter tout contact étroit avec des personnes présentant des symptômes de maladies respiratoires et d'informer un médecin lorsqu'on se sent malade.

    La sensibilisation du public au virus et le renforcement des mesures de prévention comme celles-ci sont des éléments clés de la prévention.

    Qu'a fait MSF pendant l'épidémie de SRAS ? MERS ?

    Pendant l'épidémie de SRAS, MSF a soutenu l'hôpital Bach Mai au Vietnam à travers la mise en place d’une salle d'isolement. En Chine continentale, nous avons organisé des formations à la prévention et au contrôle des infections auprès du personnel de santé dans la ville de Guangzhou.

    À Hong Kong, nous avons apporté un support aux formations du personnel de santé en matière de prévention et de contrôle des infections, à l'éducation sanitaire de la population et avons fait don d'équipements de protection. MSF n'est pas intervenue pour les épidémies de MERS.

    Comment puis-je éviter d'être infecté ?

    Comme pour les autres coronavirus, l'infection par gouttelettes semble être le principal mode de transmission, c'est pourquoi les mesures de contrôle de la prévention des infections, comme le lavage des mains et les comportements adéquats face à la toux et aux éternuements sont importantes pour la prévention.

    L'hygiène des mains est primordiale et il est ainsi conseillé de se laver souvent et consciencieusement les mains à l'eau et au savon pendant au moins 20 secondes. S'il n'y a pas de saleté visible sur les mains, un gel hydroalcoolique peut également constituer un bon outil pour se prémunir des contaminations.

    En cas de toux et d’éternuements, il est conseillé d’essuyer la bouche et le nez à l’aide d’un mouchoir en papier à jeter immédiatement à la poubelle, tout comme les masques usagés, et de se laver les mains par la suite.

    Un masque est une mesure préventive permettant d’éviter d'inhaler le virus ou de le transmettre si vous êtes malade. Enfin, il est recommandé d’éviter de toucher les cordes du masque au moment de l’enlever et de le mettre rapidement dans une poubelle.