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Syrie

Deux frappes aériennes engendrent un afflux massif de victimes dans un hôpital soutenu par MSF dans le nord-ouest de la Syrie

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Hier après-midi, jeudi 22 mars, deux frappes aériennes ont touché un quartier densément peuplé de Harem, une ville du gouvernorat d’Idlib. À la suite de cet incident, l’hôpital de la ville, soutenu par MSF, a dû faire face à un afflux massif de victimes comprenant 63 blessés et 38 morts.

    Les médecins ont rapporté qu’une première frappe aérienne a touché un marché populaire en milieu d’après-midi, suivie quelques minutes après d’une seconde frappe. Les blessés ont immédiatement été amenés à l’hôpital. Les rapports médicaux indiquent que la moitié des morts et des blessés étaient des enfants. Mais ce petit hôpital ne pouvait tout simplement pas accueillir et gérer à lui-seul cet afflux de victimes, dont certaines étaient très sévèrement blessées et le personnel de santé a vite été dépassé par le nombre de morts et de blessés.

    Plusieurs hôpitaux  des environs ont été mobilisés pour répondre à cet afflux massif de victimes, mettant à disposition leurs ambulances pour transférer les patients et organisant des opérations d’urgence. « Les médecins que nous soutenons ont fait leur possible pour sauver autant de patients qu’ils le pouvaient, mais malheureusement, plusieurs d’entre eux sont décédés peu après être arrivés dans les structures de santé », explique le Dr Khaled, qui supervise le soutien de l’organisation aux structures de santé localisées dans cette zone.

    « Nous avions pré-positionné des stocks d’urgence dans plusieurs hôpitaux de la région », explique le Dr Khaled. « Mais les fournitures médicales ne durent jamais longtemps, en particulier quand il y a un nombre si important de patients gravement blessés. Nous sommes désormais en train de mettre en place un réapprovisionnement des stocks dans le différents hôpitaux. Ces stocks d’urgence sont essentiels dans un tel contexte. Sans cela, encore plus de vies seraient perdues. »

    Depuis hier après-midi, les médecins de la zone travaillent sans relâche pour traiter les blessés. Jusqu’à tôt ce matin, des victimes ont été retrouvées sous les ruines et emmenées à l’hôpital pour être traitées en urgence. « Les médecins dans ces structures travaillent dans un environnement extrêmement compliqué », commente le Dr Khaled. « Il y a d’énormes besoins de santé en Syrie, mais dans certaines zones, il est vraiment dur de traiter et répondre aux besoins quotidiens, sans compter les afflux massifs de patients qui surviennent après des bombardements comme celui-ci. C’est particulièrement difficile de vivre à une époque où les enfants sont tués et blessés dans le bombardement d’un marché populaire. Notre seul soulagement provient du fait que nous continuons de soutenir ces médecins syriens à sauver autant de vies que possible. »

    MSF en Syrie

    MSF opère directement dans cinq établissements de santé et gère trois cliniques mobiles dans le Nord de la Syrie. L’organisation entretient des partenariats avec cinq établissements et fournit un soutien à distance à environ 25 structures de santé dans des zones où ses équipes ne peuvent pas être présentes en permanence. Les activités de MSF en Syrie n'incluent pas les zones contrôlées par le groupe État islamique, car aucune garantie de sécurité et d'impartialité n’a été obtenue de la part de leurs dirigeants, et MSF ne peut pas non plus travailler dans les zones contrôlées par le gouvernement, car les demandes d'autorisation n’ont donné lieu à aucun accès jusqu' à présent. Afin de garantir son indépendance, MSF ne reçoit de financement d’aucun gouvernement pour son travail en Syrie.